‹ Histoire du Musée de BordeauxChapitre 9 sur 33 · N° 10 BORDEAUX. — DÉP* DE LA GIRONDE · texte numérisé non relu

N° 10 BORDEAUX. — DÉP* DE LA GIRONDE

Monsieur Journu Aubert, Commissaire. Premier envoie

de vingt-neuf tableaux.

Gurchin. Saint Bernard recevant sa règle de la Vierge, tableau sur toile netoyé oté les anciens repeins et chancy, bouché quelque trous. Restauré pointillé quelque partie du Tableau et vernis.

Vandik. Portrait de marie de Mëdicis, en pied de grandeur naturele l'avoir netoyé envelé [enlevé ?J quelque repeins Restauré de grande partie du Tableau donné l'accord et vernis plusieurs fois.

Bassan. Sortie de l'Arche Tableau sur bois netoyé Enlevé les anciens repeins Restauré toute la partie endommagées et l'avoir vernis.

Rubens. Le marlire de Saint-Georges, tableau sur bois netoyé fait quelque restauration donné l'accord et vernis plusieurs fois.

Tiziano. La Magde laine Petit tableau sur bois Netoyé Bouché quelque trous avoir mis en couleur mastiquer restauré et vernis.

Perrugino. La Vierge, S t- Augustin, S t- Jérôme Grands tableau sur bois en mauvais état et quittant de dessus son fond avoir fixé la partie endommagées bouchée avec le mastique les fentes et trous de vers netoyé fait beaucoup de restauration donné l'accord Général et vernis plusieurs fois.

Michel Ange de Carravage. Saint Jean dans le Désert Tableau sur Toille l'avoir netoyé Enlevé quelque Repeins fait les restaurations nécessaires donné l'accord et vernis à différentes fois.

Michel Corneille. Baptême de Constantin. Tableau sur Toille l'avoir netoyé Enlevé tous les anciens repeins couvert et mis au ton les anciens mastiques fait beaucoup de restauration dans les figures et les Draperies retouché les fonds d'architecture donné l'accord général et vernis.

Noël Coipel. Allégorie à la Religion, Netoyé ôté les Repeins avoir mis au Ton les mastiques restauré donné l'accord et vernis plusieurs fois.

Pierre Mignard. Portrait ressemblant à Louis quatorze en habit de guerrier, Netoyé les Repeins fait une partie des fonds restauré les parties endommagées donné l'accord et vernis.

Inconnu. Cérémonie Turque, Présentation d'un Embassadeur françois et le repas. Deux tableaux fesant pendant. Les avoir netoyé, mis au ton quelque mastique, fait les restaurations nécessaires et vernis.

Marianne Loir. Madame Duchâtelet, Portrait d'une figure l'avoire Netoyé fait quelque Restauration et vernis.

Rubens (attribue). Le Christ en croix, Netoyé, ôté quelque Repein fait la Restauration nécessaire et vernis.

Paul Véronêse (attribue). — Ladoration des Roix et sa femme adultère Deux tableaux fesant pendant, netoyé légèrement Restauré et vernis.

Ecole Flamande. Portrait d'homme vêtu de rouge avec une fraise Blanche, netoyé fait quelque Restauration et vernis.

Nicolas Poussin. Sainte-Famille. Petit tableau netoyé enlevé quelque Repein Restauré et pointillé donné l'accord et vernis.

Ecole italienne. Etude de guerrier avec bonnet de poil. Netoyé fait quelque Restauration et vernis plusieurs fois.

Le Jiordano. Tête de vielle netoyé Enlevé quelque Repein fait les Restaurations nécessaires et vernis .

Solimène. Joseph Expliquant le songe dans sa prison. Petit Tableau L'avoir netoyé restauré et vernis plusieurs fois.

Dit de Ferdinand Bol Habraham et ses serviteurs Apollon et Martias. Deux tableaux pendant les avoir netoyé et oté beaucoup de repein, fait la restauration nécessaire donné l'accord et vernis.

