‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de VaudChapitre 158 sur 243 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Expulsion de M11' Greaves. — Une lettre du pasteur Vallouy. — Un sermon du professeur De Wette, de Bâle. — Nouvelles mesures intolérantes de l'académie. — Deux leçons du professeur Leresche. — Un rapport fait au grand conseil.

Tandis que MM. Chavannes et Juvet se voyaient entravés dans l'exercice d'un ministère qui commençait à porter, autour d'eux, des fruits de réveil, de régénération et de vie, le gouvernement, donnant à la présence de Mlle Greaves à Lausanne une importance exagérée, décidait d'expulser du canton cette pieuse et honorable personne.

Le zèle que Mlle Greaves avait apporté à la publication et à la distribution des traités religieux, non moins qu'à la formation de petites assemblées d'édification, lui avait attiré des désagréments de plus d'un genre. Contrairement à ce qui paraît avoir été son intention première, elle avait beaucoup prolongé son

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séjour à Lausanne et, en 1822, nous la trouvons aux prises avec l'académie. Celle-ci voyait de mauvais œil la distribution des traités que Mlle Greaves avait fait imprimer, mais qu'elle déclarait ne plus vouloir donner si, après les avoir examinés, l'académie ne les estimait pas conformes à l'Evangile.

Dans une lettre datée du 18 avril, Mlle Greaves se disait « persuadée que le réveil actuel n'était pas le résultat des efforts des étrangers, mais qu'il était opéré uniquement par l'Esprit de Dieu. » Des représentations lui ayant été faites au sujet de quelques traités de Malan, elle avait cessé d'en répandre1.

Mlle Greaves n'a jamais reçu de réponse à la lettre mentionnée ci-dessus. Un membre de l'académie eut même l'air fort étonné quand on lui en parla, et comme on avait la certitude qu'elle avait dû parvenir à ces messieurs, on se demanda avec une curiosité bien légitime ce qu'elle était devenue? Cependant, quelques jours après, le 23 avril, les procès-verbaux de l'académie s'expriment ainsi : « Monsieur le recteur annonce que deux traités qui lui ont été remis n'ont rien que d'édifiant, et qu'un troisième est trop médiocre pour devoir être répandu. »

A ce moment-là, nous venons de le dire, Mlle Greaves était sous le coup de l'arrêté du conseil d'état qui l'expulsait du canton.

Sous date du 2 avril 1822, le juge de paix du cercle de Lausanne recevait un message de M. F. Clavel, landammann, président du conseil d'état, qui lui notifiait que ce dernier « voyant des inconvénients à ce que Mlle Mary-Anna Greaves, anglaise, prolongeât son séjour dans le canton, à raison de certains prin-

1 Un membre de l'académie, qui pourrait bien n'être que Levade lui-même, avait été chargé par cette première autorité ecclésiastique du pays de parler à Mlle Greaves- Voici ce que, sous la date du 9 avril, nous lisons dans les procès-verbaux de l'académie : « M. le recteur (Gilliéron) annonce qu'il a appris que de petits traités religieux avaient été donnés à quelques étudiants pour être distribués ensuite. On prie M. le recteur de prendre des informations sur ce fait et d'enjoindre â ces étudiants de ne distribuer aucun de ces traités avant qu'ils aient été vus et admis par l'académie.»

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