‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 5)Chapitre 44 sur 215 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Le réveil dans l'église nationale. — Quelques noms propres. — Ministres vaudois à l'étranger. — Naissance des sociétés évangèliques. — Leur caractère national.

Le mouvement religieux ne devait pas s'opérer uniquement au profit de la dissidence et il était impossible que les salutaires effets n'en fussent pas ressentis dans l'église nationale elle-même. Tout ce qu'il y avait de pasteurs évangèliques, fidèles, vivants, dans cette église, devait éprouver quelque heureuse influence de l'exemple donné par la dissidence elle-même. Et comme, en général, les ministres pieux de l'église nationale redoutaient la dissidence plus qu'ils ne la comprenaient ; comme, d'un autre côté, ces mêmes ministres désiraient voir la vie qui se manifestait dans la dissidence pénétrer dans leur propre église, il était impossible qu'ils ne fussent poussés à une sainte émulation et qu'ils ne sentissent le besoin de travailler de toutes leurs forces au relèvement de l'église dont ils étaient les conducteurs spirituels. Bientôt aussi on put voir augmenter leur nombre et paraître les fruits de leurs travaux. C'étaient, pour ne citer ici que les noms les plus connus, des hommes comme le pasteur Gonthier et le suffragant H. Thomas, à Nyon; le pasteur Lardon, à Bière; Pilet-Joly, principal, et Vautier, suffragant, à Morges;

les pasteurs Olivier père, à Cossonay, Bronsson, au Ghenit, Laurent, à Vaulion, Decoppet, à Romainmôtier, Terrisse, àCorcelles, Jayet et Gauthey, à Yverdon, le suffragant L. Germond, à St. Maurice, Rod. Mellet, à Lucens, Monnerat, au Lieu, les pasteurs Vallouy, à Palézieux, Monneron, à Oron, Dapples, à Lutry, L. Buniier, à Cossonay, le suffragant Vullyémoz, à Gorsier, où il était l'instrument d'une belle œuvre ; etc., etc. A l'étranger, plusieurs églises étaient placées sous la direction de ministres vaudois ; unis par les liens d'une même foi et d'une vive sympathie à ceux que nous venons de nommer. Il suffira de rapperel ici les noms des pasteurs Ch. Scholl, à Londres, Savary, à Friederichsdôrf, Manuel, à Francfort, Ch.-Fr. Recordon, à Florence, et, enfin, Dupraz qui, constamment repoussé par l'église de son pays, avait été à cette époque offrir ses services à l'église de Lemé, en France, de même que son ami et collègue Dumont avait offert les siens à l'église de Mens.

Le mouvement religieux s'accentuait donc de jour en jour davantage dans le pays, et la portion éclairée et généreuse du clergé vaudois y prêtait de plusen plus la main. Ce mouvement, contre les progrès duquel l'autorité civile avait cru pouvoir défendre la porte de l'église nationale, forçait donc cette barrière et faisait irruption dans la place, pour le plus grand bien de ses défenseurs eux-mêmes et de beaucoup de ceux qu'elle abritait il se manifestait de différentes manières , et offrait déjà à l'œil de l'observateur intelligent l'espérance d'une moisson magnifique.

Parmi ces gages d'un meilleur avenir que présentait le réveil de la foi, dans notre pays, il faut mentionner la fondation des diverses sociétés êvangéliques.

C'est à Morges, et le 4 décembre 1825, que prit naissance la

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