chapitre vm
lité de ministre du saint Evangile et de veiller en pasteur fidèle sur mes paroissiens. (Loi du 24 juin 1803.)
Quant à la forme de la prédication, je me trouve déjà pleinement autorisé à la changer par les ordonnances ecclésiastiques, où il est dit que les pasteurs suivront en général V ordre et la méthode qu'ils croiront la plus utile et la plus avantageuse pour l'instruction et l'édification de leur troupeau. (Titre III, § 1er.)
Je pourrais même mettre de côté le catéchisme qui est maintenant en usage dans les écoles de notre canton, puisque le règlement pour les écoles, du 16 octobre 1806, ordonne que jusqu'à ce qu'un nouveau règlement ait déterminé les livres élémentaires dont on devra faire usage, les régents continueront à se servir des livres qui ont été reçus jusqu'à présent (art. 28), et que les catéchismes reçus et avoués jusqu'alors par les ordonnances ecclésiastiques étaient le catéchisme de Heidelberg et le petit catéchisme de Berne (titre III, § 2), lesquels sont beaucoup plus conformes à l'Evangile.
Mais comme, vu les règlements établis, je' n'ai pas la latitude d'apporter de moi-même aucun amendement aux autres abus ci-dessus mentionnés, et que je n'ai pas de raisons de croire qu'on voulût déroger en faveur d'un seul aux institutions existantes, j'ai pris la résolution de renoncer à un poste que je ne pourrais retenir que contre ma conscience et au prix de mon devoir, et j'ai l'honneur, messieurs, de vous faire savoir par la présente lettre, que dès ce moment je résigne entre vos mains la suffragance de Penthaz et vous prie de pourvoir aux fonctions de cette paroisse.
Veuillez, monsieur le recteur et messieurs les membres de l'académie, agréer l'assurance de mon respect.
F. Olivier,
ministre du saint évangile.
M. Olivier communiqua la lettre que l'on vient de lire au conseil d'état, et cela par l'intermédiaire du landammann, auquel l'auteur la fit passer avec quelques mois d'envoi datés du même jour. La réponse de l'académie ne se fit pas attendre. Elle portait en substance qu'Olivier s'était exclu lui-même de la faculté
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d'aspirer à un poste dans le pays et que sa lettre renfermait des allégations très graves. En conséquence, l'académie accordait à M. Olivier la démission qu'il demandait, et elle lui adressait en terminant quelques admonitions, Le 25 octobre suivant, le conseil d'état, auquel l'académie avait déféré le cas et qui était du reste déjà nanti delà lettre d'Olivier, prit l'arrêté suivant:
Le conseil d'état du canton de Vaud,
Vu la lettre de M. le ministre François Olivier, suffragant à Penthaz, en date du 28 septembre dernier, adressée à l'académie et par duplicata au conseil d'état, par laquelle cet impositionnaire déclare qu'il résigne son poste de suffragant ;
Considérant que M. Olivier donne pour motifs d'une telle résolution ;
Que le genre de prédication qui existe dans l'église n'a pas la véritable forme de la prédication évangélique;
Que le catéchisme, prétendu d'Osterwald, qui s'est glissé dans nos écoles, n'enseigne point la doctrine de l'évangile et lui est même souvent opposé;
Que la liturgie des églises de notre canton n'est pas non plus évangélique, du moins en général, et n'exprime pas les sentiments d'une âme chrétienne;
Que la confirmation du vœu du baptême qu'on exige des catéchumènes avant de les admettre à la communion est d'un abus intolérable.
Considérant que M. Olivier ne veut ni ne peut remplir les devoirs du ministère d'une manière conforme aux principes religieux reconnus et admis dans le canton et qu'avec de telles dispositions, cet impositionnaire ne saurait desservir avec fruit une des églises du canton;
Ouï le département, de l'intérieur ;
arrête :
Article 1er. Le nom de M. François Olivier sera rayé du catalogue des ministres impositionnaires qui ont le droit de demander nomination pour les suffragances ou postes classiques du canton.
Art. 2. Il est défendu au dit M. Olivier d'exercer aucune fonction ecclésiastique dans le canton.
Art. 3. Le présent arrêté sera notifié à M. F. Olivier par le lieutenant du conseil d'état. Il sera de plus communiqué aux doyens des quatre