‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de VaudChapitre 134 sur 243 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

nouveaux que leur imposait cette attaque formidable contre le droit que les chrétiens ont, devant Dieu, de s'assembler pour leur édification mutuelle et pour la conversion des âmes. Ils comprirent que c'était à la singularité de leurs mœurs qu'on en voulait surtout. Et puis, la netteté avec laquelle M. Curtat exposait enfin de quelle manière il entendait la doctrine du salut, les conduisit à redoubler de zèle et à se montrer de plus en plus explicites dans l'exposition et dans la défense de la saine doctrine. Aussi, tandis qu'avant cela (nous nous croyons sûr du fait), il n'y avait eu qu'à Lausanne, et peut-être à Vevey, de loin en loin, quelques assemblées particulières d'édification et de culte, assemblées peu nombreuses, dès ce moment elles se multiplièrent en divers lieux et prirent quelque chose de régulier, bien que sans dissidence aucune ; tandis qu'auparavant la plupart des jeunes ministres, même les plus pieux, ne prêchaient que faiblement les doctrines contestées par M. Curtat, ils se mirent dès ce moment à les publier avec une grande force, D'ailleurs, les brochures avaient fait que tout le monde en parlait, et c'était sans peine que ceux qui en avaient le cœur plein, trouvaient l'occasion de rendre témoignage à la vérité. »

Les écrits du doyen Curtat eurent donc toute la valeur d'une révélation, et cela, non-seulement pour les chrétiens vaudois qu'elles intéressaient directement, mais encore pour les chrétiens du dehors, pour ces étrangers si particulièrement attaqués et si fort maltraités. Au fond, on s'était jusqu'à ce moment assez peu enquis de la doctrine qui se prêchait au canton de Vaud, parce qu'elle avait un assez bon renom d'orthodoxie et qu'on la supposait corroborée par une vie religieuse beaucoup plus intense que ce n'était réellement le cas. Mais la levée de boucliers du chef de l'église vaudoise fit tomber les écailles des yeux, et l'on comprit que notre pays réclamait, autant que d'autres, les lumières que Dieu se plaisait à répandre ailleurs. Des voix sérieuses et amies se firent entendre de France, d'Angleterre

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ei surtout de Genève. C'est ici que se place un épisode qui a fait assez de bruit pour que nous en parlions avec quelque détail.

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