Paul Véronêse (ou de son oncle), une Sainte Famille. Netoyé oté les anciens repein, continué la figure du Petit Saint Jean et les accessoires avoir fait quelque restauration dans le surplus du Tableau donné raccord et vernis plusieurs fois.

Inconnu (Esquisse). David devant paul. Netoyé enlevé les anciens repein couvert, les mastiques fait les restauration nécessaire et vernis.

Michel Ange de Carra vage. Le Couronnement d'Épine. Tableau très sale et difficile à netoyer enlevé une vieille huile, ôté les repein, couvert les mastiques fait beaucoup de restauration et vernis.

Inconnu. Jésus donnant les clefs à Saint Pierre. Tableau sur bois à deux face netoyé les deux parties Enlevé quelque Repein mastiqué les parties Endommagées avoir fait les restaurations nécessaires donné Taccord général et vernis plusieurs fois.

Terisani (d'après). Tête de femme peinte sur bois, Netoyé ôté les repeins fait quelque restauration et vernis.

Otto Vbinus (d'après Corrêge). Tête de femme et un Christ. Même restauration que le précédent et vernis plusieurs fois.

La liste donnée par Clément de RisW ne comprend que vingthuit tableaux : elle omet « Inconnu: Cérémonie turque; Le Repas. >

Un autre « Etat des tableaux reçus > — conservé, celui-là, à la Bibliothèque Municipale — attribue au « Premier envoi en Tan XI » trente et un numéros, les vingt-neuf déjà cités, et, en plus : « Inconnu (Ecole Vénitienne). Portrait d'homme entre deux miroirs, 2 pieds 10 pouces de haut, 4 pieds 9 pouces de large > et « Ph. de Champagne. Salutation Angélique, 11 pieds de haut, 10 pieds de large. »

Dans une lettre adressée au Préfet Dubois le 29 avril 1803, Monbalon constatait que la 'caisse renfermait vingt-neuf tableaux, et non vingt-sept qu'on lui avait annoncés.

En effet, on se rend compte aisément que pour le tableau de Ph. de Champaigne, il n'y a qu'une simple confusion : il s'agit du Songe de Saint Joseph, qui devait être compris dans le second envoi. L' « Etat des tableaux reçus > mentionne, en effet, parmi les tableaux du second envoi en l'an XIII : <c Ph. de Champagne. Le Songe de Saint Joseph. > La Salutation Angélique et le Songe de Saint Joseph ne font qu'une seule et même toile. La description de l'unique tableau de Philippe de Champaigne que possède le Musée de Bordeaux explique comment on a pu lui attribuer cette double désignation : « A droite de la composition, saint Joseph est endormi sur une chaise; à ses pieds sont placés les instruments de son travail ; la tète appuyée sur le bras gauche, il voit en songe un ange aux ailes déployées qui vient lui révéler la volonté divine et lui faire connaître la destinée réservée à la Vierge. Celle-ci est à gauche, agenouillée devant une table et tenaat un livre de prières. Au-dessus de la Vierge, des chérubins planent dans une gloire**). »

f1) Clément de Ris : les Musées de Province, tome II, p. 396-3i>7. (f) Catalogue de 1894, n* 188 , Songe de Saint Joseph.

