‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 4)Chapitre 243 sur 269 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

chargea la commission des études de préparer aussitôt que possible le programme des cours du prochain semestre d'hiver.

Un esprit de paix, de concorde, de confiance et d'affection fraternelles croissantes avait, pendant les trois jours de sa durée, présidé à celte réunion synodale. Le caractère même des délibérations, les circonstances extérieures au milieu desquelles l'église s'était formée, la discipline sévère, mais toujours paternelle et pleine d'amour, à laquelle le Seigneur l'avait soumise jusqu'à ce jour; la solennité de ce moment où l'église faisait les premiers pas dans la voie qu'il avait ouverte devant elle, tout tendait à rendre l'assemblée sérieuse et recueillie. Le synode sentit le besoin de recourir par la prière, non seulement au commencement et à la fin de chaque journée, mais plusieurs fois aussi pendant le cours de ses délibérations, à l'assistance souveraine du Chef tout-puissant de l'église1.

Le premier synode régulier de l'église libre, savoir celui de juin 184-7, n'offrait pas, quant à sa composition, au nombre de ses membres et des églises représentées par eux, une différence très grande avec le synode constituant. Cependant nous avons remarqué qu'il y avait eu augmentation quant au nombre des églises et qu'il existait, dans telles ou telles localités, le noyau de nouvelles églises. Ceci devait amener dans la suite quelques variations dans la statistique de l'église libre. Ce qu'on avait vu à l'origine ne se retrouverait pas toujours identiquement de même quelques années plus tard : il y aurait tantôt plus, tantôt moins d'églises; les circonscriptions de quelques-unes seraient modifiées et les noms mêmes par lesquels telles ou telles

* Rapport (autographié) de la commission synodale, 30 juin 1847. — L'Avenir, N°13, 23 juin.

étaient désignées au premier jour seraient remplacés par des noms plus exacts et faisant mieux connaître le centre d'action de ces églises. En somme, le nombre des congrégations formant l'église évangélique libre du canton de Vaud n'a jamais dépassé quarante-deux, sans descendre jamais beaucoup au-dessous de ce chiffre. Nous ne parlons pas ici des postes d'évangélisation qui sont parfois de véritables églises sans en avoir le nom.

Il ne sera peut-être pas sans quelque intérêt, ou même sans quelque utilité, de jeter ici un rapide coup d'œil sur les origines des diverses églises qui ont formé, par leur union en 1847, l'église libre actuelle du canton de Vaud.

L'église (V Aigle, que nous voyons représentée au synode constituant et qui, nous ignorons pourquoi, ne l'est plus dans le premier synode, dut sans doute sa naissance aux événements ecclésiastiques qui suivirent la démission du 12 novembre 1845. Cependant, — et nos lecteurs le savent, — les matériaux qui devaient entrer dans la construction de cette église avaient été préparés de longue main dans la contrée, par les ouvriers du Réveil, par les cultes de Saint-Triphon, par exemple, en 1828, puis par le ministère du pasteur V. Mellet après 1830, et celui de M. F. Berlholet. Les persécutions religieuses avaient aussi contribué à exciter l'attention de bien des âmes, et, dès avant la démission, il existait à Aigle un oratoire.

L'église iïAubonne fait sa première apparition au synode de juin 1847; elle n'avait donc pas eu de représentants dans le synode constituant. Ceux d'entre nos lecteurs qui ont lu les premiers volumes de cette histoire savent que le Réveil s'était également produit dans la contrée d'Aubonne. Le XVIIIe siècle y avait laissé de nombreuses et déplorables traces. Au commencement du XIXe siècle, Aubonne vit se succéder dans ses murs une série de pasteurs qui avaient fort peu l'esprit de leur vocation; plusieurs même furent en scandale à leurs paroissiens. Puis vinrent les suffraganls Lardon, Alex. Chavannes,

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