‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 5)Chapitre 211 sur 215 · CHAPITRE n · texte numérisé non relu

CHAPITRE n

à cause de leur piété, finissent par ne voir plus guère que leurs frères en la foi, ou ceux qu'ils envisagent comme tels, le petit troupeau, et à se créer un idéal de vie religieuse et de société chrétienne, lequel, comme on l'a fait remarquer, est quelque chose de plus et quelque chose de moins que l'idéal du chrétien selon l'Evangile l. En faisant résonner une certaine fibre de l'imagination et de l'exaltation, on favorisait le développement de cette tendance et l'on préparait insensiblement la voie au relâchement moral*.

Le réveil n'est donc pas à l'abri de toute critique; mais ici, comme presque partout, la vérité complète n'appartiendra sans doute ni à l'attaque absolue, ni à l'apologie opiniâtre. En conséquence, nous serions assez de l'avis de M. Guers, lorsqu'il dit: « La vérité se trouve apparemment entre ces appréciations extrêmes. » Malgré tous les témoignages que nous avons accumulés nous-même en faveur de la morale du réveil, nous ne pouvons méconnaître la valeur d'autres témoignages, également sincères et positifs, également nombreux et quî s'accordent à signaler des lacunes, des faiblesses , une rupture d'équilibre dont les conséquences ont été trop évidentes, trop palpables dans les églises qui ont hérité du réveil, pour qu'il soit encore possible de les contester. Pendant longtemps, et grâce à la persécution, le réveil a exercé sur lui-même une sévère vigilance ; mais, plus tard, et par une suite en quelque sorte inévitable de la position particulière qui lui avait été faite, à mesure qu'il s'est étendu, il s'est aussi relâché, et ce qui n'était d'abord chez lui qu'à l'état de tendances, s'est accusé plus nettement; le germe s'est développé et a porté ses fruits. De là, une nouvelle réaction qui s'est accomplie sous nos yeux, qui est en train de se conti-

1 L. Dunnd. Le réveil religieux et l'église de multitude.

- La littérature religieuse de cette époque n'est pas à l'abri de tout reproche sur ce point. Voir le traité intitulé: Le repos, de M. le ministre Vulliémoz. * Le sacrifice de Christ, pag. 84-85.

nuer en se partageant en courants multiples et très opposés, et dont le terme d'arrivée est le secret de l'avenir. Le réveil a été certainement une grande et belle œuvre de l'Esprit de Dieu, mais l'homme y a mêlé ce qui vient de l'homme. Le temps, dans sa marche, a consumé et consume de plus en plus, le bois, le foin et le chaume ; l'or, l'argent et les pierres précieuses, ou plutôt Christ, qui est l'unique fondement, doit seul subsister!

Depuis la publication du premier volume de cette histoire, il nous est parvenu, sur les faits qui y sont racontés, des renseignements qui exigent de notre part quelques rectifications de détails et de nouveaux éclaircissements.

Page 13, note 2. Ce n'est pas le pasteur de l'Isle qui, au temps de la république helvétique, fut entretenu par une famille de cette localité, mais le pasteur de la paroisse voisine, de Cuarnens, qui était précisément alors ce pasteur Tissot, dont nous parlons dans la note précédente.

Page 26. La note offre une apparence d'anachronisme. Ce n'est en effet qu'après 1830 que surgit l'idée de constituer à perpétuité le Jeûne par une loi fédérale. Jusqu'alors ce jeûne n'était que protestant et décidé, chaque année , par les députés des cantons évangéliques , en diète.

Page 91. Une partie de la note 4 ne doit point s'appliquer au professeur L. Bridel, qui n'exposait que l'exégèse de l'Ancien Testament, mais au professeur Conod, qui lisait le Nouveau Testament avec les étudiants.

Page 252. Il n'est peut-être pas hors de propos de remarquer que M. Ch. Recordun, dont il est parlé ici, était cousin germain du ministre impositionnaire F. Dumont, si mal noté auprès de l'académie. Inde irœ.

Quelques années plus tard, au moment de l'effervescence produite par les arrêtés persécuteurs de janvier 1824, ce même M. Recordon attira sur lui les foudres de l'académie pour avoir lu, en chaire, avant le service divin, une portion de la Parole de Dieu (Act. IX) qui fut envisagée comme une impertinente critique des mesures gouvernementales.

Page 278. Ce qu'il y eut de particulièrement indigne dans la réponse du conseil d'état au pasteur Olivier, c'est qu'on jugea tout à fait inutile et hors de place de transmettre les explications de l'académie au vénérable pasteur, père de l'étudiant rejeté.

Page 298. Ce qui donne une importance particulière aux faits que nous racontons dans cette page et dans les suivantes, c'est que, depuis la promulgation du code civil, le baptême était facultatif. Mais pendant nombre d'années encore les pasteurs n'entendirent pas la chose ainsi ; et non pas seulement les pasteurs, mais encore les autorités civiles. Ainsi à Rolle, un greffier de tribunal refusait un jour un extrait de naissance relevé du registre tenu par le pasteur, parce que, sur cet extrait, l'acte de baptême était laissé en blanc.

Page 360. On pourrait, à propos de la lecture faite en chaire, à Lucens, de l'arrêté du 15 janvier, nous accuser d'avoir commis une grosse erreur, si nous n'ajoutions pas qu'il n'avait point été ordonné de promulguer ainsi cet arrêté. Cette lecture, imposée à M. Rod. Mellet, fut un mauvais tour joué au trop complaisant pasteur par le juge de paix.

Page 365. Il nous semble qu'il y a quelque intérêt à dire que M. Develey, professeur de mathématiques, et le seul ami de la liberté au sein de l'académie, était un laïque.

Page 366. Ce n'était pas le professeur Gillièron qui était membre de classe, puisqu'il était laïque, mais le pasteur Gillièron, beau-frère du professeur et ancien rédacteur du Bulletin helvétique.

Page 381, note. Il aurait été plus exact de dire que la servante des Dumont leur avait été procurée auparavant par Juvet ; car, dans l'état où celui-ci se trouvait, lors de la persécution qu'il endura à l'Isle, il aurait été dans l'impossibilité d'envoyer personne à Gollion.

Page 386. Il importe d'expliquer ici, d'une manière plus claire, corn-

ment la loi du 20 mai est née de l'arrêté du 15 janvier. Le dit arrêté instituait une pénalité qui ne pouvait être infligée que par les tribunaux. Mais un tribunal ne peut juger que selon la loi et le grand conseil est la seule autorité législative. — Les menaces de l'arrêté étaient inexécutables et c'est ce qu'on avait dit aux gens modérés. Puis, ceux qui voulaient une loi et des jugements ayant soigneusement fomenté des troubles, les modérés eux-mêmes en vinrent à dire : II faut une loi/

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