Quant au tableau de l'Ecole vénitienne représentant un homme entre deux miroirs, il donne lieu à un problème insoluble. Dans son « Catalogue des tableaux, statues, bustes, bas-reliefs et fragments d'architecture composant la portion artistique des meubles meublant la Galerie des tableaux de la Ville de Bordeaux > — catalogue manuscrit, daté du 31 décembre 1846 — Pierre Lacour fils écrivait à propos du « Portrait d'homme entre deux miroirs > : « Ce portrait annoncé sur l'envoi de l'an XI (École vénitienne, h. 2 pieds, 10 pouces; 1. 4 pieds, 9 pouces) ne s'est jamais trouvé au Musée; il n'aura pas été envoyé. La lettre de M. le Préfet Dubois donnait le catalogue de 45 tableaux; celui-ci manquant, nous n'en trouvons, en effet, que 44. > En 1855, Pierre Lacour et Jules Delpit répétaient la même affirmation dans leur Catalogue imprimé : <c Un tableau désigné dans la liste officielle, comme représentant : Portrait d'un homme entre deuœ miroirs, par un maître inconnu, devait figurer dans l'envoi puisqu'il avait besoin d'être restauré et ne s'y trouva pas. A-t-il été détruit, retenu par oi%drey ou envoyé ailleurs par les restaurateurs? Nous ne saurions le dire*1*. > Cependant, les deux premiers catalogues du Musée, publiés en 1821 et en 1824, alors que Pierre Lacour fils était déjà conservateur du Musée, catalogues à la rédaction desquels le conservateur n'est pas resté étranger, mentionnent l'un et l'autre le « Portrait d'un homme entre deux miroirs » par un ' « Peintre inconnu^ ». Il n'est plus question de ce portrait dans la Notice publiée en 1832. — Je n'ai trouvé aucun renseignement sur la date, antérieure à 1821, où ce tableau est entré au Musée d'où il devait disparaître entre 1824 et 1832.

Il s'agissait de trouver une place pour les vingt-neuf tableaux envoyés par le Gouvernement. Dès le 27 avril 1803, Monbalon écrivait au Préfet Dubois :

« Cit. Préfet — Les tableaux expédiés de Paris par l'Administration du Musée central des Arts pour le Muséum du département de la Gironde

(4) Catalogue de 1855, Introduction, p. 16.

(*) Notice des tableaux et figures (1821), p. 58, n# 58. Notice, etc. (1824), p. 48, n° 58.

peuvent provisoirement être placés dans les salles du bâtiment de la Bibliothèque qui ont été désignées pour cet établissement; là ils seront sous les yeux et les soins du conservateur et pourront même par l'arrangement provisoire qu'on pourra leur donner satisfaire la curiosité des connaisseurs. Ainsi vous pouvez donner des ordres pour que la caisse des tableaux arrive directement à la maison de la Bibliothèque et que le gardien conservateur en devienne tout aussitôt le dépositaire. »

Il demandait de plus l'autorisation de faire retirer des caisses et disposer les tableaux par quelques, soldats que le Général mettrait k sa disposition. — Nouvelle lettre de Monbalon le 29 avril.

« Citoyen Préfet. — La caisse de tableaux, destinés par le gouvernement pour le Muséum du département de la Gironde est arrivée hier dans la maison de la Bibliothèque publique, j'en ai fait de suite la remise au citoyen Lanoue, gardien conservateur du Muséum; cependant j'ai procédé avec lui à l'ouverture de la dite caisse et je vous promets de suivre et de surveiller le placement des tableaux pour leur donner l'exposition provisoire la plus sûre et la plus convenable que le local dont on peut disposer pourra le permettre.

» Mais ce placement et cette exposition ne peut s'effectuer que dans une galerie embarrassée encore d'une partie des livres transportés dernièrement de la maison des Feuillans, le besoin de dégager cette galerie est donc devenu plus pressant, et je vous réitère la demande que j'ai eu l'honneur de vous faire par mes lettres le 26 du mois dernier et le jour d'hier d'un secours de quelques personnes pour l'arrangement du nouveau dépôt et actuellement du maniement et placement des tableaux.»

Le Bibliothécaire termine sa lettre en exposant au Préfet qu'il n'a pu avoir de soldats; il prie le citoyen Dubois de vouloir bien intervenir auprès du Général et le convie à venir voir les tableaux dès qu'ils seront placés.

