‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de VaudChapitre 223 sur 243 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Projet de changer en loi l'arrêté du 15 janvier. — Le Recueil des pièces officielles est envoyé au conseil d'état par les ministres exclus des rangs du clergé. — Un gouvernement qui fait de la théologie. — Une séance du grand conseil et la loi du 20 mai 1824. — Les influences sous lesquelles cette loi a été rendue. — Quelques rares protestations.

Les faits matériels ou moraux qui se succédaient rapidement dans le pays ne devaient pas laisser l'observateur attentif dans l'ignorance sur l'issue certaine de ces faits. Il se préparait quelque chose de nouveau. La situation était embarrassée ; d'un côté, l'arrêté n'atteignait point le but ostensible que le gouvernement semblait s'être proposé en le promulguant, les réunions religieuses ne cessaient point d'avoir lieu et la tranquillité, bien loin de se rétablir, paraissait de plus en plus compromise ; d'un autre côté, les dissidents réclamaient pour eux le bénéfice du droit commun, tout en se montrant, comme ils l'avaient annoncé, décidés à tous les sacrifices pour maintenir leur droit. Attaqués

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de toutes parts, et par le peuple, et par le clergé dans sa masse, et par le gouvernement lui-même, ils n'avaient devant eux que de sombres perspectives, point assez sombres cependant pour leur voiler la vue du devoir à remplir et les promesses faites à la foi.

Le grand conseil s'était réuni à Lausanne, en session ordinaire, au mois de mai. Un jour, les ministres qui s'étaient retirés ou qui avaient été exclus de l'église nationale, apprirent qu'il était question de changer en loi l'arrêté du 15 janvier, le conseil d'état imaginant ainsi de faire intervenir dans le débat le pouvoir législatif. Sans perdre de temps, ces ministres se hâtèrent de former le Recueil des pièces officielles, que nous connaissons déjà, et de le communiquer au grand conseil. Ils espéraient pouvoir obtenir ainsi la justice qu'ils avaient en vain réclamée du gouvernement et la liberté de conscience et de culte qu'ils avaient déjà demandée, mais inutilement, dans leur pétition du 1er février. Le 17 mai, ils firent tenir à l'autorité législative, leur Recueil qu'ils accompagnèrent de la lettre suivante:

Très honorés monsieur le landammann et messieurs les membres du grand conseil du canton de Vaud !

Apprenant que vous avez à délibérer sur un projet de loi qui vous est proposé par le conseil d'état contre une prétendue nouvelle secte religieuse qu'on nous accuse de chercher à introduire et à propager dans notre canton, nous avons pensé que vous recevriez volontiers tous les éclaircissements exacts et authentiques qui peuvent y avoir rapport. C'est pourquoi nous prenons très respectueusement la liberté de vous présenter le recueil ci-joint des pièces officielles concernant cinq ministres de l'Evangile rayés, par le conseil d'état, du catalogue des ministres impositionnaires, et séparés de l'église nationale actuelle de ce canton.

Nous passons aujourd'hui sous silence un grand nombre de faits importants et d'autres pièces officielles dont le détail serait trop long et qui concernent, soit d'autres ministres évangéliques, soit de simples fidèles. Si nous vous faisons part de ces documents, trè? honorés messieurs, ce n'est point par aucune crainte des mesures nouvelles que vous pourriez arrêter à notre égard ; mais c'est uniquement pour n'avoir pas à

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