CHAPITRE SIXIÈME
Ephémérides. — Conciles Prêtres de l’évêché. — Mgr Per-
sico - MgrConroy Noces d’or et mort de Mgr Cazeau.
— Mgr Legaré. — Mgr Smeulders. — Les fêtes cardinalices. — Incendie partiel du palais Mgr Bégin, coad¬
juteur, cum futura successione.
Comme les courtes notices biographiques qui précèdent nous ont entraîné forcément à parler des événements les plus récents, nous voilà obligé d’ajouter un dernier chapitre pour compléter l’histoire du palais épiscopal sous l’administration de Mgr Baillargeon et de Son Eminence le Cardinal Taschereau. Du reste, nous passerons rapidement, en nous contentant de les mentionner, sur des faits bien connus, et qui se trouvent racontés au long dans les notices biographiques publiées sur ces deux prélats, ainsi que dans d’autres ouvrages que Ton peut se procurer partout.
1868, 7 mai. — Quatrième concile auquel prennent part onze évêques.
M. l’abbé C.-A. Collet, entra au palais épiscopal, en septembre, dès le premier jour de sa vie ecclésiastique, et il y demeura comme sous-secrétaire jusqu’en 1871,
et ensuite comme secrétaire jusqu’en 1882. La faiblesse de sa santé l’obligea alors à passer en Europe. Après son retour, il travailla un an dans le saint ministère, puis alla directeur au collège de Sainte-Anne, où il fut nommé vice-supérieur en 1888.
1869. — Mgr Baillargeon part le 23 septembre pour aller assister au concile du Vatican, et revient au commencement de mai 1870. Tombé malade pendant la visite de son diocèse, il revint le 7 juillet au palais épiscopal pour ne plus en sortir, car il était frappé à mort. Le vénérable prélat put cependant faire ses adieux et ses dernières recommandations à ses prêtres réunis au salon de l'évêché, à la fin de leur retraite annuelle ; scène inoubliable et qui fit couler bien des larmes. Il mourut le 13 octobre à l’âge de 72 ans. Cinq évêques, quatorze vicaires généraux et cent quarante prêtres assistaient aux funérailles. M. l’abbé Louis Paquet fit une éloquente et touchante oraison funèbre.
Quelques semaines auparavant, le l<!r septembre, l’abbé H. Têtu (1), ecclésiastique de deuxième année de séminaire, entra au secrétariat et depuis lors a toujours ■demeuré au palais épiscopal. M. l’abbé Lactance Mayrand, aujourd’hui curé de Saint-Jean, I.-O., vint quelques jours après lui, partager la même besogne, à laquelle il fut employé pendant quatre ans. C’est aussi
(1) L’auteur.
au mois d’octobre de la même année que le regretté M. Napoléon Laliberté quitta la cure de Saint-Dominique-de-Jonquières, pour prendre à l’évêché la charge d’aumônier, laissée vacante par le départ de M. l’abbé Gauvreau. Pour des raisons de charité envers quelques membres de sa famille, il obtint son départ en 1878, et desservit la belle paroisse de Saint-Michel-de-Bellechasse jusqu’à sa mort, arrivée le 9 décembre 1885. M. Laliberté était universellement aimé de ses confrères. Il était orné des plus belles qualités du cœur et de l’esprit, et se distinguait surtout par sa douceur et sa générosité sans bornes. Il fut inhumé à Saint- Michel, où les funérailles furent présidées par Mgr l’archevêque Taschereau, qui fit aussi l’oraison funèbre du défunt.
1871. — Le 23 février, arrivée à Québec des bulles nommant M. Elzéar-Alexandre Taschereau, archevêque de Québec. Le 27, le nouveau prélat quitte le séminaire pour venir habiter le palais épiscopal.
19 mars. — Consécration de l’archevêque dans la cathédrale. Pendant la première visite du diocèse, qui commença le 13 juin suivant, il se fit accompagner par M. l’abbé C.-A. Marois, ecclésiastique de première année, qui a demeuré depuis au palais épiscopal, où il a rempli successivement les charges de sous-secrétaire, maître des cérémonies, secrétaire et enfin vicaire général depuis la mort de Mgr Legaré.
1872. — En décembre, départ de l’archevêque pour Rome. Retour en avril 1873.
1873, 18 mai. — Ouverture du cinquième concile provincial ; sept évêques en font partie.