Mais les choses n'avançaient pas. Le 2 mai, le Préfet écrivait à Monbalon de s'adresser directement au Général. « Le commandant de la place ne vous refusera point les soldats qu'il vous faut pour placer les tableaux d'une manière convenable ; priez-le de vous les accorder ; il s'y prêtera avec plaisir. > Nous ignorons si le commandant de la place usa de complaisance à

l'égard de Monbalon. Mais le 17 novembre 1803, nous voyons le Bibliothécaire s'adresser au Ministre de l'Intérieur : < Les lois sur l'instruction publique et les dispositions faites en conséquence promettaient à la Ville de Bordeaux des établissemens scientifiques susceptibles d'assez d'éclat et d'utilité pour mériter l'attention particulière et la protection du Gouvernement. » Entre autres établissements, l'arrêté de fructidor an IX « a voulu placer dans cette Ville une galerie de tableaux pour offrir à la curiosité des étrangers un des monumens de la richesse des arts de la République. > Mais l'organisation de cette galerie n'excite pas le zèle de la commune de Bordeaux; il faut donc avoir recours à la protection du Gouvernement. Malgré cette lettre de Monbalon, toute l'année 1803 se passe sans qu'il soit question de construire cette galerie rendue nécessaire par les envois du Muséum central.

C'est seulement un an après leur arrivée à Bordeaux que les tableaux envoyés par le Gouvernement purent être offerts à la curiosité du public. Le Bulletin Polymathique du 15 floréal an XII (4 mai Î804) publie la note suivante : « On vient d'exposer dans la Bibliothèque publique de la ci-devant Académie une partie des tableaux envoyés par le Gouvernement pour la Ville de Bordeaux : les artistes et les amateurs peuvent les voir tous les jours, excepté le mercredi et le samedi, depuis neuf heures du matin jusqu'à une heure. » Le local était insuffisant puisqu'on ne pouvait exposer qu'une partie des vingt-neuf tableaux; des aménagements nouveaux étaient indispensables pour donner un emplacement nécessaire aux autres œuvres qui allaient être l'objet du nouvel envoi.

Le 4 fructidor an XII (22 août 1804), le Préfet écrivait au Ministre de l'Intérieur pour demander que la « maison dite de l'Académie, portée par erreur sur le tableau des domaines à affecter à la Légion d'honneur >, fût rendue à sa destination primitive. « Le sénateur Journu-Auber ayant fait don à la Ville de Bordeaux de son beau Cabinet d'histoire naturelle, j'ai prié les membres du Conseil Municipal de désigner l'édifice où l'on pourrait déposer cette collection. Le choix du Conseil ne

pouvait être douteux : il a désigné les bàtimens de la ci-devant

Académie dont partie est destinée, depuis Tan IV, à recevoir

le Muséum, le Cabinet d'histoire naturelle, en un mot tous les

accessoires de la Bibliothèque... Le Conseil Municipal et tous

les habitans de Bordeaux verraient avec une extrême déplaisir

détourner de sa destination un bâtiment sans lequel il serait

impossible de former les accessoires de la Bibliothèque, de

placer convenablement les tableaux dus à la munificence

nationale, ni de profiter -du don fait par le sénateur Journu. >

Le même jour, le Préfet écrivait à Lacépède, grand chancelier

de la Légion d'honneur, pour lui offrir d'autres immeubles en

remplacement de « la maison dite de l'Académie où, depuis

1 an i v l'Administration centrale a résolu d'établir la galerie

de tableaux et les autres accessoires scientifiques énoncés dans

Ja loi du 3 brumaire, même année > — et au Président du Conseil

* U1*icipal de Bordeaux pour lui rendre compte des deux lettres

a sS£es au Ministre et au grand chancelier.

K\st suite de ces démarches du Préfet, le Conseil Municipal, ^ftttS sa séance du 11 fructidor an XII (28 août 1804), prenait une délibération en vertu de laquelle on demandait à l'administration de <c disposer les bàtimens de l'ancienne Académie à contenir avec l'ordre et le développement convenable la Bibliothèque, les collections d'histoire naturelle et d'antiques, ainsi que la galerie des tableaux >. Cette délibération devait rester longtemps sans effet <*>.

