‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 5)Chapitre 169 sur 215 · CHAPITRE XXXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIII

Le gouvernement persiste dans sa politique anti-religieuse. — La loi du 20 mai el les pasteurs nationaux. — Procédure instruite contre Victor Mellet. — Sentence di. tribunal d'appel. — Intolérance du gouvernement: la réunion des Bois, près de Palézieux. — Plaintes et réclamations des pasteurs fidèles dans la Correspondance. — Une lettre de M. A. Voruz, sur la conduite des pasteurs nationaux, en présence de l'intolérance gouvernementale.

Si, dans la session de 1829, le gouvernement l'avait emporté sur une opposition déjà forte, cette victoire n'était en réalité qu'apparente. Mais par suite d'un étrange aveuglement, le pouvoir exécutif, bien loin de se départir d'un système de rigueurs et de tracasseries qui avait contribué, pour sa bonne part, à lui

aliéner nombre de bons esprits et de citoyens dévoués, — persévéra dans la voie qu'il s'était frayée et dans laquelle il était rentré plus que jamais après l'affaire d'Alex. Lenoir, à Payerne. Après avoir, — autant qu'il lui était possible de le faire, — frappé les dissidents, — le gouvernement du canton de Vaud tourna les armes que la loi du 20 mai mettait entre ses mains, contre les pasteurs pieux et vivants de l'église nationale. — Ce n'était sans doute pas la première fois qu'il agissait ainsi, mais, cette année, il parut vouloir procéder plus rudement encore.

Jusqu'ici, en effet, on n'avait pas vu les pasteurs nationaux traduits devant les tribunaux pour infraction à la loi du 20 mai, et ces pasteurs pouvaient se croire à l'abri derrière leur position officielle. Mais, un jour, l'un d'entre eux, le pasteur Victor Mellet, de Rougemont, se vit inopinément appelé à comparaître devant le juge de paix du cercle de Vuarrens.

Ce magistrat avait appris que des assemblées de sectaires avaient lieu à Epautheyres, hameau de la commune d'Essertines. Dès le commencement de mars, le Dr Develey s'y était rendu à peu près tous les dimanches et y avait présidé des réunions, d'abord chez un nommé Cordey, puis à la Répiaz, chez un Auberson. — Le dimanche U juin, M. Mellet, autrefois suffragant à Gressy, étant venu de Rougemont faire visite à ses anciens paroissiens, se rencontra fortuitement à la Répiaz avec le Dr Develey, — un inconnu de Genève et un régent d'Yverdon. M. Mellet était accompagné de son ami, le ministre Roulet, d'Yverdon. — Réunis ainsi, sans entente préalable, ces frères avaient lu ensemble un chapitre de la Bible et fait une prière. Il n'en fallait pas davantage pour que la réunion fût envisagée et dénoncée comme assemblée de sectaires. Devant le juge de paix de Vuarrens (5 juillet), le Dr Develey refusa de répondre, mais il protesta contre la persécution et, après avoir stigmatisé la liberté de mal faire, laissée à chacun par le gouvernement, il s'écria : « Ah î que l'on y fasse attention, car il y a un Dieu vengeur de toutes ces cho-

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