Au mois de juin, Mgr Persico qui a résigné son siège de Savannah, en Géorgie, vient demeurer au palais épiscopal et y reste six mois, jusqu’à sa nomination à la cure de Sillery, le 3 décembre 1873. Le futur cardinal était né à Naples en 1823. Entré dans l’ordre des Capucins, “ il fut envoyé aux Indes Orientales, où il demeura un grand nombre d’années soit à titre de simple missionnaire, soit comme vicaire apostolique et comme évêque. Le climat meurtrier des Indes le força de revenir dans son pays natal (1) ”, Il rencontra à Rome Mgr Lynch, évêque de Charleston, qui l’amena avec, lui en 1867, pour lui faire continuer sa vie de missionnaire. “ Pendant près de deux ans, Mgr Persico promena son zèle au milieu de la désolation et des ruines (2) ” qu’avait laissées dans la Caroline du Sud la guerre civile qui venait de se terminer. Nommé évêque de Savannah en 1869, il vint, en septembre 1871, visiter le Canada et surtout Québec, où il avait un ami dans la personne de l’abbé L.-Ii. Paquet, qui avait fait sa connaissance quelques années auparavant et qui avait été le témoin et
(1) Tiré d’un article de la Semaine Religieuse de Québec, signé par l’abbé L.-H. Paquet, chapelain des Soeurs Franciscaines.
(2) Ibid.
quelquefois le compagnon de ses courses apostoliques. Comme tous les hommes qui, dès leur jeune âge, ont pris l’habitude des voyages, Mgr Persico pouvait ■difficilement rester longtemps à la même place.
Quoique Napolitain de naissance, il n’était pas exempt des attaques du spleen anglais, et alors il lui fallait partir pour exercer son ministère sur d’autres plages.
Hôte de l’archevêque de Québec, il officia pontificalement à la cathédrale, et il fut tout à fait charmé de l’esprit et des coutumes catholiques du pays. Aussi est-il probable qu’il songea dès lors à venir y planter sa tente de missionnaire. En tout cas il écrivit l’année suivante à la Propagande pour offrir sa démission de l’évêché de Savannah et demander la permission de venir demeurer à Québec. Il s’était au préalable assuré qu’il y serait reçu par Mgr Taschereau, à qui il avait demandé l’hospitalité dans son diocèse. Aux questions que lui posa à ce sujet le cardinal préfet, l’archevêque de Québec répondit que le prélat voyageur serait traité avec tous les honneurs dus à sa dignité, et qu’il se proposait de lui assigner un poste convenable, dès que les circonstances pourraient le lui permettre. Mgr Persico fut donc reçu au palais épiscopal, où, comme nous l’avons dit, il séjourna pendant six mois. Très instruit, pouvant prêcher eu français et en anglais, il rendit bien des services, en particulier à l’Hôtel-Dieu où il donna plusieurs instructions aux religieuses et remplaça souvent le chapelain M. Lemieux qui s’en allait vers la tombe.
Il fut même sur le point d’être définitivement nommé - à sa place ; mais à la mort de M. Harkin, la cure importante de Sillery devenant vacante, l’archevêque s’empressa de l’offrir à Mgr Persico, qui accepta avec le plus grand plaisir. Le prélat disait lui-même que les trois années qu’il desservit cette paroisse furent les plus heureuses de sa vie. Cependant pour ceux qui, comme nous, le connaissaient bien, il était évident que le moment du départ approchait. Aussi en 1876, il retourna en Italie, d’où il fut envoyé au Malabar pour une mission très importante, dont il s’acquitta à l’entière satisfaction du Saint-Siège. Nommé ensuite évêque des trois diocèses réunis de Sora, Aquino et Ponte- Corvo, en Italie, puis délégué apostolique en Irlande, il devint secrétaire de la Propagande et fut revêtu de la pourpre romaine en janvier 1893. Le cardinal Persico est mort en décembre dernier. “ La paroisse de Sillery, l’archevêché, le Séminaire de Québec, où il comptait des amis dévoués, les Dames Ursulines qui ont encore au milieu d’elles une de ses converties, sa fille spirituelle, comme il se plaisait à l’appeler, garderont au cardinal Persico le culte du souvenir et de l’amitié (1) ”.
1874, 1er octobre. — Pête du deuxième centenaire de l’érection du diocèse de Québec. Vingt-deux évêques et archevêques et plus de quatre cents prêtres prennent part à la solennité. Un volume a été publié pour en
(1) Article déjà cité.
donner un compte-rendu et reproduire les principaux discours.
1877. — Mgr Conroy, délégué apostolique au Canada, débarque à Québec le 24 mai. Il ne fut que durant quelques semaines l’hôte du palais épiscopal, car, à part le séjour qu’il dut faire et aux Etats-Unis et dans les différentes villes du Canada, il habita à Québec une maison située sur le chemin Saint-Louis. Il mourut à Saint-Tean-de-Terre-Neuve à la fin de juin 1878. “ Quelque soit le jugement que l’on porte sur les résultats d’une mission, qu’au reste il n’eut pas le temps de terminer, Mgr Conroy a laissé le souvenir impérissable de sa science ecclésiastique, de son tact et de son éloquence (1) ”.
