C. — Académie de Peinture
Le Musée s'est enrichi, peu à peu d'un certain nombre de tableaux qui avaient figuré aux salons de l'ancienne Académie de Peinture, ou qui étaient l'œuvre des membres de la Compagnie.
Au salon de 1774, Pierre Lacour, agréé, avait exposé Loth et sa famille que les anges pressent d'abandonner sa maison^K
t1) Catalogue Vallet, édition de 1894, n° 486. C'est par erreur que ce catalogue t'ait de Cureau un peintre du xvni» siècle.
(l) G. Brunet : Archives de VArt français, t. II, p. 127. — Voir Ch. Braquehaye, Les Peintres de VHôtel de Ville de Bordeaiuc, p. 179 et suivantes.
(8) Catalogue Vallet, édition de 1894, n* 937. — Le Musée Lapidaire possède plusieurs morceaux importants du socle en marbre de cette statue. On trouve dans Le Livre des Bourgeois de Bordeaux (Société des Archives historiques de la Gironde, 1898), la phototypie de la partie du socle où étaient représentées les armoiries de Bordeaux.
(*) Ce bronze est déjà mentionné dans la Notice de 1839, où il porte le n° 427. — Dans son Catalogue manuscrit de 1846, Pierre Lacour fils met cette réduction au nombre des « monuments de sculpture appartenant au Musée par déplacement ».
(5) Catalogue Vallet, édition de 1894, n° 936.
(6) Ch. Marionneau : Les Salons Bordelais, p. 152.
LEUPOLD (Jean-Jacques). - Portrait d'homme.
Ce tableau a été acheté par la Ville en 1846 W. Au salon de 1782, « M. Lacour, académicien », avait exposé Bidon et Énée dans la grotte^. Ce tableau a été acheté par la Ville en 1885®. Le Paierait d'un acteur^, peint en 1784, a passé du Grand- Théâtre au Musée en 1880.
En 1854, Lacour fils a donné au Musée une gouache sur parchemin de Gonzalès, Ruines d'une cathédrale gothique® . Ces ruines sont, probablement, l'un des nombreux « tableaux à la gouache » qu'Antoine Gonzalès, né en 1741 à Bordeaux où il devait mourir en 1801, professeur- adjoint de géométrie et de perspective à l'École Académique de Bordeaux à partir de 1786, exposait au Salon de 1787 sous des titres à peu près semblables : Ruines gothiques, Intérieur d'une Église gothique, etc. w>. En tout cas, cette gouache provient de la collection de l'Académie.
La Tète de vieillard &, œuvre de Toul, donnée également au Musée par Lacour fils en 1854, provenait, elle aussi, de l'Académie. Jean Toul, né à Trêves en 1734, membre de l'Académie, dès son origine en 1768, recteur en 1773, prit une part importante à toutes ses expositions (8) et'mourut à Bordeaux le 1er février 1796.
En 1882, M. A. Potié donnait un Portrait d'homme®, œuvre de Jean-Jacques Leupold. Peintre ordinaire de l'Hôtel de Ville, professeur à l'Académie dès sa fondation, Leupold a exécuté un grand nombre de portraits. Il a continué jusqu'à la Révolution l'antique usage de peindre en pied les jurats en exercice. Il a exposéauxSalonsdel771,de 1774, de 1776, de 1782 etde 1787. Le tableau donné au Musée est le portrait d'un membre de la famille Duviella. Leupold est mort à Bordeaux le 19 septembre 1795 (10).
(*> Catalogue Vallet, édition de 1894, n° 617. (*» Ch. Marionneau : Les Salons Bordelais, p. 179. j») Catalogne Vallet, édition de 1894, n9 627. <*> Catalogue Vallet, édition de 1894, n° 628. j5i Catalogue Vallet, édition de 1894, n° 590. (6j Ch. Marionneau : Les Salons Bordelais, p. 202-203.
t7) Catalogue Vallet, édition de 1894, n" 798. — Le Catalogue dit, par erreur, que Toul est né à Bordeaux.
»*» Ch. Marionneau : Les Salons Bordelais, p. 137, 148, 160, 172, 200.
<•> Catalogue Vallet, édition de 1894, n° 662.4
(i°) Ch. Marionneau : Les Salons Bordelais. — Notice sur Leupold, p. 299-301.
