‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 5)Chapitre 114 sur 215 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

jour seulement que M. Burnier et ses frères commençaient à reconnaître les vices fondamentaux des institutions ecclésiastiques nationales, et la grande importance pratique d'une bonne organisation d'église; mais, à ce moment, ils sentent, plus qu'ils ne l'avaient fait auparavant, la nécessité des réformes, dans l'intérêt de la vie elle-même et de la piété.

Remarquons, en outre, que celte circulaire renferme, en principe, toute une révolution dans la conception du gouvernement de l'église. L'idée de faire participer des laïques à une réforme ecclésiastique, de les faire parler sur ces sujets jusqu'ici réservés au clergé ou à l'autorité civile envisagée comme autorité ecclésiastique ; celte idée, disons-nous, marque le moment d'un progrès positif dans la saine intelligence de la notion d'église: c'est là le germe qui, après un temps encore bien long, sans doute , apparaîtra tout à coup, non plus à l'état de germe, mais avec toute la maturité d'un principe fécond.

La circulaire rédigée par M. Burnier provoqua immédiatement l'adhésion des frères auxquels elle avait été adressée et de quelques autres encore, de telle sorte que, dans le courant de l'année 1827, on vit surgir un peu partout dans le canton, là du moins où se trouvaient des ministres évangéliques vivants et zélés, des Conférences pastorales qui devinrent aussitôt des centres de vie et d'action commune. La première mention que nous ayons rencontrée de ces réunions fraternelles se trouve dans une lettre écrite en novembre 1827, par M. Monnerat, et au nom de la conférence de la Vallée.

Il n'est pas douteux que les pasteurs évangéliques n'aient puisé dans ces entretiens périodiques, dans ces libres réunions d'hommes liés par une même foi, de nouvelles forces, de nou-

veaux encouragements et certainement aussi de nouveaux motifs pour persévérer dans une voie qui était bien celle de. la liberté parce qu'elle était celle de la vérité.

Les conférences pastorales cessèrent en 1 830 ; mais elles furent reprises plus tard. C'est à elles que le clergé vaudois dut de pouvoir, en 1845, s'entendre pour résister aux mesures oppressives du gouvernement, et c'est grâce à elles encore, que le mouvement de la démission et de la fondation de l'église libre fut rendu possible.

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