‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 5)Chapitre 129 sur 215 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

Tétat. De même que son ami Vinet, M. Burnier voit dans l'union des deux pouvoirs un adultère. Cette union monstrueuse doit être rompue tôt ou tard partout où elle existe, et, aux yeux de M. Burnier, le moment est venu, pour les pasteurs évangéliques du canton de Vaud, de s'occuper sérieusement de cette séparation. C'est la question à traiter avant toutes les autres questions disciplinaires.

Nos lecteurs reconnaîtront sans peine combien la question qui s'était offerte aux correspondants, déjà dès le début de leurs relations épistolaires, s'est développée, étendue; combien elle semble approcher d'une solution seule logique, seule efficace. On s'attendrait à la voir bientôt tranchée dans le sens indiqué déjà par M. L. Vulliemin et, maintenant, nettement formulé par M. L. Burnier. Tout paraissait devoir concourir à hâter, dans l'esprit des correspondants du moins, cette solution : l'état de l'église, ou, pour parler avec M. Burnier, de ce qu'on appelait de ce nom; l'état religieux et moral du peuple lui-même; les entraves apportées aux améliorations, aux réformes les plus légitimes par un pouvoir ombrageux en matière ecclésiastique et jaloux de ses droits usurpés d'évêque ; la pression que ce pouvoir faisait peser sur ceux des ecclésiastiques fidèles et consciencieux qui auraient voulu posséder une liberté juste et convenable, soit relativement à l'admission des catéchumènes, soit relativement à l'usage d'un catéchisme autre que celui d'Osterwald, soit encore relativement à divers actes du culte public. Sur tous ces points, en effet, qui paraissaient devoir être laissés, dans une certaine mesure, au jugement et à la décision des pasteurs, on sait combien les procédés du gouvernement et des classes elles-mêmes étaient mesquins, tyranniques, vexatoires. C'est ainsi, pour ne citer que ce seul exemple du moment, que quelques pasteurs ayant cru pouvoir apporter de leur chef des changements au formulaire de réception des catéchumènes, une injonction supérieure, faite à tous les pasteurs, les entrava de

nouveau Cependant, cette solution devait être encore infiniment retardée et ce ne sera que, pressé par une nécessité impérieuse et irrésistible, que le clergé vaudois devenu, en majeure partie, orthodoxe et vivant, verra son chemin se dessiner dans le sens qui lui aura été montré antérieurement par des hommes tels que Yinet et L. Burnier. Nous devions néanmoins signaler ces préoccupations de la portion évangélique du clergé, en 4828, de même que nous les signalerons encore dans les années postérieures à cetle date, parce qu'il y a là la preuve et la manifestation d'un travail sérieux et profond dont les fruits apparaîtront plus tard au grand jour. La révolution de 1830, qui sembla couper court à ces préoccupations, ne les détruisit nullement ; elle ne fit que les calmer par l'espérance, assez légitime du reste, qu'avait fait concevoir la perspective d'une révision des ordonnances ecclésiastiques et d'une réorganisation de l'église nationale.

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