En 1854, la Ville a acheté deux bas-reliefs de Deschamps,
sculpteur-statuaire, agréé à l'Académie en 1774, puis académicien et professeur, adjoint à recteur pendant les années 1784, 1788 et 1789. Nous connaissons le titre d'un grand nombre de terres cuites, de bas-reliefs et de bustes en plâtre exposés par cet artiste aux Salons de 1771, 1774, 1776, 1782 et 1787 <l>. Les deux bas-reliefs acquis par la Ville en 1854 n'ont pas longtemps figuré au Musée. « Le Catalogue du Musée de Bordeaux, édition de 1855 — dit Marionneau<2) — cite de Deschamps deux basreliefs en terre cuite achetés par la Ville en 1854. On est surpris de ne plus retrouver cette indication dans les nouvelles éditions du catalogue. » On lisait en effet dans ce catalogue (8' :
« Deschamps, né et mort à Bordeaux au xviii6 siècle.
> 6. Sacrifice à Minerve, bas-relief en terre cuite, acheté en
> 7. Sacrifice à Jupiter, bas-relief en terre cuite, acheté en 1854 >.
Pour ce qui est de l'auteur de ces deux bas-reliefs, Pierre Lacour fils se montre moins affirmatif dans la rédaction de la note où il inscrit à l'inventaire, sous les n0§ 76 et 77, ces deux basreliefs entrés au Musée le 2 juin 1854 : « Sacrifice à Minerve, bas-relief esquisse en terre cuite (haut. 36 cent., larg. 50 cent.); Sacrifice à Jupiter, bas-relief esquisse en terre cuite, pendant du précédent et de la même grandeur. Valeur 200 francs. Ces deux bas-reliefs, ouvrages d'un artiste bordelais, paraissent être ou de Deschamps, ou d'un des deux Vernet, membres et professeurs de l'ancienne Académie de Peinture, de Sculpture et d'Architecture de Bordeaux, agréés par elle en 1770 et 1771. Ces bas-reliefs appartenaient à M. Pourmann, négociant, à qui ils ont été achettés (sic) deux cents francs. » Ces deux terres cuites ne sont plus mentionnées dans le catalogue de 1862 dont Y Introduction ne donne que ce renseignement : « La Ville a en outre
(l) Ch. Marionneac : Les Salons Bordelais, p. 141, 156, 164, 183, 207. (*i Ch. Marionnkau : Les Saterus Bordelais, p. 273. (•) Catalogue de 1855, p. 262.
acheté [en 1854J deux bas-reliefs en terre cuite attribués à un sculpteur bordelais de la fin du xvine siècle W. »
Jean Briant (4 février 1760-20 août 1799) n'a pas été membre de l'Académie, mais il lui a appartenu comme élève. Fils d'un ferblantier établi au pied du clocher de Pey-Berland, envoyé par son père en apprentissage chez un confrère de Toulouse, Briant avait un tel goût pour la peinture qu'il fallut, à son retour de Toulouse, lui permettre de quitter la ferblanterie et d'entrer dans l'atelier de Lacour. Lauréat dès la distribution des prix de 1784, titulaire en 1786 du grand prix de peinture, il obtint une bourse de 500 livres pour aller se perfectionner à Paris. Les Jicadémiciens lui fournirent même les moyens de passer ensuite en Italie. Briant devait s'acquitter de sa dette en envoyant un paysage à chacun de ceux qui avaient contribué à la souscription ouverte en sa faveur. Il parait qu'il tint exactement sa'promesse. De retour à Bordeaux, en 1789 ou 1790, il quitta, aussitôt après la mort de son père, sa ville natale qu'il ne devait plus revoir. D'anciennes amitiés l'appelaient à Toulouse où il fut nommé Conservateur du Musée du Midi de la France, dont l'inauguration précéda de bien des années celle de la galerie des tableaux de Bordeaux. Atteint d'un mal incurable, les brutalités des hommes au milieu desquels il avait dû être incorporé, pour prendre part à l'expédition des patriotes de Toulouse contre l'Ile-en-Jourdain, hâtèrent la fin du malheureux artiste qui mourut avant d'avoir accompli sa quarantième année &K
Des innombrables tableaux peints par Briant, soit en Italie, de 1786 à 1790, soit dans les Pyrénées, de 1793 à 1799, le Musée de Bordeaux ne possède qu'un Paysage® — une vue d'Italie prise à Tivoli — acheté par la Ville en 1846.
i1) Catalogue de 1862, Introduction» p. 32. Je n'ai trouvé aucun renseignement sur le sort de ces deux bas-reliefs. « Je ne puis rien dire au sujet de ces terres cuites que je n'ai jamais vues au Musée. On n'a pu me fournir aucun renseignement à leur sujet à l'École des Beaux-Arts. » (Note communiquée par M. Vallet en octobre 1898.)
