CHAPITRE V
dont le culte domestique devait être le berceau des réunions religieuses dans la contrée, F. Olivier, qui s'établit à Aubonne, à la fin de 1852, dans le but avoué d'y tenir des réunions régulières. Alors vinrent les persécutions, suivies du procès et du bannissement de M. Olivier. Une église dissidente fut le fruit du ministère de ce pasteur. En 1827, le pasteur Descombaz fonda à Aubonne une société évangélique et institua des réunions de missions qui se tenaient dans le temple, jusqu'au jour où elles furent transportées dans le spacieux local de Y oratoire. L'influence des pasteurs Dupraz, à Saint-Livres et Yens, et Bettex, à Etoy, n'avait pas été sans résultat dans la contrée.
A Ballaigne, aucun noyau de dissidents, aucune réunion en dehors du culte officiel, ne furent les préludes de l'église libre. Ce n'est pas qu'avant 1845 on n'ait compté dans ce village de nombreux séparés, se rattachant soit à l'ancienne dissidence, soit au plymouthisme, mais ces assemblées ne fournirent pas, comme on aurait pu s'y attendre, de point d'appui ni d'adhérents à l'église libre dont l'origine se rattache ainsi directement à la démission, et, en particulier, au ministère du pasteur de Charrière. L'église de Ballaigue a été tantôt unie à celle de Vallorbes, sous la direction spirituelle d'un seul pasteur, tantôt indépendante de sa voisine. Ce sont des convenances temporaires et momentanées, des raisons d'économie entre autres, qui ont amené cette union dont le caractère, si nous ne nous trompons, n'a jamais été celui d'une fusion, chaque troupeau ayant son conseil d'anciens et ses représentants directs au synode.
L'église de Bottens se rattache intimement au fait de la démission de M. C. Mercier, suffragant de la paroisse de Poliezle-Grand et Bottens. Aussitôt après cette démission, se formèrent les réunions religieuses libres d'où devait sortir une église nouvelle.
A Cheseaux, la fondation de l'église libre ne peut se ratta-
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cher à aucun mouvement antérieur à celui de la démission. Mais, à cette époque, la conduite ferme et courageuse du pasteur L. Monastier, suffragant de son vénérable père, qui ne craignit pas de s'exposer aux coups de l'autorité pour faire respecter la chaire chrétienne, jeta les fondements d'une église dans un terrain préparé par une prédication évangélinue fidèle.
L'église de Chevroux n'était pas destinée à subsister sous ce nom dans le faisceau des églises libres du canton de Vaud. M. Ch. -F. Vallolton, qui était le pasteur de celte paroisse à l'époque de la démission, avait rencontré une vive opposition lorsqu'à son arrivée il avait établi des réunions religieuses libres. Cependant l'Evangile avait été fidèlement et activement prêché dans toute cette contrée, à Missy, à Grandcour, par exemple, et dès avant 1830, par des hommes tels que les pasteurs Monnerat, Savary, Vulliémoz: après 1830, par MM. Liausun, Clément et Vallotton lui-même. L'église de Chevroux s'est fondue plus tard dans celle qui porte actuellement le nom d'église de Mis* y cl Grandcour. Dans ces deux dernières localités, ii n'y avait eu aucun mouvement religieux, aucune réunion libre avant la démission.
La fondation de l'église de Duillier se rattache très intimement à la démission. Avant cette époque, l'histoire religieuse de cette contrée ne présente rien de remarquable.
A Echallens, vers 1820, un formalisme froid et officiel régnait dans l'église nationale. L'ancien Réveil n'amena pas dans cette localité la formation de conventicules. Néanmoins, des prédicateurs en passage, des colporteurs y avaient répandu quelques grains de la semence de la foi. Depuis 188-4, les pasteurs Caille, Bornand, Garin (à Ynarrëns) prêchèrent le salut par grâce. De là, une vive opposition contre ces nouveautés. En 1840, M. Germond, père, arriva à Echallens ; son action y fut puissante. Dès 1842, la fondation de l'établissement des diaconesses et les cultes qui s'y célébrèrent, diminuèrent un peu