Cependant, le Préfet Dubois, qui s'était occupé avec un zèle si intelligent des intérêts artistiques de Bordeaux, avait dû quitter ses fonctions pour cause de maladie; il était allé mourir dans son pays, à Saint-Dié. Mais il avait à la Préfecture de la Gironde un successeur digne de lui en la personne de Charles Delacroix de Contant. Né à Givry (Marne) le 14 avril 1744, Delacroix avait été député de son Département à la Convention où il vota la mort de Louis XVI. Membre du Conseil des Anciens, ministre des Relations Extérieures, du 5 novembre 1795

f1) Voir plus loin, p. 134 et suiv., le rapport présenté par Monbalon au Maire le 28 décembre 1805.

au 16 juillet 1797, il alla ensuite représenter la République à la Haye. Le Consulat le nomma Préfet des Bouches-du-Rhône, le 3 mars 1800, puis de la Gironde, le 23 avril 1803. Il mourut à Bordeaux le 26 octobre 1803. Son fils, l'illustre peintre Eugène Delacroix, était né le 26 avril 1798.

Dès son entrée en fonctions, le nouveau Préfet de la Gironde s'occupa de faire hâter le second envoi de tableaux destiné au Musée de Bordeaux; c'est grâce à son initiative que le Christ en croix y de Jordaens, retiré par ordre du premier envoi, fut compris dans le second et que les travaux de restauration des tableaux en mauvais état furent terminés.

Le 24 pluviôse an XIII (12 février 1805), Vivant Denon, « membre de l'Institut National, de la Légion d'honneur, directeur général du Musée Napoléon, de la Monnaie, des Médailles, etc. », adressait la lettre suivante au Préfet du Département de la Gironde :

«J'ai l'honneur de vous prévenir que la restauration des tableaux accordés par le Gouvernement à la Ville de Bordeaux pour son Musée sont prêts (sic) à lui être envoyés. Je vous adresse le bordereau des mémoires réglés des peintres, rentoileurs et menuisier qui ont travaillé à cette restauration :

» Il est dû

1° à Michau et Carlier, peintres 1908 00

2° à Fouque, rentoileur 1146 80

3° à Madreau, menuisier. 784 95

4° à Fosse pour menues dépenses 20 00

5° gratification aux hommes de peine qui ont

transporté les tableaux dans les ateliers. 48 00

3907 75 » J'ai reçu de M. Journu-Aubert, sénateur,

le 11 pluviôse an XI 800 00

» Reste à payer 3107 75

» Je vous prie, Monsieur, de me faire payer cette somme, afin que je solde ces divers mémoires et que je puisse vous les adresser acquittés.

» Je vous prie de même de m'indiquer la maison de roulage que vous désirez que je charge du transport, afin que j'y fasse conduire les caisses... »

.x ^ssieurs, le Gouvernement a accordé à la Ville de Bordeaux une

ks 4 ventôse an XIII (22 février 1805), en même temps qu'il envoyaj|. COpje de Cette lettre « aux membres composant le Co*^il Municipal de la Ville de Bordeaux », le Préfet leur &c sit en ces termes :

^Yon de tableaux destinés à enrichir son Musée. > Ces tableaux qui avaient souffert dans leur transport d'Italie ont été restaurés à Paris et sont prêts à être envoyés à leur destination ; mais, d'après la lettre que vient de m'adresser le directeur général du Musée Napoléon, dont je vous transmets ci-joint copie, l'envoi de ces tableaux ne peut avoir lieu qu'autant que les frais qu'a occasionnés leur restauration seront acquittés ; sur les divers mémoires qu'on aura soin d'adresser lorsqu'ils auront été soldés, ils ont été réglés à 3907,75 sur quoi il a été payé un accompte de 800,00. Par conséquent il reste dû 3107 francs 75 c.

» Je vous invite, Messieurs, à faire article motivé de cette dépense au budget de Tan XIV et à y ajouter par apperçu l'objet des frais qu'il pourra en coûter pour le transport de Paris à Bordeaux.

» 11 conviendra aussi que vous preniés les mesures nécessaires pour faire passer la somme de 3107 fr. 75 au Directeur général du Musée Napoléon et que vous me mettiez à même de lui désigner la maison de roullage que vous jugerés à propos de choisir pour lui confier le chargement et le transport des caisses dans lesquelles seront renfermés les tableaux dont il est question.