(f) Catalogue de 1855, p. 64-65, — Les éléments de la longue notice consacrée à Briant par les rédacteurs du catalogue de 1855 sont dus a M. Dumèok, de Toulouse, (t) Catalogue Vallet, édition de 1894, n° 436.
D. — Collections Particulières.
Jean-Baptiste Robin n'appartenait pas à l'Académie, mais il a eu la gloire de l'emporter sur l'académicien Lacour, auteur d'un « Projet d'un plafond pour la salle de spectacle de Bordeaux; sujet allégorique », exposé au Salon de 1774 M. C'est le projet de Robin qui fut préféré ; il en existe une gravure par Lemire que la Ville a achetée en 1886®.
L'esquisse du plafond de Lacour manque au Musée de Bordeaux. « Elle a été exposée de nouveau en 1882, dans la section d'art ancien à la XIIe Exposition de la Société Philomathique de Bordeaux ; cette peinture appartient à M. le Dr des Maisons, au Bouscat (Gironde) <3>. > En voici la description d'après 1' « Explication » du Salon de 1774 : « Apollon vient éclairer les Arts et les présenter à la Ville de Bordeaux qui paroit les accueillir. Le maréchal de Richelieu se rend leur Protecteur, et, pour les encourager, leur fait distribuer des Médailles; en reconnaissance, les Dieux prennent soin de sa gloire; Pallas grave ses conquêtes sur son bouclier; la Renommée, en les regardant, part pour les annoncer à l'Univers. Vénus joint aux lauriers de Mars les mirthes (sic) de l'Amour et, de concert avec son fils, elle le couronne. Les Grâces forment une guirlande de fleurs, avec laquelle deux petits Amours enchaînent ses armes qu'ils portent au Temple de l'Immortalité. La Ville de Bordeaux est supposée sur les marches d'une Douane où l'on vient déposer des marchandises ; Mercure, comme Dieu du Commerce, y préside. »
Le projet de Lacour ne fut pas adopté. C'est, dit Marionneau <4),
(*) Cm. Marionneau : Les Salons Bordelais, p. 152.
(*) Catalogue Vallet, édition de 1894, n* 767. — Élève de Le Bas, le graveur Noël Le Mire, né a Rouen le 20 novembre 1724,. mort à Paris le 21 mars 1804, est surtout célèbre par sa gravure : J^e Gâteau des Rois ou le Partage de la Pologne, planche qui fut brisée par ordre de l'autorité.
(*) Ch. Marionnkau : />* Salons Bordelais, p. 286.
(*l Ch. Marionneau : Victor Louis, sa vie, ses travaux et sa correspondance. Bordeaux? 1881, p. 296.
sur la recommandation de Louis lui-même et du maréchal de Mouchy que Robin fut chargé de peindre le plafond du Grand- Théâtre. Le projet fut agréé par l'intendant de Guyenne Esmangard en octobre 1774. Dès le mois de novembre 1774, l'esquisse en grisaille était faite. Une fois exécutée, et elle le fut rapidement, l'œuvre définitive obtihfc un grand succès. « Ce qui par dessus tout excita l'admiration — dit Gaullieur l'Hardy <*>, — c'était le tableau-plafond peint par Robin... Cet artiste... sut... grouper ses figures et varier ingénieusement le pourtour au-dessous de la corniche en ménageant, au centre de cette riche coupole, une teinte azurée d'un effet vaporeux, de manière à faire croire aux spectateurs que sa forme était en hémicycle. Le prestige n'a cessé que du moment où l'on a osé substituer à ce chef-d'œuvre de perspective aérienne, comme de perspective linéaire, une toile sur laquelle on peignit de grossières figures adhérentes. La lourdeur de ces images, en détruisant l'illusion visuelle due uniquement au crayon de Louis, assisté du pinceau d'un peintre habile, dénonça, au lieu de cette apparente simplicité du dôme, l'existence d'une simple voûte surbaissée. > C'est en 1799 que le plafond de Robin fut modifié. « Le Grand-Théâtre dut fermer ses portes provisoirement, pour cause de réparations urgentes à la charpente. Ces réparations entraînèrent l'obligation de repeindre le plafond, qu'un mauvais éclairage avait enfumé ; les peintures décoratives de la salle furent refaites par Drahonnet. On critiqua ces modifications. M. de Lhospital publia les Adieux au plafond de Robin et aux décorations de Gonzalès&h >
En effet, dans sa séance du 26 pluviôse an VII (14 février 1799), l'Administration centrale du Département de la Gironde ordonnait des réparations indispensables : la fumée de lampes mal entretenues et alimentées d'huile de qualité inférieure avait noirci les peintures du plafond. Le 23 ventôse (7 mars),
(â) Gaullieur L'Hardy : Portefeuille de Louis, Paris, 1828, p. 50.
