‹ Histoire du Musée de BordeauxChapitre 5 sur 33 · I. ' ..!«' il · texte numérisé non relu

I. ' ..!«' il

LONSING (François- Loi

plafond de la salle de spectacle de Bordeaux, intitulé É pitre à Robin. Je n'entreprendrai pas d'y répondre pour défendre mon ouvrage ; mes figures sont là ; qu'elles plaident et leur cause et la mienne, je ne m'en mêle plus. > Mais il s'amuse à attaquer l'auteur de YÉpitre dans une pièce de soixante vers, dont toutes les rimes sont en ure et ent.

Or, raisonnons tranquillement.

Quel est le fruit de la lecture

De ton épître au ton mordant?

Quand la critique est une injure,

Quel est le bien qu'elle procure?

. . . L'artiste plus tranquillement

D'un sot écoute la censure

Ou s'en offense faiblement.

. . . Qui rime doit être prudent ;

Qui mord doit craindre la morsure

Mais quand (sic) au public, je t'assure,

Si tu prises son jugement,

Qu'il voit d'un œil indifférent

Tes vers, les miens et la peinture.

Et Lacour conclut sagement en prose : « Vous voyez que je suis loyal dans ma manière de combattre; peintre, j'ai déposé mes pinceaux et mes crayons, pour n'user envers un poète que de ses propres armes. . . On n'est pas plus connaisseur en peinture pour posséder quelques mauvais tableaux, que je ne suis poète, moi, pour avoir fait des méchans vers*1). »

Pas plus que Robin, le peintre Lonsing n'a appartenu à l'Académie (2). Né à Bruxelles en 1743, François-Joseph Lonsing fut

(*) Lacour a parfois écrit en vers. Le Bulletin Polymathique de 1814 (pages 65-67; publie de lai an Apologue assez développé intitulé Les petits Roquets et le grand Chien.

[}) Voir Notice historique sur la vie et les ouvrages de F.-J. Lonsing, peintre, lue à l'assemblée de la Société des Sciences, Belles- Lettres et Arts de Bordeaux, par M. Gcrthals, membre de ladite Société, le 23 thermidor an XIII (Bulletin Polymathique du Muséum d'instruction publique de Bordeaux, troisième année an X1I1, 1804, pages 298-304). Le catalogue Vallet, qui fait de Lonsing un peintre de l'École française, lui attribue par une double erreur comme lieu et date de naissance la ville d'Anvers et l'année 1737.

envoyé en Italie, le 30 avril 1761, par les soins du prince Charles de Lorraine, qui lui accordait une pension de 400 florins. Après plusieurs années passées à Rome, le jeune peintre séjourna à Lyon; puis il arriva à Bordeaux en 1783. Il portait son propre portrait qui excita un vif enthousiasme et lui attira diverses commandes, entre autres celle du portrait du duc de Duras.

Le duc de Duras dont Lonsing fit le portrait, entre 1783 et 1790, était Emmanuel-Céleste-Augustin, fils d'Emmanuel-Félicité, membre de l'Académie française depuis 1775. Né le 28 août 1741, Emmanuel-Céleste-Augustin, dernier seigneur de Blanquefort, duc de Durfort (par brevet), en 1759, duc de Duras, en 1789, à la mort de son père, maréchal de camp, premier gentilhomme de la Chambre, fut élu, en 1790, commandant en chef des Gardes nationales de Guyenne. Après avoir essayé en vain de conserver ses troupes à la cause royale, il dut émigrer en Angleterre, où il mourut le 20 mars 1800. C'est la belle-fille du dernier seigneur de Blanquefort, Claire-Louise-Rose-Bonne de Coëtnempren de Kersaint (22 février 1778-10 janvier 1828), épouse d'Amédée-Bretagne-Malo, duc de Duras (5 avril 1771- 1er août 1838), qui publia deux romans dont la vogue fut immense sous la Restauration, Ourika et Edouard.

Lonsing quitta rarement la ville de Bordeaux ou ses environs ; et il mourut, le 16 avril 1799, alors qu'il était occupé à la décoration du château de Lalouvière, à Léognan, propriété de M. Mareilhac, négociant bordelais. « Le génie de la peinture — dit Goethals — semblait se plaire à embellir ses derniers momens. M. Mareilhac lui offrant quelques secours, Lonsing lui serra la main, disant : « Comment trouvez-vous mon plafond ? » Et il expira. Il fut inhumé dans le cimetière de Léognan-en- Graves W. >

(') Léognan est une commune de l'arrondissement de Bordeaux, canton de La Brède. Le château de Lalouvière ou Louvière appartient encore aujourd'hui à la famille Mareilhac. Le protecteur de Lonsing, Jean-Baptiste Mareilhac, né a Bordeaux en 1750, mort en 1838, fut maire de Bordeaux en 1797. Bélus (1794-1873), fils de Jean-Baptiste, fut maire de Léognan en 1827 et de Caudéran en 1860* Alfred (1819-1882), maire de Léognan en 1860, créa un vignoble modèle au château de Louvière.

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