» Aussitôt que vous aurez pris à cet égard la détermination qui doit faire le sujet d'une délibération particulière, je vous invite à m'en faire connaître les dispositions. »

Le Conseil Municipal s'empressait de prendre la délibération demandée. Le 11 floréal an XIII (30 avril 1805), le maire Le TellierW écrivait à Vivant Denon pour lui annoncer l'envoi de la somme de 3107 fr. 75 cent., et pour lui désigner la maison de roulage Bricard, rue du Ponceau, 18, dont le sieur Duran était le correspondant à Bordeaux.

(l) Jacques-François Le Tellier, né à Bordeaux en 1765, fut Maire de 1801 à 1805, conseiller de. Préfecture soua la Restauration, démissionnaire en 1830, et mourat à Bordeaux le 22 avril 1847.

Le 12 prairial an XIII (1er juin 1805), Michau, « employet à la restauration des tableaux du Musée Napoléon aux attelier du Louvre », envoyait à Bordeaux la « Notte des tableaux formant le segond envoie d'une caisse de onze tableaux et d'un cilaindre de quatre tableaux, en tout quinze tableaux ». A la suite de la « Notte », Michau écrivait : « Tout les soins Néssaire [nécessaires] ont été donnée aux Encaissemens, ce qui me fait Erpséree [espérer] que les Tableaux arriveront in tac et préservée de toutte Dégradation. »

La « Notte » n'est pas absolument d'accord avec le « Mémoire des restaurations des Tableaux du Musée de la Ville de Bordeaux, remis en Etat par Monsieur Michau et son collègue sous la surveillance de Monsieur Vivant Denon, Directeur Général du Musée Napoléon ». Le « Mémoire » qui indique un « Second Envoie de quatorze tableaux » en mentionne seize dont voici la liste :

Jordaens. Le Christ en croix, les deux larrons et beaucoup d'autres figures, l'avoir netoyé, envelé [enlevé] les anciens repeins, couvert les mastiques, fait beaucoup de restauration, donné l'accord général et venis [verni] à différentes fois.

Crayer. L'Adoration des Bergers, Grand Tableau netoyé avec précaution, enlevé les anciens Repeins, avoir fait les angles, remis carré de centré qu'il étoit, restauré dans les figures et les Draperies, pointillé, donné l'accord et vernis plusieurs fois.

Ph. de Champ aigne. L'Annonciation de la Vierge, Grand Tableau, netoyé, ôté les Repeins, remastiqué plusieurs parties, remis au ton les angles carrée de centré qu'il etoit, fait beaucoup de Restauration, pointillé dans les fonds, donné l'accord et vernis.

Tiziano. Lucrèce et Carquin. Tableau très sale et difficile à netoyer et qui exige beaucoup de temps, ôté la vieille huile de dessus Enlevé les repeins, couvert les mastiques, fait les restaurations nécessaires, donné l'accord général et vernis plusieurs fois.

Lucas Jiordano. Hercule chez Ompliad, Grand Tableau en mauvais Etat, netoyé Enlevé les repeins, couvert et mis au Ton les mastiques, fait beaucoup de restaurations dans les figures et Draperies, glacé les parties du ciel endommagée, donné l'accord général et vernis.

Vandick (copie d'après). — La Vierge l'enfant Iusu des Anges et

Saint François à genoux, Netoyé, enlevé les Repeins couvert de grande partie de mastique, fait les restaurations nécessaires dans les figures et les draperies, donné l'accord général et vernis plusieurs fois.

Restout. Présentation au temple, Grand Tableau sur toile l'avoir netoyé ôté les chancy et les Repeins, fait et mis au Ton les mastiques, fait les restaurations nécessaires dans les figures et les Draperie, donné raccord et vernis plusieurs fois.

Ecole flamande. Adoration fies anges à la crèche, netoyé le Tableau, ôté beaucoup de repeins et vieux chancy, couvert et mis au ton du maître les mastiques avoir fait beaucoup de restauration dans les parties du Tableau Endommagé donné l'accord et vernis.

