CHAPITRE II
Lee premiers envois. — Installation du Musée. — Le Legs Douoet — Pierre Lacour Conservateur de la Galerie des tableaux. — Mort de Pierre Lacour. (27 avril 1803-28 janvier 1814.)
Efforts du Préfet Dubois et du peintre Lacour pour hâter les envois
annoncés par le Gouvernement. — « Notice » des tableaux destinés &
Bordeaux. — Le Christ en croix de Jordaens. — « Etat des tableaux
choisis par la Commission pour la formation du numéro 10 attribué au
Département de la Gironde. » — Zèle du Sénateur Journu-Auber. —
Arrivée à Bordeaux du premier envoi comprenant vingt-neuf tableaux, le
8 floréal an XI (27 avril 1803). — Liste de ces vingt-neuf tableaux. —
Tableau de Ph. de Champaigne désigné sous le double titre de Songe de
Saint-Joseph et de Salutation angélique. — La question du Portrait
d'homme entre deux miroirs. — Exposition d'une partie de ces tableaux
à la Bibliothèque de l'ancienne Académie, en avril 1804. — Démarches
du Préfet Delacroix pour hâter le deuxième envoi. — Le Christ en
croix, de Jordaens, rendu à Bordeaux. — Expédition du second envoi,
le 12 prairial an XIII (1er juin 1805). — Liste des quinze tableaux composant le second envoi. — Les quarante-quatre tableaux formant le lot du n° 10 destiné à Bordeaux. — Opinions des critiques d'art sur la valeur de ces tableaux.
Nécessité de trouver un local pour ces tableaux. — Mort du Préfet Delacroix (2(3 octobre 1805) remplacé par Fauchet (1er février 1806). — Laurent de Lafaurie, baron de Monbadon, comte de Moncassin, nommé Maire de Bordeaux (14 septembre 1805). — Important rapport adressé au nouveau Maire par le Bibliothécaire Monbalon, en vue de l'organisation de la Bibliothèque, du Cabinet d'histoire naturelle, de la Galerie de tableaux et du Muséum d'antiques (28 décembre 1805). — Inertie de l'Administration Municipale. — Les portraits de l'Empereur et de l'Impératrice, commandés par la Municipalité au peintre Riesener (1800). — Buste en bronze de Napoléon, par Chaudet, qui est annoncé à la Municipalité ( 1808), et qui n'est jamais arrivé à Bordeaux. — Installation de M. Lynch comme Maire de Bordeaux (7 avril 1809). — Arrivée à Bordeaux de M. Gary, Préfet de la Gironde (14 avril 1809). — Important rapport adressé au nouveau Maire par le Bibliothécaire Monbalon (mai 1809). — Expression des mêmes doléances en décembre 1805 et en mai 1809. — Lettre de Lynch à Monbalon (26 août 1809). — Délibération du Conseil Municipal concernant l'établissement de la Galerie de tableaux (2 août 1809). — Plans et devis de l'architecte Bonfin, adoptés par le Conseil Municipal (2 août et 7 octobre 1809) et approuvés par le Préfet (1er septembre et 18 octobre 1809). — Le nom de Musée réservé par le Maire à l'ensemble des établissements littéraires, scientifiques et artistiques, appartenant à la Municipalité. — Arrêté du Maire en date du 1er octobre 1810.
Éloge de François-Lucie Doucet, prononcé par Pierre Lacour à
l'inauguration du nouveau local de l'Ecole de dessin (25 janvier 1810). — M. Doucet à Bordeaux : ses rapports avec Lacour. — Procuration passée devant le notaire Maillères, à Bordeaux, le 28 prairial an XIII (17 juin 1805). — « État et description des effets mobiliers appartenant
à M. François-Lucie Doucet, ancien orfèvre à Paris, laissés au pouvoir de MM. Lacour et Petit et qu'il destine à doter l'Ecole de dessin, de peinture et de sculpture dont on sollicite l'établissement à Bordeaux. » — Testament (15 juillet 1809) et mort (3 août 1809) de Doucet. — Acceptation du legs Doucet par le Conseil Municipal de Bordeaux (14 mai 1810). — Le legs s'adresse à l'École de dessin et non au Musée. — Histoire de la rente de cinq cents francs léguée par Doucet à l'Ecole. — Emploi de cette rente de 1814 à 1842. — Son emploi actuel. — Objets d'art légués par Doucet à l'École qui ont passé au Musée : Bustes de Napoléon et de Guillaume Tell par Boizot, tableaux de Seneyders, de Grimou, de Luca Giordano, de Caresme, de Zauffely ou Zoffani, de M»8 Vigée Le Brun, d'un inconnu de l'École Italienne.
