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MIGRATIONS DES BARBARES

nomade arrivé de TAsie .: ofi' les a identifiés avec les- Biognou, une nation mongole, ^ (|Qi avait dominé anciennement sur une grande partie de FAsie centrale. Au premier siècle de notre ère,. leur domination avait été renversée par ]e& empereurs de la Chinée Les Huns émigrèrent alors en masse à travers TAsie et, passant les monts Ourals, arrivèrent aux rives du Volga. Ils y rencontrèrent la . tribu parmate des Alains', qui habitaient les plaines entre le Volga et le Don. Une partie des Alains se retirèrent dans le Caucase, où ils défendirent leur indépendance^. Les autres, vaincus par les Huns, furent forcés de les suivre. Les Huns étaient ainsi arrivés jusqu'au Don, qui formait alors la frontière entre l'Asie et l'Europe*.

Sur cette frontière s'étendait l'empire récent des OstGoths. Le vieux roi Hermanric s'apprêtait à résister à ces hordes asiatiques, en leur opposant tous les peuples réunis sous son sceptre, lorsqu'il fut assassiné. Son successeur Withimer périt peu après dans une grande bataille, qui mit fin à la domination des Ost-Goths. Tous les peuples, soumis aux Goths, passèrent sous le joug des Huns, qui domiuèrent pendant soixante ans, sans renoncer à leurs mœurs nomades, dans la région qui s'étend depuis le Volga jusqu'à l'Oder.

Quant aux Visigoths, ils étaient encore moins en état dé résister aux Huns, aifaiblis qu'ils étaient par leurs divisions en deux partis, l'un payen sous le roi Athanaric, l'autre

contenant les évangiles, en lettres d'argent et d'or sar parchemin pourpré. Ce^i en même temps an spécimen de Talphabet qu'Ulfilas composa pour les Goths, en combinant les lettres grecques et romaines. La dernière édition est : Massmann, Die hl. Schrifl ingoihiseher Sprache, Stutgart, 1856.

1) L'origii^e mongole des Huns est démontrée par leur type physique tel que l'ont décrit Ammien Marc. 31 : 2; Sidoine Apollinaire. Paneg. Anthemit T. 245; Jordanis, c. 35, comme par leur genre de vie nomade Mais quant A leur identité avec les Hiognou, thèse défendue par de Guignes, elle n'est pas admise par tous les modernes.

^) Voir plus haut, p. 12.

^) Ammien Marc. 31 : 2.

V Jordanis, Getica 5 : • Hic (Thanaïs) Asiae Europaeque terminus famo* sua habetur. »

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<$hr6tien, formé dune tribu qui reconnaissait pour chef Fridigera. A Tarrivée des Huns, le roi Athanaric, avec ses partisans, se retira dans les Carpatbes, tandis que les chrôtiens, avec leurs chefs Fridigern et Alaf, acculés au Danube, sollicitaient la permission de passer la frontière pour échapper aux Huns. L'empereur Valens, qui régnait en Orient, accorda à cette fraction des West-Ooths la permission de s'établir dans la Thrace depuis longtemps dépeuplée, à la «condition qu'ils livreraient leurs armes et donneraient leurs enfants en otage.

Les Goths et l*empire d*0rient.

Ces Goths n'étaient pas moins de 200,000 adultes, accompagnés de leurs familles. Ils furent parqués dans un territoire peu étendu, obligés, pour se ravitailler, de recourir aux gouverneurs romains de la province. Ceux-ci voulurent profiter de cette occasion de s'enrichir, et se livrèrent aux plus honteuses exactions. Les Goths se révoltèrent et se vengèrent par la dévastation du pays. L'empereur Valons accourut à la tête d'une nombreuse armée. Mais à la bataille d'Andrinople, il fut vaincu et tué (A*378)*. Les Goths étendirent leurs ravages jusque sous les murs de Ck)nstantinople. Le collègue de Valens dans l'empire, Gratien, qui régnait sur l'Occident, appela alors, pour succéder à Valens, le général espagnol Théodose et lui confia la défense des provinces d'Orient contre les barbares. Théodose justifia ce choix en remportant une grande victoire sur les Goths, et la guerre se termina par un traité en règle, conclu avec Athanaric, qui, après la mort de Fridigern, avait consenti à renoncer au paganisme', avec le reste des Visigoths, et était venu rejoindre l'autre fraction de son peuple, déjà établie dans l'empire : en vertu de ce traité, les Visigoths reçurent

I) Ammiea Marc. 31 : 4-13. Jordanis, GeUca, 26. Orose, VU : 33. Voir Jadeich, Die SMachi bei Adrianopel (vol. VI de la D. Z. ft)r Gaschichtwia- MOtohaft).

