CHAPITRE X*X
Parmi les causes extérieures, il faut signaler, à l'égard de Pœuvre des missions, un refroidissement qui se manifestait jusque dans les réunions du premier lundi du mois. La fondation des écoles du Bourg de Four et de l'Oratoire, à Genève, celle de l'institut des missions de Paris, et enfin les améliorations apportées à l'organisation et à la marche de l'académie de Lausanne, contribuèrent de leur côté à amener le résultat que nous venons de constater.
L'institut des missions une fois fermé, la société, qui ne s'en croyait pas moins appelée a faire tout ce qui dépendrait d'elle pour avancer le règne du Sauveur dans l'univers et pour intéresser ses frères à cette sainte cause, n'avait, pour le moment, plus qu'à suivre avec sollicitude et par le moyen des secours financiers qu'elle lui accordait, la mission vaudoise entreprise au milieu des sauvages et barbares tribus des Sioux, sur le bord occidental du Mississipi. Dès l'année 1846, Gavin cessait d'être au service de la société et devenait pasteur d'une église anglicane, au Canada. Dentan, forcé par sa mauvaise santé de renoncer aux travaux missionnaires, quittait son poste en 1847 et devenait également pasteur d'une église déjà constituée. C'est alors que la mission fut abandonnée par lesVaudois et remise, ainsi que la maison et le terrain qui étaient sa propriété à Red-Wing, au conseil généra! des missions américaines. Enfin, à dater du 22 septembre 1857, la société des missions de Lausanne, qui n'avait, en réalité, plus de raison d'être, et que ses fondateurs eux mêmes regardaient comme un rouage superflu , cessa d'exister. Ce fut dans l'assemblée générale de ce jour, que M. le pasteur Dapples annonça cette grave décision du comité et la justifia par un rapide coup-d'œil jeté sur les événements que nous venons nous-même de raconter.
La fondation de la Société des missions évangêiiques de Lausanne fut un de ces faits qui révèlent un progrès dans l'état religieux d'un pays. Et certainement qu'à ce moment-là, de nou-
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veaux besoins se faisaient jour au milieu de nous, entre autres un besoin d'activité chrétienne et missionnaire, signe et cause tout à la fois d'un relèvement spirituel. Bien que la nouvelle société ne fût pas issue de l'église nationale comme église et que des dissidents se trouvassent parmi ses membres les plus actifs, il faut reconnaître pourtant que ses fondateurs appartenaient en majeure partie à l'église nationale et, en particulier, à la portion franchement évangélique du clergé national. Le réveil agissait donc avec toujours plus de force et d'étendue dans le sein de l'église officielle, bien que d'une manière encore très individuelle et sans affecter l'ensemble de celte institution religieuse.