Titres de Pierre Lacour au poste de Conservateur de la Galerie de tableaux et du Dépôt d'antiques. — Situation professionnelle de Lacour, directeur de l'Ecole municipale de dessin, professeur de dessin au Lycée Impérial, professeur du cours do Théorie de la peinture au Muséum. — Nombreuses œuvres artistiques de Lacour entre 1802 et 1810 : Y Avare endormi sur son trésor, le Mendiant et sa fille, la Vue d'une partie du port et des quais de Bordeaux dits des Chartrons et de Bacalan, le Portrait de la famille de l'auteur, le Portrait de F.-L. Doucet t le Portrait de Louis-Guy Combes, architecte, le Bon Samaritain. — Travaux de critique d'art et d'érudition archéologique. — «Les tombeaux de Saint-Médard d'Ayrans, dessinés, gravés et publiés par MM. Lacour père et fils. » — Arrêté municipal du 18 janvier 1811 qui nomme Lacour Conservateur de la Galerie de tableaux et du Dépôt d'antiques. — Eminents services du Bibliothécaire Monbalon. — Conflit entre Monbalon et Lacour. — Lettre de récriminations adressée par Lacour au Maire, le 12 mars 1811. — Conférence entre Lacour et Monbalon, le 16 mars 1811. — Monbalon adresse au Maire un rapport justificatif de sa conduite, le 19 mars 1811. — Décret impérial du 15 février 1811, qui distribue des tableaux à un certain nombre de villes dont Bordeaux ne fait pas partie. — Efforts du Préfet Gary pour que la Ville de Bordeaux soit comprise dans cette distribution. — Rapport pessimiste sur la pauvreté du Musée adressé par Lacour au Maire (août 1811). —
Insuccès des demandes de tableaux et de moulages adressées par le Maire au Ministère. — Moulages achetés sur les arrérages de la rente Doucct. — Tableaux envoyés par le Gouvernement au Musée à la fin de 1812 ou en 1813 : La Fuite en Egypte, paysage de Lallemand; La Vierge à la chaise, tapisserie ancienne d'après Raphaël ; Portrait de Rubens, copie ancienne exécutée par Cosson. — Offre de vente d'un tableau faite à la Ville par le sieur H. Guillot.
Mort de Lacour (28 janvierl814). — Obsèques de Lacour. — Discours prononcés par Combes, Alaux, Béraud et Laterrade. — Arrêté du Maire nommant Lacour fils directeur de l'École publique de dessin de Bordeaux. — Pièces de vers consacrées à la mémoire de Lacour. — Poème d'Hartman où les principales œuvres de Lacour sont décrites. — . Discours prononcés à la Distribution des prix de l'École de dessin (15 septembre 1814).
'est seulement en l'an XI que Bordeaux reçut le premier des envois de tableaux prévus par l'arrêté du ^j|§£ 14 fructidor an IX. «c Le 8 floréal an XI (27 avril 1803), on a reçu vingt-neuf tableaux envoyés par le Gouvernement à la Ville de Bordeaux. Ils ont été déposés dans une des salles de la ci-devant Académie des Sciences. Il doit en arriver seize autres incessamment, qui formeront le contingent destiné pour
cette Ville W. >
Bordeaux n'était pas la première des quinze villes désignées par l'arrêté consulaire qui reçût l'envoi annoncé par le Gouvernement. Les tableaux destinés à Rennes étaient partis le 30 pluviôse et le 10 floréal an XI (18 février et 29 avril 1803); ceux de Tours, le 5 ventôse an XI (23 février 1803); ceux de Marseille le 9 germinal an XI (£9 mars 1803); ceux de Montpellier, le 10 germinal an XI (30 mars 1803); ceux de Rouen, le 16 germinal an XI (5 avril 1803). Il convient, d'ailleurs, de remarquer que les villes de Tours et de Montpellier, qui profitaient les premières des libéralités du Gouvernement, n'étaient pas au nombre de celles à qui l'arrêté du 14 fructidor i-éservait spécialement ces libéralités.
