‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 5)Chapitre 170 sur 215 · CHAPITRE XXXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIII

ses! » M. Mellet, de son côté, raconta longuement ce qui s'était passé et conclut en protestant hautement contre les termes d'as semblée et de sectaires employés par le juge. Devant le tribunal d'Echallens, les enquêtes aboutirent aux mêmes résultats. L'accusateur public concluait contre Develey et Mellet, chacun à 100 fr. d'amende ; contre Auberson et Cordey à 50 fr. et contre tous aux frais solidairement.

Les prévenus, par l'organe de MM. Develey et Mellet, furent entendus dans leurs moyens de défense. Le tribunal, considérant que la loi du 20 mai ne concernait que les partisans d'une secte; que la réunion de la Répiaz ne tombait pas sous le coup de cette loi; que Develey était un séparatiste qui cherchait à faire des prosélytes, etc., décida que les quatre prévenus étaient tous libérés de l'amende, et les trois derniers des frais ; que Develey était chargé de la moitié des frais et la partie publique de l'autre moitié.

Devant le tribunal d'appel (29 janvier 1830), l'accusateur public en chef, après avoir éliminé, comme innocentes et ne tombant point sous le coup de la loi du 20 mai, les réunions antérieures au 14 juin, soutint que cette dernière réunion était également innocente. On s'y était occupé occasionnellement de religion ; « occupation bien naturelle lorsqu'un jour de dimanche, un pasteur se retrouve avec les membres de son ancien troupeau. » Cette considération, pleine de sagesse et d'à-propos, amenait l'accusateur public à conclure à libération complète des prévenus. Ainsi fut fait, et M. Mellet, en particulier, fut renvoyé absous avec dépens! — Ainsi, la justice s'était comportée impartialement et avait montré, au moins une fois, au gouvernement, qu'il faisait fausse route.

Mais le gouvernement du canton de Vaud se trouvait alors engagé dans une politique qui l'aveuglait et l'entraînait fatalement à sa perte. La guerre qu'il avait déclarée au christianisme sérieux et vivant et qu'il poursuivait contre lui avec acharnement.

ne devait cesser qu'à la chute du gouvernement et il fallait que celui-ci servît d'exemple aux gouvernements futurs et leur montrât clairement que, plus le pouvoir civil se mêle des questions religieuses et ecclésiastiques, plus il compromet sa propre existence. Qu'ils aient protégé la religion ou qu'ils l'aient gênée dans son développement normal sous la forme de l'église, tous nos gouvernements, depuis celui de 1814, sont tombés par la question religieuse. C'est ce que ne voulait absolument pas comprendre ou, peut-être, ce que ne pouvait pas comprendre le gouvernement qui avait fait la loi du 20 mai. Voici, après tant d'autres, un nouvel exemple de cet esprit d'aveuglement.

Une réunion religieuse avait eu lieu, en plein air, à la maison des Bois, près de Palézieux, et avait donné lieu à un rapport au conseil d'état. A celte occasion éclata, encore une fois, l'intolérance odieuse autant que ridicule du gouvernement vaudois.

Le 12 juillet, le doyen de la classe de Lausanne et Vevey, M. le pasteur S***, communiquait au pasteur de Palézieux une lettre par laquelle le conseil d'état chargeait le doyen de s'informer si c'était de leur aveu que les pasteurs Verrey, Monneron et Vallouy avaient laissé leurs domestiques aller à la réunion d'Ecoteaux? — Le doyen se livrait, à ce propos, à une dissertation sur le danger de ces réunions, sources de désordres. A celle d'Ecoteaux se trouvaient également deux régents dont les pasteurs de la localité étaient responsables. — En transmettant à M. Vallouy ces demandes du conseil d'état, le doyen s'étonnait que, dans ces paroisses, il pût y avoir des gens qui cherchassent une autre nourriture spirituelle que celle donnée par les pasteurs.

Vallouy répondit qivil n'avait pas su que ses domestiques

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