X PRÉFACE
jeu, on retrouvera au fond de cette histoire, des principes qui n'appartiennent point à un pays plutôt qu'à un autre, mais qui sont du domaine de la conscience et, par conséquent, du domaine inaliénable de l'humanité. Le principe de la responsabilité individuelle envers Dieu seul, en matière de foi et de culte, et, par suite, le droit à la liberté de conscience et de culte, n'ont absolument rien de local; ils intéressent directement l'homme religieux, dans quelque pays qu'il soit, à quelque société qu'il appartienne. Sans doute, j'ai écrit cette histoire, d'abord pour les fils de ma patrie, mais je me plais à espérer que les enfants de l'étranger y puiseront également quelque instruction. Ils ne s'arrêteront peut-être point aux faits eux-mêmes, mais ils s'attacheront aux principes généraux dont ces faits ne sont que la manifestation et la révélation. Ils me pardonneront ainsi, je l'espère, les longueurs d'un récit qui n'a point été composé essentiellement pour eux. C'est aussi tout ce que je leur demande. Et quant aux lecteurs que j'ai eu particulièment en vue, si cette histoire ne les intéresse pas , à coup sûr il leur sera toujours loisible de la mettre de côté.
Je ne saurais déposer la plume sans témoigner ici ma sincère reconnaissance envers tous ceux qui m'ont aidé dans ce travail, soit en me communiquant des matériaux essentiels, soit en me racontant leurs souvenirs personnels, soit encore en m'ouvrant libéralement les trésors de leurs bibliothèques. Plusieurs d'entre eux ont dès lors quitté ce monde, entre autres le cher et regretté professeur S. Chappuis, les pasteurs Louis Germond père et S. Thomas. Parmi ceux qui vivent encore, je citerai en première ligne M. L. Burnier, ancien pasteur à Morges. Les nombreux entretiens qu'il