CHAPITRE XXXVI
dant, ce mot, écrit à un tel moment, au milieu des luttes, des agitations de l'époque et des préoccupations que faisait naître chez les pasteurs fidèles, l'état de l'église, ce mot, disons-nous, acquérait une valeur nouvelle; il devenait un drapeau et. à supposer même qu'il dût rester encore, pendant un temps plus ou moins long, ployé dans son fourreau, ce drapeau n'en serait pas moins à la portée de la main qui le saisirait au jour où il faudrait absolument le déployer pour sauver l'église. Et c'est aussi ce qui a eu lieu quinze ans plus tard, alors qu'il a été démontré par les faits, que les espérances que l'on avait conçues à la suite d'une réorganisation, pourtant bien peu satisfaisante de l'église nationale, n'étaient que des illusions et un leurre dont on n'aurait jamais dû accepter la responsabilité. Quoi qu'il en soit, il importe de faire remarquer qu'en 1830, dans le canton de Vaud , à la veille du changement de constitution, l'idée de l'indépendance de l'église vis-à-vis de l'état, l'idée d'une séparation des deux sociétés, avait déjà fait du chemin et promettait d'en faire encore davantage si la situation n'avait pas été subitement changée par les événements. Néanmoins, l'idée une fois exprimée devait continuer à occuper les esprits; elle les habituait peu à peu, graduellement, à voir, sans trop d'étonnement. dans les perspectives de l'avenir, sa propre réalisation dans une séparation de fait qui n'aurait jamais été possible sans ce travail préparatoire. Mais ici, nous nous arrêtons ; ce n'est pas encore le moment pour nous de raconter ce qui suivit la révolulution vaudoise du 18 décembre 1830. L'histoire du mouvement religieux et ecclésiastique, dans notre canton, à partir de 1831, formera, nous l'espérons, la matière d'une seconde partie. Il nous reste maintenant à étudier des questions d'une nature un peu différente, quoique, dans le fond, intimément unies à celles qui nous ont occupés jusqu'ici.