(*) R. Céleste : Les Théâtres de Bordeaux sous le Directoire. Bordeaux, 1899, p. 14. (Extrait de la Revue Philomathique de Bordeaux et du Sud-Ouest, numéro du !•» janvier 1899.)
sur les propositions d'une Commission d'artistes dont Lacour faisait partie, l'Administration confiait au citoyen Drahonnet le soin de faire les peintures nécessaires. « Sur les trois différentes idées que le citoyen Drahonnet a fournies pour la décoration du plafond, celle du parasol arabesque divisé en douze compartimens où seront peintes les Muses et les Grâces réunies avec le char d'Apollon, répandant la lumière qu'on apercevra par l'ouverture qui sera au centre, a été adoptée comme étant la plus ingénieuse; dans le bas des arcs formés par chaque compartiment, on verra dans le ciel les douze signes du Zodiaque W. »
Le citoyen Lacour, peintre d'histoire, était chargé de l'exécution des € figures et bas-reliefs allégoriques >. Le 4 germinal an VII (24 mars 1799), Lacour était associé à l'entreprise « seulement pour y peindre tout ce qui se trouvera de figures tant coloriées qu'en bas-relief >. Il devait recevoir comme honoraires le tiers net de la somme portée par la police générale. Le 27 germinal (16 avril), l'architecte du Département, Combes, délivrait le certificat assurant que les peintres avaient terminé leurs ouvrages suivant les détails mentionnés au devis.
Toute une polémique s'engagea au sujet du nouveau plafond : on ne ménageait pas Lacour, qui modifiait l'œuvre de son heureux rival de 1774. Le peintre se mêla lui-même à cette guerre de pamphlets.
Il existe, en effet, une sorte d'épître « aux artistes et aux amis des arts », petite plaquette de quatre pages, non datée, mais signée de Lacour « membre correspondant de l'Institut de Paris et professeur de dessein (sic) à l'Ecole centrale de Bordeaux ». Cette plaquette est donc postérieure à l'an 1796 où Lacour fut nommé correspondant de l'Institut et antérieure à la loi du 1er mai 1802 qui supprime les Ecoles centrales. Elle doit dater de 1799. — Le peintre constate qu'< il circule furtivement dans le public une critique sur les peintures du
(*) Archives départementales de la Gironde, série T. — Travaux de peinture exécutés au Grand-Théâtre de Bordeaux en Î799.
*•• i «■ . ï ! ■ i vt y
îi' , 'i ' ! « ' S i!' i '■ 'ss,i ' ! -> . v. **•
. -Mil ]•;'■ Il ."> l"s M : ï,'S <*î ! -s i'. :
: " f . * ; ver".» il iih i« <"•■' '( •
« ■ ii
.-' Il- . ' .\\ I •'•'•• 1 ii.'p : ». î " I «
: t ■ ■ ^-' in i: « :• i.--'-' * .
>'. | 'iiï- j>. » j «s ï" ■!<■ i»:. t ■* {••■/•.>, n- .i ii* I i « » ■ • 1 " -« i]:"ihlîj''
l'i -»• fci ï r- »'f !" >■•! :
.'Pi . v| i ■! ].] ' ■!,- ."Ïj, f' -,
':».'»■■ .j ] 1 ] « ii- «vî, » : , !••
i)r r1 1 ;'[•«<■ n:iï it s p«M i,