‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 3)Chapitre 78 sur 171 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

jour de temps à autre, moins en haut qu'en bas, il est vrai, mais suffisamment encore pour rappeler que la loi du 20 mai subsiste et qu'elle est suspendue, comme une épée de Damoclès, sur la tête de ceux qui se laisseraient emporter par un zèle religieux irréfléchi et par la soif du martyre.

Durant la période de 1831 à 1834, il n'y a aucun fait saillant d'intolérance à mettre à la charge du gouvernement. Il est vrai que, sauf une exception assez éclatante, le conseil d'état nommé par le premier grand conseil de 1831 se compose d'hommes étrangers à l'esprit persécuteur de l'ancien régime. Dans le sein même du corps législatif, la commission d'examen de la gestion du conseil d'état fait entendre un jour le vœu formel qu'on s'occupe le plus tôt possible du rapport de la loi du 20 mai 4.

Les classes sont très rarement appelées à s'occuper de plaintes portées contre des pasteurs envisagés comme sympathiques aux sectaires, et quand elles y sont appelées, elles font preuve maintenant d'une largeur toujours croissante. L'académie aussi ne se voit plus que rarement contrainte de sévir contre des impositionnaires ou des proposants. En 1831 seulement, le candidat Hoffmann, ayant déposé sa sixième proposition, MM. les professeurs Leresche et Dufournet s'élevèrent contre des erreurs qu'ils disaient y avoir trouvées, et l'académie décida que M. Hoffmann ne serait pas admis aux prochaines épreuves des candidats. A ce propos, les étudiants Ed. Dapples, Ch. Porta, S. Chappuis, Albert Secrétan, Bornand, Veillon et Leuthold, écrivirent à l'académie qu'Hoffmann n'avait pas exprimé une opinion hétérodoxe, mais simplement développé la doctrine de la confession helvétique, XV, 6 Plus tard, l'étudiant Hoffmann donna encore à faire à l'académie, mais, en juin 1832, ayant été consacré au saint ministère, à Mens (France), il dut servir dès lors les églises de sa patrie adoptive.

1 Séance du grand conseil, 22 mai 1833.

* Procès-verbaux de l'académie, 8 mars 1831.

Mais si les autorités civiles et ecclésiastiques du canton de Vaud se montrent à cette époque animées d'un esprit plus large, plus tolérant et plus pacifique, il n'en existe pas moins, dans une partie du peuple, une hostilité qui ne demande souvent qu'un prétexte pour éclater. La société formée en 1827 à Lausanne pour procurer du secours aux personnes qui souffrent pour la profession de leur foi en Jésus-Christ, société qui avait eu d'abord essentiellement pour but de soutenir les victimes de la loi du 20 mai et les personnes persécutées par leurs familles ou leurs voisins, trouve encore, après 1830, des occasions de déployer son activité *. En 1831 également, le tribunal d'appel annule le mariage d'un dissident qui, après avoir fait publier ses annonces conformément à la loi, a refusé de recevoir la bénédiction nuptiale dans un temple national. Les deux époux sont condamnés à un mois de prison, et l'enfant, issu de cette union proclamée illégale, est adjugé par les tribunaux comme enfant naturel. C'était la seconde sentence de ce genre que le tribunal avait dû prononcer dans l'espace d'assez peu de temps \

Nous avons vu3 que, dès le printemps de 1830, le pasteur Dupraz avait été l'objet des plaintes d'un certain nombre de ses

1 Actes de la société formée à Lausanne, etc. Ces Actes s'ouvrent à la date du 14 avril 1827 et se terminent en 1862. Du jour de sa fondation au 1er février 1830, le comité tint 25 séances. Il était composé de MM. Van (1er Muelen-Fels et Théodore Rivier, présidents, Henri Olivier, ministre, et Gaudin, secrétaires, Gonin-d' Or ville, Dapples, pasteur, //. Thomas, ministre, Et. Durand, de Vevey. Les fonds obtenus par le comité étaient assez considérables; ils provenaient des églises disciplinées, de l'Angleterre et de divers frères. La plupart des noms des personnes secourues ont déjà paru dans cette histoire. ( Griffon, Pichard, Roman, Henriquet, Mayor, Rudolph, Lenoir, etc., etc.)

2 Discussion publique, N° 17, 15 juin.

3 Première partie, tom. II, pag. 311.

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