I. — LES ORIGINES NATIONALES DE L'EUROPE
lo Les origines celtiques.
Tkxtbs orbcs : Hérodote ; — Polybe ; — Strabon ; — Historiens byzantins (Extraits des auteurs grecs concernant les Gaule?. Paris, lb78- 1881. 3 vol. p. p. la Société de l'bistoire de France). — Tbxtes latins : César. — Pline. — Trogue-Pompée. — Tacite. — Textes celtiques : Recueil des inscriptions gauloises, (p. p. la Commission de la topographie de la Gaule). — Ancient laws ofireland vol. I. : Senchus Mor, Dublin, 1865.
TliAVAUX MODERNES : Arbols de Jubainville, Les premiers habitants de FEurope. Paris, 18T7. — Diefifenbach, Celtica. Stutgart, 1840, 3 vol. — Walter, Las alfe Wales. Bonn, 1859. — Valroger» La Gaule celtique. Paris, 1879. — Contzen, Die Wanderungen der Kelten, Leipzig, 1861. — Arbois de Jubainville, Etudes sur le droit celtique. Paris, 1881. — Thierry (Am.), Histoire des Gaulois. Paris, 1840. — Cuno, Die Kelien. Leipzig, 1878.
Par leurs origines nationales, les anciens habitants du continent européen* se rattachent pour la plupart à trois grandes races qui ont prévalu sur toutes les autres races : les CeUeSy — les Slaves, — les Germains^. Le domaine de la race celtique comprenait autrefois toute l'Europe occidentale depuis les Alpes et les montagnes de Bohême jusqu'à l'océan Atlantique. On y range : 1® les Ligures, dont font partie les Aquitains (Guyenne), et auxquels on a voulu rattacher parfois les Ibères (Ebre) de l'Espagne ^ Les
^) Dans la géographie du moyen âge, le continent européen ne B*étend pas joequ'auz monts Ourals ; la plus grande partie de la Russie actuelle appartenait encore à TAsie, qui n'était point limitée alors par une frontière naturelle ; on ne peut en tracer qu'une frontière idéale partant de la mer Baltique et allant rejoindre la mer d'Azof. Voir Kiepert, Sandbuch der Géographie, p. 27.
S) Voir le tableau synoptique ci-contre, qui fera mieux saisir, que de longs déreloppementB, la filiation de ces races, constatée par la parenté des langues.
3) La nationalité des Ibères est obscure : si le basque, langue des Vascons, était celle de tous les Ibères, il faut exclure les Ibères non seulement du gronpe celtique, mais même de la classification indo-européenne ; car le basque est une langue irréductible. Cette exclusion des Ibères entraînerait celle des Aquitains, que César distingue en effet des Celtes ou Gaulois - Ungua, institutis, legibuS ». Mais U leur donne pour limite la Garonne. Tout le reste de la Gaule au sud de la Loire était occupé par les Ligures,
Ligures habitaient entre la Loire (Liger, Ligys), qui a conservé leur nom, et la Méditerranée, dont ils occupaient le littoral jusqu'au golfe dit de Ligurie ; — 2* les Celtes proprement dits, appelés Galates chez les Grecs, Gaulois par les Romains ; ils occupaient la Gaule au nord des Ligures et se subdivisaient en un grand nombre de tribus : les principales étaient les Séquanes (Seine), les Eduens^ les Arvemes (Auvergne) et les Venèles (Vendée) ; — 3* les Belges, parmi lesquels il faut distinguer les Celtes proprements dits, Rhémois^ Suessions, Atrebates (Artois), Menapiens (Mempisque), de ces tribus germaniques^ que César signalait déjà sur la rive gauche du Rhin, sur la Meuse inférieure (Ton grès), et dont il fait des Belges aussi, dans le sens géographique de ce mot ; — 4® les Celles transalpins, établis sur tout le cours supérieur du Danube, à savoir les Helvètes, qui s'étendaient jusqu'au Mein ; les Bdiens, qui ont laissé leur nom à la Bohème ; les Taurisques du Noricum, les Scordisques de la Pannonie, auxquels il faut peutêtre ajouter les Bastarnes dans les Carpathes*.
Du continent, la race celtique avait gagné et peuplé les grandes îles voisines de l'Atlantique, la Britannie (Grande
dont la langue s'est perdue de bonne heure, en sorte que leur nationalité celtique n est pas démontrée. Cf. Dieffenbach, II, p. 22-52 ; Contzen, p. 37-43. Bertrand, Les Ibères et les Ligures de la Gaule. Paris, 1883.
1) Sur les Germani cisrhenani de César (VI, 2 cf. ib. 32), qui reçoivent dans Tacite, Germ. 2, le nom de Tungri, voir plus loin, p. 18. Us occupaient le bassin inférieur de la Meuse, depuis assez longtemps (• antiguUus Rhenum transductos •>, César, tô. II, 4), et déjà avant la migration des Cimbres et des Teutons, A^ 113 av. J.C. 11 y a donc lieu de distinguer deux groupes de Belges, Tun celtique, dans le bassin de l'Escaut, l'autre germanique, dans le bassin de la Meuse.
<) La nationalité des Bastarnes (Diefifenbach, II, p. 218-229) est discutée : celtique d'après les premiers auteurs qui en parlent, Poljbe 26 : 9, Plut. Paul, 9, 12, Livius 44 : 26 ; mais ces auteurs ne distinguent guères entre Celtes et Germains ; germanique, d'après Pline 4 : 14 ; Tacite Germ, 46, ce dernier specide même en quoi ils le sont : sermone. Mais ce qui reste inexplicable dans ce cas, c'est qu'on les trouve déjà sur les frontières de la Thrace A Tépoque macédonienne, 50 ans avant la plus ancienne migration germanique.