Bassan. Le Christ entre. Marie et Martie viande ton perdrix vazes et autres accessoires, netoyé le tableau ôté les repeins et les chancy fixé plusieurs parties du... (sic) qui quittait de dessus le fond couvert et mis au ton les mastiques, restauré toutes les parties endommagées donné l'accord général et vernis différentes fois.

Ecole de Paul Véronèse. Sainte-Famille et plusieurs saints présentant des fleurs à Jésus, netoyé ôté les ancieus repeins et vieux chancy, fait quelque Restauration dans les figures et pointillé quelque autre partie, donné l'accord et vernis plusieurs fois.

Tiziano (attribue). La Femme adultère. Tableau très sale et difficile à nettoyer par la dureté de la crasse et de la vieille huile ôté le tout avec précaution toutes les parties endommagées pointillé dans les fonds, donné l'accord et vernis plusieurs fois.

Restout. — Un Prophète. Tableau d'une seule figure l'avoir netoyé ôté quelque Repein dans le Ciel, mis quelque mastique, fait les restauration nécessaire et vernis différentes fois.

Bunel. V Assomption de la Vierge grand tableau sur toile en mauvais état, l'avoir netoyé ôté les vieux chancy et les Repeins couvert et mis au ton du Maître quantité de mastiques, fait beaucoup de restauration dans les figures pointillé quelque autre partie du tableau remis en Etat donné l'accord général et l'avoir vernis plusieurs fois.

Rubens et animaux de Senedre la Chasse au lion, grand Tableau sur Toile, l'avoir netoyé, enlevé les Repeins, couvert les mastiques et mis au Ton du Maître, fait les restaurations nécessaires, pointillé le Ciel et autre partie, donné l'accord et vernis plusieurs fois.

Inconnu (Ecole vénitienne). Portrait d'homme entre deux Miroir. Ce tableau est retiré par ordre et il est donné en Echange La Chasse aux lions par Rubens, tableau ci-dessus mentionné.

Piètre de Cortonne. La Vierge et l'Enfant Jésus l'avoir netoyé fait la restauration nécessaire et vernis ce tableau fait partie du premier envoie.

La € Notte > met avec raison au nombre des œuvres qui se trouvaient dans une « caisse de onze tableaux > la Vierge, de Piètre de Cortonne, qui ne faisait point partie du premier envoi ; elle indique comme se trouvant dans la « Caisse du cilaindre » les deux tableaux de Restout, celui de Jordaens et celui de Ph. de Champaigne. Elle ne mentionne pas le « Portrait d'un homme entre deux miroirs > retenu par ordre. C'est par erreur que le « Mémoire des Restaurations » affirme que la Chasse aux Lions, de Rubens, a été donnée en échange du Portrait de V homme entre deux miroirs puisque la « Notice > communiquée par Dubois à Lacour indiquait parmi les quarantecinq tableaux destinés à Bordeaux, dès Tan X, La Chasse (n° 14) et le Portrait (n° 37). C'est donc quinze tableaux qui composaient le second envoi ; en 1805, Bordeaux en avait reçu au total quarante-quatre au lieu des quarante-cinq qui lui avaient été promis.

La liste de Clément de Ris donne seize tableaux pour le second envoi, car elle ne tient pas compte de ce que le Portrait a été retiré par ordre. L' « Etat des tableaux reçus » — Etat conservé à la Bibliothèque — est exact pour le second envoi : ses erreurs portent sur le premier auquel il attribue à tort le Portrait de V homme entre deux Miroirs et la Salutation Angélique de Ph. de Champaigne, alors qu'il a raison de mettre le Songe de Saint Joseph au nombre des tableaux faisant partie du second envoi.

Voici, d'ailleurs, la liste officielle des tableaux destinés à Bordeaux. On remarquera que les dates de réception ajoutées au-dessous du titre des tableaux sont quelquefois inexactes. C'est également par erreur qu'une note prétend que la Chasse aux Lions remplace le Christ en croix retiré par ordre, puisque les deux tableaux figuraient dans la < Notice >. Enfin si cet « Etat > porte 45 numéros, c'est parce que Ton y fait figurer le Portrait qui n'a fait partie d'aucun des deux envois.

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