CHAPITRE I
N'est-il pas permis même d'avoir d'autres doctrines que celles de l'église nationale?... L'église nationale est-elle infaillible? Mais les ministres ne sont pas payés pour être dissidents? Où est la preuve qu'ils le soient? Mais les oratoires? On n'y enseigne pas d'autres doctrines que dans les temples. C'est donc une question de local! Commérage! Or le commérage sied mal à une nation.
Si la persécution s'établit, se propage, se légalise, qu'arrivera-t-il? « Avec quelques menaces, avec quelques violences, on s'imagine avoir tout fini. Combien de persécuteurs, agissant de même, ont cru aussi avoir tout fini î Ils se trompaient; ils avaient tout commencé. Ils avaient allumé un feu qui n'a plus pu s'éteindre, même dans des flots de sang. » Lisez l'histoire Prenez garde î < Revenez donc à vous-mêmes; montrez votre bon sens et votre bon cœur; vous êtes libres, soyez justes; vous êtes les maîtres, obéissez au devoir. »
Comment de si pressants appels auraient-ils pu atteindre précisément ceux auxquels ils étaient destinés? Ne se trouvait-il pas entre ce peuple et ceux qui lui voulaient le plus de bien des intermédiaires qui interceptaient ce genre de communications, et qui, par leurs actes et leurs discours, semblaient dire : « 0 Vaudois que vous êtes! serez-vous donc toujours si bons enfants? et faudra-t-il toujours se donner tant de peine pour vous apprendre à faire les mauvais? » Non pas cela, répondait Vinet, mais : « Ne soyons plus esclaves que du droit, de la justice et de la vérité *. »
* Dernières paroles de la Pétition.