‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 5)Chapitre 50 sur 215 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Relâche momentané dans l'opposition au réveil (1825). — Affaiblissement correspondant dans le zèle des réveillés. — Plaintes des pasteurs dissidents. — Nouvelles procédures (1826). — Et. Durand (réunion de Chardonne). — Le même et M. Henriquet (réunion de Vevey). — M. Vulliémoz, suffragant à Corsier. — Les accusés de Ste. Croix et le tribunal de Grandson.

Si, d'un côté, le réveil commençait à s'étendre et à jeter des racines de plus en plus profondes parmi nous, s'il se donnait un organe de publicité qui était comme l'affirmation de lui-

même; d'un autre côté, l'opposition au réveil n'en continuait pas moins à user de tous les moyens pour entraver et annuler le mouvement. La loi du 20 mai avait quelque peu sommeillé pendant une grande partie de l'année 4825. On avait pu même se bercer de l'espérance que l'autorité supérieure reconnaissant, bien que trop tardivement, la grosse faute qu'elle avait commise en promulguant cette loi, était décidée à la laisser dormir dans les cartons du château. Déjà même, on remarquait quelque relâchement dans le zèle chrétien de ceux qui s'étaient montrés vivants pendant la persécution, et qui paraissaient se refroidir dans le calme. Les pasteurs dissidents faisaient entendre des plaintes assez vives. Fivaz, écrivant à l'église à'Orbe, parle des persécutions comme ayant cessé, mais il déclare que l'ennemi cherche à ruiner les chrétiens par le relâchement. Il y a là comme un avertissement contre Y antinomianisme qui, semble-t-il. pénétrait dans les églises. Fivaz parle encore de plusieurs qui ne marchent f lus de droit pied, qui se laissent entraîner. « Malheureusement, s'écrie-t-il, ils sont passés les temps où quiconque connaissait les doctrines de l'évangile de la grâce de Dieu, pouvait, sans autre examen, être considéré comme enfant de Dieu. Aujourd'hui, l'on rencontre fréquemment des gens qui connaissent toutes les doctrines sans en éprouver l'efficacité dans leur cœur par le Saint-Esprit : qui en dissertent souvent avec plus de méthode et de détails et de paroles que les véritables brebis de Jésus. A les entendre, vous les diriez des colonnes et des appuis de la vérité. Ce sont tout simplement des orthodoxes, c'est-à-dire, des arbres à fleurs doubles, mais qui ne portent point de fruits 1 ». DeFernex, le lieu de son exil, Juvet faisait entendre les mêmes accents de tristesse. « J'ai été bien peiné, écrivait-il le 13 juin 1825, en apprenant qu'il y avait du relâchement chez quelques-uns quant à la discipline de l'église et à la séparation franche, prononcée et complète de toute église

' Mémoires inédits.

Page 1