I1; Bulletin Polymathique du Muséum d'Instruction publique de Bordeaux, cahier du 15 prairial an XI (4 juin 1803J.
Si Bordeaux n'avait pas obtenu son lot avant l'an XI, la faute n'en était pas au zèle du Préfet Dubois et du peintre Lacour.
Second Préfet de la Gironde — il avait succédé à Thibaudeau le 25 août 1800 (7 fructidor an VIII) — le Conseiller d'État Dieudonné Dubois a laissé à Bordeaux les souvenirs d'une administration utile et intelligente. Il établit le Mont-de-Piété par un arrêté du 2 septembre 1801 et fonda un prix qui devait être décerné par la Société des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Bordeaux. La question des tableaux promis au futur Musée, et dont on n'avait aucune nouvelle, ne pouvait le laisser indifférent. Il profita d'un [séjour que Lacour faisait à Paris pour tacher de hâter l'envoi annoncé à son prédécesseur Thibaudeau.
En 1802, Lacour, qui n'avait pas quitté Bordeaux pendant toute la période révolutionnaire, se trouvait à Paris pour des raisons de famille ; il était allé rendre visite à son fils Pierre.
Né à Bordeaux le 16 avril 1778, le fils du directeur de l'École de dessin avait montré, dès sa douzième année, d'étonnantes dispositions artistiques. Lacour le fit travailler lui-même assez longtemps. « Quand il comprit que son fils avait appris avec lui à peu près tout ce qu'il pouvait apprendre, que le terrain était suffisamment préparé et qu'il était temps de le livrer aux inspirations que développeraient dans son esprit l'étude des chefsd'œuvre l'enfermés dans Paris et les leçons des plus habiles artistes, il amena son fils dans la capitale. C'était en 1798; le jeune Lacour avait alors près de vingt ans. Son père regrettait beaucoup do l'abandonner ainsi seul au milieu des désordres de la grande Babvlone moderne, mais il avait connu à Paris et retrouvé à Rome le Nestor de la peinture française, son ancien maitre, le célèbre Vien, que la Révolution avait ruiné et qui, trop vieux pour avoir encore des élèves, consentait néanmoins à donner un logement chez lui au fils de son ancien élève. Restait à choisir au jeune homme un professeur W. » Lacour hésita entre deux de ses anciens camarades qui avaient suivi
(A) J. Delpit : Éloge de Pierre Lacour. Actes de l'Académie de Bordeaux, lSftt, p. 9.
HISTOIRE Dr MUSÉE DE BORDEAUX 75
l'un et l'autre les leçons de Vieil en même temps que lui, Jacques-Louis David, qui devait être le premier peintre de l'Empereur Napoléon, et André Vincent, le maître d'Horace Verne t. Mais David avait été un des membres de la Montagne à la Convention Nationale; il avait voté la mort de Louis XVI. Lacour se décida pour Vincent dont la gloire artistique était moins éclatante, mais dont la moralité politique lui semblait plus sûre. II lui confia son fils ; c'est pendant un des voyages qu'il fit à Paris pour aller voir ce jeune homme qu'il fut officiellement chargé de hâter l'envoi à Bordeaux des tableaux promis par le Gouvernement.
En effet, le 28 fructidor an X (15 septembre 1802), le Conseiller d'Etat Dubois, Préfet du Département de la Gironde, écrivait « au citoyen Lacour, professeur de dessin, actuellement à Paris > une -longue lettre adressée « au citoyen Lacour fils, rue Helder, chaussée d'Antin, n° 20, pour remettre, s'il lui plaît, à son père >.
