CHAPITRE XXIII
créées, soit par les premières persécutions exercées contre les jeunes ministres évangéliques, soit par la loi du 20 mai et ses applications, soit encore par la fondation et l'activité. de la dissidence. Il ne serait cependant pas juste de croire que l'œuvre entamée par le moyen des courtes et incisives publications précédemment répandues par la société des traités eût absolument cessé. Elle se poursuivait moins ostensiblement peut-être, d'une manière moins officielle; mais elle se poursuivait, et même, de temps à autre, on voyait paraître quelque nouvel écrit dans le même genre, animé du même esprit et tendant au même but. Des ouvrages plus considérables se répandaient également parmi nous et agissaient sur les esprits et sur les cœurs 1.
Les chrétiens vivants éprouvaient toujours le besoin de s'adresser à la masse du peuple, et à cette foule de personnes que l'on ne sait comment atteindre autrement, par le moyen de bonnes et saines lectures qui n'exigeaient pas des loisirs trop considérables de la part de ceux qui les faisaient. Mais, comme dans ces prêts ou ces distributions de bons livres, il y avait quelque chose de décousu, d'intermittent et d'irrégulier, les amis du règne de Dieu en revinrent à l'idée d'une assiociation qui multiplierait les forces en les rapprochant et donnerait à l'activité une direction plus efficace. Il se forma ainsi, librement, un Comité des livres religieux du canton de Vaud, à la constitution duquel nous ne pouvons assigner une date précise, mais qui déploya déjà quelque activité dans les années qui précédèrent immédiatement 1827. Ce comité ne répondant sans doute pas aux besoins du moment, <s quelques amis de l'œuvre des traités, désirant lui donner plus d'unité, et par là même la rendre plus facile, et jugeant convenable de publier des écrits plus en rapport avec les mœurs et les besoins des habitants de notre pays, pensèrent que
1 Par exemple : les Essais de Th. Scott, traduits de l'anglais par L. Burnier (1825), et La force de la vérité, du même auteur ; des extraits de la Feuille religieuse {Aujourd'hui, — Le Christ de Dieu, etc.).
le meilleur moyen d'atteindre ce but était de réunir leurs travaux dans un centre commun, et de fonder une société qui s'occuperait exclusivement de cet intéressant objet. C'est là l'origine
de la Société pour la distribution de livres religieux dans le canton de Vaud1.»
Les Acta de la société nous font connaître la manière dont elle fut fondée et les principes qui présidèrent à sa fondation.
« Le 6 de novembre 1827, lisons-nous dans un préambule écrit de la main de M. G. Jayet, quelques amis de l'Evangile se sont réunis à Lausanne pour s'occuper de la formation d'une société, etc2.» Ces amis, après avoir échangé quelques paroles relatives au désir qu'ils éprouvaient tous de contribuer par des livres et des traités religieux à répandre la droite connaissance du salut dans notre pays, se réunirent, apportant chacun sous son bras la faible provision de traités qu'ils avaient dans leurs maisons, et les joignirent ensemble pour former le premier noyau d'un dépôt qui se montait alors à un bien petit nombre d'exemplaires3.
Parmi les traités, il y en avait très certainement qui dataient des origines de l'œuvre dans notre canton ; il y en avait aussi un certain nombre qui étaient dus à la plume féconde de M César Malan. Tous devaient être strictement conformes à la règle que les fondateurs de la société se disposaient à faire connaître au public et qui se lit au premier article du règlement : La société ne répand aucun ouvrage gui ne soit empreint des doctrines fondamentales de V Evangile, telles qu'elles sont exposées dans la eon-
1 Feuille religieuse 1827, pag. 509-510. 1 Acta de la Société.
5 4« séance annuelle. : 8 mars 1852. Rapport de M. le minisire Alex. Chavannes.