CHAPITRE XXIII
fession de foi helvétique1. Celle résolution suffit, pensons-nous, pour préciser l'esprit qui animnit les amis de l'œuvre des traités et dont la tradition s'est perpétuée jusqu'à nos jours. L'Evangile, dans ses doctrines vitales, essentielles ; dans sa morale pure, saine et élevée, voilà ce que la société des livres religieux a toujours voulu présenter aux nombreux lecleurs des traités. Seulement; elle s'est toujours plus attachée à faire ressortir la vérité évangélique, sans le secours superflu de la confession de foi helvétique, que les fondateurs de la société avaient cru, avec quelque raison sans doute, devoir invoquer comme garantie de la doctrine de leurs publications.
Une chose à remarquer encore, c'est qu'il y eut, dans la fondation de la Société pour la distribution des livres religieux dans le canton de Vaud, une espèce de réaction contre la prédominance trop exclusive de la littérature religieuse anglaise , prédominance qui avait été si manifeste dans la première société des traités et qui n'avait pas peu contribué sans doule à irriter le doyen Curtat, en même temps qu'elle servait de prétexte aux attaques dirigées contre ce genre d'écrits. Les fondateurs de la société de 1827 veulent des productions religieuses plus en rapport avec les mœurs et les besoins des habitants de notre pays, et ils ont certainement raison de le vouloir.
Il nesera pas sans intérêt, croyons-nous, de rappeler ici les noms des membres qui composèrent le premier comité de la société. C'étaient MM. L. Burnicr, pasteur à Rolle ; delà Harpe, docteurmédecin ; Rivier (Théodore); Henri Olivier, ministre; Jayet, ministre à Lausanne. MM. les ministres Demonlel et Fabre se retirèrent aussitôt du comité ou n'acceptèrent pas leur nomination et le premier fut remplacé par M. Dapples, pasteur à Lutry. Plus tard, nous voyons entrer dans ce comité les ministres S. Thomas, directeur de l'institut des missions ; B. Creux, F. OH?
1 Acta de la Société.
vier , Marc Fivaz , Alex. Chavannes, etc., etc. Une pensée d'union entre dissidents et nationaux avait présidé à ces choix. Ce comité prit à la vérité une couleur plus nationale lorsqu'en 1835, rassemblée générale ayant consenti à la fusion de la société des livres religieux et de la société évangélique qui naissait alors, MM. F. Olivier et De la Harpe se retirèrent en donnant pour motifs de leur démission que la société évangélique était, selon son règlement, établie dans le sein de l'église évangélique du canton de Vaud, en d'autres termes, de l'église nationale. Il est probable que ces frères ne furent pas les seuls à faire une semblable démarche.
La société pour la distribution de livres religieux eut, comme on le voit, des débuts fort modestes. Pendant les premières années, elle ne semble pas avoir rencontré beaucoup de sympathie dans le pays. C'est du moins là ce que l'on peut assez logiquement inférer des plaintes que font entendre les membres du comité au sein des assemblées générales de la société. Ainsi, dans celle du 1er novembre 4830, le pasteur Dupraz constatait qu'il y avait peu de zèle pour cette œuvre, et M. Burnier ajoutait que l'œuvre des traités languissait parmi nous. Elle était généralement encore méconnue l. L'année suivante, un découragement plus sensible encore semble s'être emparé du comité, comme si la société ne devait pas pouvoir subsister. Cependant celle-ci n'était point restée inactive et elle avait même plus de sujets d'encouragement que quelques orateurs ne voulaient en convenir. Des comités et des sociétés auxiliaires s'étaient formés ou étaient en voie de formation dans plusieurs localités du canton, à Vevey,
1 Feuille religieuse, 1830.