Le Préfet commençait par donner la « Notice > des tableaux annoncés par le Ministre de l'Intérieur pour * le Muséum > de Bordeaux :
1° Situation^) angélique. — Ph. de Champaigne.
2° Le Christ en croix. — Jordaens.
3° L'Adoration des Bergers. — Crayer.
4° Saint-Bernard. — Guercino.
5° Portrait do Mie de Médicis. — Vandick.
6° Ma r tire (sic) de Saint George. — Rubens.
7° Couronnement d'épines. — Michel-Ange.
8° Lucrèce et Tarquin. — Le Titien.
9° Sortie de l'Arche. — Bassan.
10° La Vierge et V enfant Jésus. — PM de Cortonc. 11° La Magdelaine. — Le Titien.
12° Hercule chez Omphale. — Giordan.
13° La Vierge, V enfant Jésus, etc. — D'après Vandick. 14° Chasse aux lions. — Rubens.
(}) Il s'agit évidemment de la Salutation Angélique.
15° La Vierge, Saint Augustin, Saint Jérôme. — Pérugin. 16° Présentation au Temple. — Restout.
17° Baptême de Constantin. — M1 Corneille. 18° Saint Jean dans le désert. — M1- Ange. 19° Allégorie à la Religion, — Coypel.
20° Adwation à la Crèche. — Ecole flamande.
21° Le Christ entre Marie et Marthe. — Bassan.
22° Pourrait d'un guerrier ressemblant à Louis 14. — Mignard.
23° Cérémonie turque. — Inconnu.
24° Lœ Repas. — Idem.
25° M* du Châtelet. — Marianne Loir.
26° Le Christ en croix. — Attribué à Rubens.
27° L'Adoration des Rois. — Paul Véronèse.
28° La Femme Adultère. — Idem.
20° Portrait. — École flamande.
30° La Sainte-Famille. — Poussin.
31° Tête de Guerrier. — École italienne.
32° Sainte-Fa?nille. — P1 Véronèse.
33° Tête de Vieille. — Giordan.
34° Joseph expliquant les songes. — Sol i mène.
35° Abraham et ses serviteurs. — Ferdinand Bol-
30° Apollon et Marsias (sic). — Idem.
37° Portrait d'homme entre deux miroirs. — Inconnu.
38° Sainte-Famille. — Paul Véronèse et oncle.
39° La Femme adultère. — Le Titien.
40° David devant Saiil. — Esquisse d'un inconnu.
41° Jésus donnant les clefs à Saint Pierre. — Inconnu.
42° Un Prophète. — Restout.
43° L'Assomption. — Bunel.
44° Tête de femme. — D'après Trévisan.
45° Idem — Otto Venius d'après Correggio.
Cette « Notice » était accompagnée des indications et des demandes suivantes :
« Les tableaux que je désigne sous les numéros 4, 6, 10, 18, 10, 22, 23, 24, 26, 27, 28, 29, 30, 33, 35, 36, 42, 44, 45, au nombre de 19, sont en bon état, et le Ministre offre de les envoyer de suite, si je
pourvois aux frais d'encaissement et de transport ; ils ne doivent, au reste, être encaissés que sous les veux du Musée central.
> J'ai fait demander au O Dotezac s'il se chargerait du transport des caisses ; quand il a vu, d'après les dimensions des tableaux, qu'il y en aurait de 14 pieds de long sur 11 de large, il a refusé la commission, assurant qu'il est nécessaire de se concerter pour cet objet avec Y administrât ion générale des Messageries, rue des Victoires,
» Oserai-je vous prier, Citoyen, de voir l'adminfstrateur du Musée central? Je lui écris pour lui annoncer que vous voudrez bien vous concerter avec lui pour l'envoi des 19 tableaux. S'il faut prendre directement des mesures avec l'administration de la Messagerie, je compte encore sur votre complaisance.
