‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de VaudChapitre 141 sur 243 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

Caractéristique religieuse de l'année 1821. — Le pouvoir, l'académie et les classes. — Les jeunes ministres réveillés: Alex. Chavannes, H. Juvet, Marc Fivaz, H. Gab. Dupraz, Rod. Mellet — Faits relatifs à d'autres impositionnaires et à des proposants.

Nous avons déjà signalé le fait que les obstacles inattendus apportés au mouvement religieux, par la dissolution delà société vaudoise des missions et peu après par l'opposition écla-

1 Si nous ne nous trompons, c'est à cette lettre de Fr. Dumont entre autres, que ferait allusion une plainte du doyen Curtat adressée à l'académie et relative à des lettres que le doyen aurait reçues de divers impositionnaires. La plainte de M. Curtat fut renvoyée au conseil d'état et les doyens des classes devaient inviter les jurés à « surveiller les impositionnaires pour la doctrine, comme pour la conduite. » (Procèsverbaux de l'académie, 11 mars 1822.)

tante du doyen Curtat, tout en faisant beaucoup de mal au pays , avaient eu pour conséquence d'accentuer ce mouvement, en dessinant mieux le véritable état des choses et la situation des partis. C'est là ce qui caractérise l'année 1821. Le droit de tout homme de servir Dieu, selon sa conscience, commence à être de plus en plus compris et revendiqué ; le devoir de manifester ses convictions passe de la théorie dans la pratique. Aux négations autoritaires du droit on répond par des assemblées plus fréquentes, par une activité plus grande. De là, chez ceux qui voient de mauvais œil un mouvement qu'ils ne comprennent pas ou qu'ils ne comprennent que trop bien, de l'irritation et une haine qui ne fera que grandir jusqu'à ce qu'elle éclate dans des persécutions odieuses; de là, des bruits malveillants, mensongers, répandus parmi le peuple que l'on excite à plaisir1. Dans sa prudence, le pouvoir se borne encore au premier acte prohibitif que nous avons mentionné et, tout en ayant, croyons-nous, ses plans arrêtés, il observe, il voit venir. L'académie et les classes, plus directement, intéressées au mouvement, à cause de son caractère purement religieux, n'apportent encore aucune entrave officielle et sensible à la manifestation de certains besoins qui leur inspirent cependant plus de prévention que de sympathie. Seulement, l'académie et les classes sont d'accord pour mettre en garde les impositionnaires et les suffragants « contre une sorte d'exagération dans leur zèle religieux, qui pourrait nuire à leur ministère et rompre, dans leurs églises, cette unité d'esprit et de sentiments si précieux à la piété et à la paix2. » Mais déjà la classe de Lausanne reçoit du landammann une plainte relative à un sermon prêché à Vevey, le 24 décembre 1820, par M. le ministre Ch. Rochat, suffragant de

1 II s'agissait, disait-on, de machinations politiques pour remettre le pays aux mains des Bernois. On témoignait de craintes fort vives pour la cause de la liberté, menacée par des influences étrangères.

* Actes de la classe de Lausanne et procès-verbaux delacadémie. 13 et 19 juin 1821.

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