CHAPITRE X
la Suisse française , c'était le Magasin évangélique. Essentiellement composé de morceaux sur les missions, les travaux de V évangélisation et des sociétés bibliques dans la chrétienté, de nouvelles religieuses et anecdotes édifiantes, explications bibliques et annonces de livres, ce fut par cette voie, -comme le dit avec raison M. L. Burnier, que les églises de langue française entendirent, pour la première fois, parler d'une manière un peu suivie des missions évangéliques. Cette publication fit un grand bien; elle exerça une influence positive dans le sens évangélique en exposant la saine doctrine et en insistant sur la nécessité de la vie chrétienne. Dans le canton de Vaud, en particulier, — et c'est à ce titre surtout que nous devons en tenir compte ici, — le Magasin évangélique excita un intérêt jusqu'alors inconnu1; il fut l'un des éléments qui concoururent le plus efficacement à activer et à étendre le mouvement religieux. Dès l'apparition de ce journal, quelques pasteurs le reçurent et le firent lire autour d'eux. Cette lecture ne provoquait encore aucune opposition , parce qu'elle ne rencontrait point de préjugés. L'œuvre des missions évangéliques ne tardera même pas à devenir l'une des bases sur lesquelles viendra s'asseoir le réveil, en même temps que les préventions et les défiances inspirées contre cette œuvre serviront de point d'appui à ceux qui s'opposeront au mouvement religieux lui-même.
1 M. Bost a rendu l'impression éprouvée par les lecteurs du Magasin dans cette phrase de ses Mémoires: « Toutes ces nouvelles des missions et des sociétés bibliques avaient alors pour nous cette fraîcheur particulière de la jeunesse ou même de l'enfance, cette vivacité qui finit toujours par disparaître avec le temps. »