<) Socrate, Hist. êccl. IV : 27. Sosoméne, Hist. ecd. VI : 36.

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4les terres dans la Mœsie 6t jouirent d*une grande aatonoinie« tout en reconnaissant la souveraineté de l'empereur et -en s*engageant à lui fournir un contingent de 40,000 hommes {A^ 380) ^ Athanaric mourut Tannée suivante à Constant!iiople(A''381)*. Les Goths demeurèrent fidèles à cet engagement, et aidèrent Théodose à repousser les autres barbares, Huns et Ost-Goths, qui infestaient la frontière du Danube. -Cependant, en Occident^ le jeune Valentinien avait succédé à son père Gratien. Un Franc d'origine, Arbogast, commandait ses armées. La mésintelligence éclata entre l'empereur et son général, et Valentinien fut trouvé mort dans son lit. Arbogast, accusé de ce meurtre, appela au trône le rhéteur Eugène^. Mais Théodose refusa de reconnaître cette usurpation et dans une bataille livrée en Italie près d'Aquilée, avec le concours de ses Goths, Théodose remporta et réunit ainsi pour la dernière fois les deux moitiés de Fempire romain (A^ 394). En eflfet, après la mort du grand Théodose •{A* 395), l'empire fut partagé définitivement entre ses deux fils, Arcadius, qui obtint FOrient, et Honorius, appelé à régner en Occident. Les barbares profitèrent de cette division funeste, de la faiblesse des successeurs de Théodose et des intrigues de leurs ministres, pour gagner de plus en plus du terrain dans Tempire, tandis que la politique maladroite des Romains, qui s'efforçaient d'opposer une nation barbare à lautre, acheva de fortifier la situation de celles-ci dans les provinces romaines.

La plus puissante de ces nations, les Visigoths, établis dans l'Empire d'Orient, ne tarda pas à se révolter de nouveau à la suite de la destitution de l'un de ses chefs, Alaric, ^ui avait reçu un commandement militaire sous Théodose, et ^ui le perdit par les intrigues de Rufin, ministre d* Arcadius. Alaric était issu de la dynastie nationale des Baltes^ ; il n'eut

1) Jordaniff, i». 27-28.

«) Idatîa8;(A«381).

>) Solpice «Alexandre, Fragm, dans Grégoire de Tours, II, 9. Zosime, IV, 5S^. Orose, VII, 35.

^] Jonlanis, 29 : « Alarieo... Balthorum ex génère origo mirifica. » 7«oei]iie V, 5. Claadien, in Ruf/inum II, 7- 100.

pas de peine. à rallier tous les Goths sous son autorité, et,. avec eux, il se vengea en dévastant les plus belles provinces de l'empire d'Orient en Europe, la Macédoine, la Grèce, riUyrie. A la fin, il força le successeur de Rufin, le ministre- Eutrope, à l'investir du gouvernement de l'IUyrie, dans le voisinage immédiat de l'empire d'Occident.

Les Goths et Tempire d*0ccident.

A partir de ce moment, les Goths commencèrent à convoiter les richesses de l'Italie, poussés d'ailleurs par la cour de Constantinople, qui ne demandait qu'à se débarrasser de ces barbares. Dans une première expédition Alaric porta ses ravages jusqu'en Ligurie(A*^ 402). L'année suivante, il revint à la charge; mais cette fois il fut défait par le général romain Stilicon, dans les batailles de Pollen tia et de Vérone (A*" 403)". Stilicon était un Vandale d'origine, ma,m tout dévoué aux intérêts de son maître, le jeune empereur Honorius*. Stilicon eut encore le mérite de sauver Tltalie d'un danger plus grand : une masse innombrable de barbares de la Germanie, mis en branle à la suite des progrés des Huns, et conduits par un chef Rhadagast, pénétra en Italie par les Alpes, jusqu'en Etrurie; Stilicon réussit à les cerner dans les défilés des Apennins, où un grand nombre périrent avec Rhadagast. Le reste repassa les Alpes (A° 406)^-. Mais pour leur résister, Stilicon avait dû dégarnir de troupes la frontière du Rhin, qui fut aussitôt franchie par de nouvelles hordes d'autres barbares, qui mirent la Gaule au pillage^. En même temps, les légions romaines de la Grande-Bretagne proclamaient empereur leur général^ nommé Constantin, qui fit cause commune avec les barbares

1) Claudien, De bello Getico, 302-420; id. De VI consulatu Honorii, Orose VII, 37.

2) Keller, Stilicho, GescMchie des Westrom. Reichs von 394-408. Berlin, 1«64.

3) Jordanis, Geiica, 31 ;Zosime V, 26; Orose, ib, ^) Prosper, Chronicon (A» 406).

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