> Mais toutes ces démarches ne nous mettront en jouissance que d'une partie de ce qui nous est destiné ; 20 autres tableaux ont besoin d'être restaurés, et le Ministre, se doutant bien qu'on y réussirait mal ailleurs qu'à Paris, ne s'en dénantira qu'après qu'ils auront été réparés sous ses yeux et à nos frais.
> Il est encore heureux, sous ce rapport, que vous vous trouviez à Paris dans cette circonstance. Personne n'est plus en état que vous de stipuler avantageusement les intérêts de la Ville de Bordeaux. Vous connaissez la modicité de ses revenus et l'immensité de ses besoins.
» J'espère que vous me axerez sous peu :
» 1° Sur les frais d'encaissement, les moyens et les frais de transport des 19 tableaux qui sont en bon état.
» 2* Sur les frais de restauration des 26 pièces dégradées.
» 3° Sur l'époque à peu près où on pourra les faire venir.
» Il faut ne rien négliger pour s'assurer la possession de ces chefsd'œuvre de l'art ; mais la situation de nos caisses nous commande aussi la plus stricte économie. »
La lettre se terminait par un post-scriptum : « Le tableau désigné par le n° 2 a été retiré par ordre de notre collection. Tâchez, je vous prie, de le faire remplacer » — et par une recommandation autographe de Dubois : « Envoiés-nous le plus-tôt possible les tableaux qui se trouvent en bon état. »
Le tableau n° 2, « Le Christ en croix, Jordaens > ne figure pas, en effet, dans Y < Etat des tableaux choisis par la Commission pour la formation du n° 10 attribué au Dép1 de la
Gironde ». Cet « Etat > — conservé aux Archives de la Division des Beaux-Arts — est conforme à la « Notice > que Dubois envoyait à Lacour; il est toutefois plus détaillé et plus exact. Les dimensions de chaque tableau sont indiquées en pieds et en pouces; le tableau de Ph. de Champaigne ne s'appelle plus la Situation, mais bien la, Salutation Angélique; la « Sainte- Famille. — P1 Véronèse et oncle > de la « Notice > est correctement désignée : Sainte-Famille (École vénitienne, sous le nom de Véronèse ou de son oncle).
Lacour commençait aussitôt les démarches dont la confiance du Préfet Dubois l'avait chargé. Il était utilement aidé dans sa tâche par un Bordelais, amateur éclairé et administrateur influent, Bernard Journu-Auber, ancien député à l'Assemblée législative de 1791, Sénateur depuis la Révolution de brumaire, membre de la Commission qui choisissait les tableaux pour les Musées de Province.
C'est la question d'argent surtout qui rendait difficile la mission de Lacour. Le Gouvernement avait spécifié que les tableaux seraient restaurés et expédiés par les soins et sous la responsabilité de l'administration du Musée central. Et l'administration du Musée demandait l'envoi préalable d'une somme de huit cents francs pour les frais d'emballage des tableaux en général et d'une autre somme de trois mille francs pour les frais de restauration des tableaux dégradés. « C'était en moyenne 115 francs par tableau, et la plupart n'avaient besoin que d'être nettoyés. Le Préfet employa tous les moyens possibles pour soustraire la Ville à cette obligation, ou du moins en diminuer le poids; tout fut inutile... Il fallut donc se résigner et prendre des mesures pour procurer les sommes demandées W. > Il convient, cependant, de remarquer que l'administration du Musée central fit preuve de bonne volonté : le 11 pluviôse an XI (31 janvier 1803), le citoyen Journu-Auber, membre du Sénat Conservateur, remit à l'Administration la somme de 800 francs; et, dès le 15 germinal (4 avril), un
(*) Pierre Lacour et Jllks Delpiï, Catalogue de 1855, Introduction, p. 15.
« premier envoie (sic) de vingt-neuf tableaux > était dirigé sur Bordeaux.
Voici la copie exacte de la liste de ces tableaux qui, on l'a déjà vu, arrivèrent à Bordeaux le 8 floréal (27 avril 1803) :