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LETTRE CIRCULAIRE ET CONFIDENTIELLE

A Messieurs les curés et autres membres du clergé du diocèse de Québec

Québec, 18 décembre 1843.

Monsieur le curé,

En vous transmettant notre Adresse au clergé et au peuple du diocèse , nous sentons qu’il convient de vous inviter à la favoriser de votre appui, persuadé que c’est de là principalement que dépend le succès que nous pouvons en attendre.

Nous ne doutons pas de votre zèle pour tout ce qui se rapporte au bien de la religion ; et nous sommes convaincu que vous comprenez, comme nous, quelle est, sous le point de vue religieux, l’importance, la nécessité même de notre entreprise, et combien elle doit contribuer à la gloire de l’Eglise dans ce pays. Nous avons donc la confiance que vous vous estimerez heureux de travailler à en assurer le succès, autaut par vos exhortations que par vos exemples ; et que vous ferez tous vos efforts pour engager les fidèles confiés à vos soins, à y contribuer avec vous.

D’un autre côté, l’expérience du passé répond du zèle de notre peuple pour tout ce qui est beau, grand et. surtout religieux. Nous avons donc lieu d’espérer aussi qu’il s’empressera de répondre à l’appel que nous faisons à sa générosité : surtout, lorsque vous lui aurez expliqué

la nature de notre projet, et que vous lui aurez fait comprendre que c’est un établissement religieux que nous méditons.

Aux motifs puisés dans la religion, vous pourrez ajouter celui de la reconnaissance. Car si nous n’avons pas la présomption de croire que nous y ayons personnellement quelque titre, les évêques de Québec en ont acquis qui ne sauraient être oubliés. C’est ici sans doute une occasion de publier le noble emploi qu’ils ont toujours fait des biens que la Providence avait mis à leur disposition; de dire à votre peuple ce qu’ils ont fait pour le soulagement de l’humanité souffrante, pour l’avancement de la religion et de l’éducation dans ce pays ; de lui apprendre enfin que c’est à eux que le Canada est redevable d’un grand nombre de ses plus belles institutions. Par là vos paroissiens comprendront qu’ils sont invités à aider un bienfaiteur, un père qui ne vit que pour eux, et qui se trouve épuisé pour avoir fait du bien à ses enfants. Ainsi la reconnaissance unira sa voix à celle de la religion, pour répondre à notre invitation : et la maison de l’évêque de Québec sera le monument impérissable de la piété et de l’amour de son peuple.

Nous ne vous parlons point dans notre Adresse du mode que vous pourrez adopter pour en faire connaître le contenu à vos paroissiens; nous le laissons entièrement à votre discrétion ; nous contentant de vous dire

qu’ayant considéré l’œuvre dont il s’agit comme assez

importante sous le rapport de la religion, pour faire un appel aux sentiments religieux du peuple, nous ne regarderions pas comme déplacée la publication que vous feriez de cette Adresse dans votre église. C’est là en effet qu’il vous sera plus facile de vous faire entendre, et surtout de faire sentir l’utilité, la nécessité même de notre entreprise, et les raisons qui doivent engager tous les fidèles du diocèse à y contribuer généreusement.

Nous ne norrs dissimulons pas la détresse qui pèse sur le pays : nous regrettons aussi de nous voir dans l’obligation d’aller demander une contribution à un peuple appauvri par une longue suite de mauvaises années. Mais toutes les ressources ne sont pas épuisées : et ce que nous demandons à chacun est bien peu de chose. Et puis la charité n’est pas éteinte dans le cœur de ceux à qui nous nous adressons ; cette charité qui multiplie les biens, parce que Dieu la bénit, et lui rend toujours avec usure. Or, après Dieu, c’est dans la charité des fidèles et du clergé du diocèse que nous avons mis notre confiance : et cette grande ressource ne trompera pas nos espérances.

Pour faciliter aux personnes de la campagne le moyen de contribuer, nous vous prions de recevoir de ceux qui ne pourraient donner de l’argent, toute espèce d’effets, comme on fait à la quête de l’Enfant- Jésus. Ces effets seraient vendus à la criée par vos soins; et le produit de cette vente, joint au montant des contributions en argent, nous serait transmis comme il est dit dans

Y Adresse au clergé et au peuple. Ce mode de souscription nous a été suggéré par des ecclésiastiques trop dignes de notre confiance pour que nous omettions de vous en faire part.

D’autres, à l’avis desquels nous avons aussi raison de nous en rapporter, nous ayant représenté que, dans plusieurs paroisses, celles surtout où les églises ont un revenu plus que suffisant pour subvenir aux frais du culte divin, on sacrifierait volontiers à la bonne œuvre qui noirs occupe, la prochaine quête de l’Enfant- Jésus, nous avons fait part de cette idée à Monseigneur de Québec: et Sa Grandeur a bien voulu permettre cet emploi, partout où les marguilliers et les paroissiens y donneront leur assentiment. Mais comme ce sont des contributions purement volontaires que nous demandons, nous voulons que lors même que cette quête nous serait accordée, chaque paroissien demeure libre de donner pour nous ou pour l’église de sa paroisse.

Au reste, soit que le produit de cette quête nous soit donné, comme une offrande de votre fabrique ; soit que votre zèle vous porte à en faire une particulière, pour recueillir ce que chacun de vos paroissiens voudra bien nous donner, nous nous flattons que vos marguilliers se feront un plaisir de vous prêter assistance, comme ils ont coutume de le faire dans les quêtes qui se font pour l’église : et nous vous prions de leur en faire une invitation particulière de notre part.

Vous recevrez avec la présente lettre, plusieurs exemplaires de notre Adresse au clergé et au peuple, dont vous voudrez bien disposer en faveur de vos principaux paroissiens.

Recevez l’assurance de la bien parfaite estime avec laquelle nous sommes,

Monsieur le curé,

Votre très humble et très obéissant serviteur.

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