CHAPITRE XIII
différences de rédaction , exigées par le fait que Rochat était pasteur et non plus simplement impositionnaire, absolument semblable aux précédents arrêtés de même nature. Elle était datée du 26 janvier.
C'était, pour la cause des autres ministres exclus du clergé vaudois par un acte de l'autorité supérieure, un fait important que cette adhésion cordiale, ouverte et éclatante d'Auguste Rochat, de cet homme que le Nouvelliste Vaudois appelait quelques jours après « un jeune pasteur, respecté de toute l'église et de tout le pays pour sa piété véritable et le noble usage qu'il a toujours fait de ses talents. » Il est vrai qu'en prodiguant des éloges au pasteur de Bière, le Nouvelliste déclare ne pas comprendre que Rochat puisse se fermer ainsi une carrière comme celle du ministère dans l'église nationale. Voilà précisément ce que Rochat comprenait fort bien et, avec lui, des hommes tels que Vallouy, par exemple, qui rendait à son ami le témoignage de n'être pas « un jeune homme à tête chaude. » Et en effet, Rochat, malgré la part qu'il avait prise, lui aussi, à la mondanité de son temps, avait été, comme jeune homme, toujours sage, posé, respectable. — Il n'y avait chez lui, rien d'aventureux; il n'agissait pas sans réflexion, il ne se laissait pas entraîner par un fol enthousiasme. Malgré sa piété et son zèle, il avait fort redouté dans le temps (1820) d'être assimilé auzpiétistes, méthodistes, illuminés. Il ne voulait pas alors établir des réunions d'édification, parce que des Anglais qu'il connaissait s'y rendraient et que cela donnerait une couleur à ces réunions dans lesquelles on verrait une secte. Il aurait craint de perdre ainsi le crédit dont il jouissait. Depuis cette époque, sans doute, Rochat avait progressé; cependant, au moment
même où il se disposait à quitter sa cure de Bière, il ne se reconnaissait point membre de ce que l'on appelait la secte des mômiers, et, tout en rendant à ceux-ci un témoignage favorable, tout en envisageant commet saine doctrine de l'Evangile, celle que prêchaient Chavannes, Juvet, Olivier et son propre frère Charles, il prenait cependant à leur égard quelques réserves.
La retraite de Rochat n'était donc point un de ces actes qui peuvent passer inaperçus et qui demeurent sans influence sur l'opinion. Sans l'avoir voulu auparavant et sans l'avoir cherché, il allait apporter à la dissidence naissante, tout le poids de sa parole, de son autorité, de son exemple.