‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 5)Chapitre 39 sur 215 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

requis. Ils n'avaient fait aucun avertissement, ni suivi aucune formalité. Deux frères, du nom de Recordon, s'étaient même introduits dans le jardin de Jacq. Jaques et avaient épié depuis là, à travers la fenêtre; 3° l'accusation devait tomber, puisque le témoignage était inadmissible. D'ailleurs, quand même le rapport serait valable, Jaques demanderait sa libération, parce qu'il n'était pas convaincu d'être sectaire, mais seulement d'avoir eu chez lui une assemblée chrétienne. Jaques, comme tous les autres prévenus que nous avons eu l'occasion d'entendre plaider leur cause devant les tribunaux, insiste fortement sur ce point, que, dans son fait, il n'y a pas secte, mais obéissance à Dieu, service légitime de Dieu, conformité à la saine doctrine.

Il paraît qu'avant la persécution les réunions religieuses étaient très fréquentées à Sainte-Croix, mais que la persécution amena de nombreuses défections. En février 1824, les fidèles avaient invité la municipalité à envoyer des agents dans les réunions, afin de s'assurer que tout s'y passait en bon ordre. La municipalité avait refusé d'obtempérer à cette invitation. La persécution légale, une fois à l'ordre du jour, l'hostilité contre les chrétiens se montra très forte ; on espérait en finir promptement avec eux : « Il faut les ruiner en frais, j> disait-on.

L'arrêt du tribunal d'appel mit la moitié des frais à la charge de Jaques, et ceux d'information à la charge de Martin. Les autres prévenus furent libérés.

C'est à ce moment-là que fut liquidée devant le même tribual la cause du docteur Develey, accusé à Yverdon pour fait de rosélytisme et qui s'était soustrait à son juge naturel en se reirant à Carouge. (24 décembre 1824 — 3 janvier 1825.) De ette dernière ville, il avait écrit au président du tribunal d'appel qu'il ne paraîtrait pas à la barre et qu'il avait quitté le canton ne Vaud pour obéir à cette parole: « S'ils vous persécutent dans ne ville, fuyez dans une autre. » Après deux ou trois mois de réflexions, le bouillant docteur demanda cependant à être jugé.

L'accusateur public concluait au non-prosélytisme, mais, eu égard à tous les autres faits de la cause, il demandait dix-huit mois de bannissement contre Develey. Le tribunal réduisit cette peine à neuf mois.

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