‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 4)Chapitre 92 sur 269 · L. Guisan, pasteur aux Granges de · texte numérisé non relu

L. Guisan, pasteur aux Granges de

Sainte-Croix.

Terrisse, pasteur à Rolle.

F. Bernard, pasteur à Gingins.

Gleyre, pasteur à Rolle.

Cart, pasteur à Vufflens-le-château, Bertholet, pasteur à Palézieux.

Chrétiens, membres de nos chères paroisses,

Il y a trois cents ans que le Dieu tout-puissant a réveillé, par la bouche des réformateurs, la piété de nos bienheureux pères, et que notre église bien-aimée est sortie de la main de Dieu, glorieuse, pure et libre.

Depuis trois cents ans, le Seigneur y a conservé la même foi.

Depuis trois cents ans, les pères et les enfants ont trouvé leur salut dans cette église, et dans la foi de cette église à un seul Chef et Maître, à un seul Rédempteur, Jésus-Christ.

Si, aux siècles passés, dans la main de Dieu, les magistrats ont été des instruments pour coopérer à la fondation et à la conservation de notre église nationale, ils n'en sont pas les maîtres; bénis de Dieu jusqu'à être appelés à protéger cette grande et sainte institution, ils ne peuvent pas se l'approprier pour la dominer; elle est et doit être église de Jésus- Christ, une portion de cette grande église que le Seigneur Jésus s'est acquise, qu'il a purifiée par son sang, non pour qu'elle fût la gloire et la force des rois et des magistrats, mais pour qu'elle fût sa gloire à lui et la retraite assurée des pauvres et des pécheurs.

Aussi quand, aujourd'hui, nous, les serviteurs de cette église, les dé-

fenseurs naturels de sa foi et de ses libertés, nous, les gardiens de son culte, et les sentinelles établies sur la maison de Dieu, quand nous voyons, par une série de mesures illégales, notre église nationale frappée dans sa gloire et dans sa vie, ses droits méconnus, le ministère dans son sein menacé d'asservissement; après avoir vainement, dans une circulaire récente, poussé le cri d'alarme, nous sommes aujourd'hui forcés de prendre la grande détermination de rompre nos relations avec l'état, jusqu'à ce que l'oppression ait cessé, et que des garanties de liberté aient été données à l'église.

Nous n'avons pas besoin de justifier cet acte devant vous, chers paroissiens; les mesures par lesquelles on a frappé la sainteté du culte et la liberté du ministère, le justifient et devant vous et devant toutes les églises chrétiennes. Ni la gravité des circonstances, ni la crainte d'être mal compris, ni les sacrifices personnels, n'ont pu nous faire hésiter. Il ne nous était pas permis de faire céder les grands intérêts de l'église et de la religion devant des considérations humaines, ou devant des accusations, qui,. nous le savons, ne peuvent nous atteindre. Nous marchons par la foi; l'avenir n'est pas à nous; il est entre les mains de notre Dieu, du Dieu tout-puissant et tout-bon.

Frères bien-aimés, nous vous appelons à sauver avec nous l'église de la réformation dans notre pays, l'église nationale, l'église de nos pères. Qu'au moment où elle cesse d'être V église du gouvernement, ce soit pour devenir, d'une manière plus vraie, I'église de la nation.

Quelle que soit la différence de vos opinions en matières politiques, vous tous qui aimez encore i'église nationale, qui voulez le culte chrétien et l'instruction religieuse pour vos enfants, qui craignez l'envahissement des sectes et de la dissidence, vous paroisses, et nous pasteurs, serronsnous avec un nouveau zèle et une foi inébranlable autour du Chef de l'église, Jésus-Christ. Que l'esprit de dévouement à Dieu, de renoncement à nos intérêts particuliers, nous anime tous dans cette heure solennelle!

Quant à nous, vos pasteurs, nous continuerons à vous servir, à unir vos époux, à baptiser vos enfants, à instruire votre jeunesse, à consoler vos malades et vos mourants, à vous instruire dans les saintes lettres; nous redoublerons de zèle pour que l'église nationale ne soit pas en souffrance, car nous portons cette église dans nos cœurs, et nous voulons vivre et mourir dans la foi qu'elle professe.

Maintenant, frères bien-aimés, nous vous recommandons, vous et vos familles, à notre Père et Maître suprême. Que le Chef de l'église, le Ré-

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