1878. — Le 19 mai, ouverture du sixième concile. Sept évêques.
Le 23, translation solennelle des restes de Mgr de Laval. A part les Pères du concile, on voit figurer dans la procession le délégué apostolique Mgr Conroy, et Mgr Taché, archevêque de Saint-Boniface.
1880, 8 janvier. — Noces d’or de Mgr Cazeau. 25, 26 et 27 juin, fête nationale de la Saint-Jean-B.iptiste et premier congrès catholique canadien-français. M. Claudio Jannet et M. le comte de Foucault viennent de France pour y assister.
(1) Notice biographique. — S. E. le cardinal Taschereau, page 67.
1881, 26 février. — Mort de Mgr Cazeau. Nous avons eu la consolation de rendre les derniers devoirs à net homme de Dieu. C’est nous qui l’avons assisté dans son agonie et qui l’avons enseveli. Quel vide dans le palais épiscopal !
1er mars. — Funérailles de Mgr Cazeau. Mgr l’archevêque Taschereau fit une remarquable oraison funèbre. M. Cyrille Legaré, qui devait succéder à l’illustre défunt, était alors assistant de son frère, curé de Sainte-Croix. En apprenant sa mort, il écrivait dans son journal ces quelques lignes, qui montrent la profonde admiration qu’il avait pour lui. “ C’était, dit-il, le vrai type du bon prêtre doublé du gentilhomme. Il a été obligé de communiquer avec le grand monde, sans jamais y laisser choir une parcelle de ses vertus sacerdotales. Cœur d’or, qui se fondait en charité. Celui qui lui succédera, aura de la peine à remplir toute la place qu’il occupait ”,
“ Dieu voulut, dit M. l’abbé Geo. Côté (1), qu’il fut
(1) Notice biographique — Mgr C.-E. Legaré — par l’abbé Geo.-P. Côté, curé de Sainte-Croix, Québec, 1892.
On ne saurait trop louer cette intéressante biographie. On y trouve le fidèle portrait du distingué prélat ; rien n’a été oublié. Que d’épisodes charmants, que de touchants souvenirs sont rappelés ça et là dans le récit de cette vie si eoclésiastique et si édifiante ! M. Côté a rendu parfaite justice à Mgr Legaré et il a écrit un beau livre, qui a fait la consolation de sa famille et de ses nombreux amis et qui contribue à l’honneur du palais épiscopal de Québec. Aussi nous y renvoyons le lecteur et nous ne dirons que quelques mots sur ce regretté vicaire général, qui vient, il me semble, de nous ■quitter, et dont la mémoire sera toujours en bénédiction.
lui-même cet homme ; mais quelque qualifié qu’il parût pour ce poste d’honneur, ce ne fut qu’après toutes les hésitations et les supplications mêmes qu’il se rendit le 12 avril aux instances réitérées de Mgr l’archevêque...
“ Aucune des qualités requises ne lui manquait : qualités personnelles, qualités dans ses rapports avec le chef du diocèse, qualités dans ses relations avec ses confrères du palais épiscopal, a vec le clergé, les communautés, les autorités civiles et les personnes du monde ”. A nous qui avons vécu avec Mgr Legaré, les neuf années qu’il a demeuré au palais épiscopal, il appartient de dire que cet éloge est marqué au coin de l’entière vérité. Cependant il ne faudrait pas croire que le nouveau vicaire général ressemblât beaucoup à son prédécesseur ; c’est le contraire qui est vrai. Ayant les mêmes qualités, elles n’avaient pas chez l’un et l’autre les mêmes formes ni le même caractère. Mgr Cazeau était plus ouvert, de manières plus larges et plus aisées, se dépensant sans miséricorde, se mettant peu en peine du style et de la forme, allant vite en besogne et comme pressé de faire le plus possible, tout en faisant bien. Mgr Legaré était plus lent que vif, se tenait plus sur la réserve, presque timide, faisant tout avec poids et mesure, plus délicat, plus artiste, si je puis m’exprimer ainsi, mais énergique et ferme au besoin, ayant comme l’autre prélat toutes les vertus ecclésiastiques, et de plus que lui le poli et le goût de l’homme de lettres. Il avait passé les vingt-cinq premières
années de .sa vie sacerdotale au Séminaire de Québec, où il avait rempli successivement les charges de professeur de rhétorique et de directeur du petit et du grand séminaire ; et pendant quatre ans il avait suivi à Paris les cours de la fameuse école des Carmes. “ Mgr Legaré, dit encore son biographe, a laissé au monde et surtout aux prêtres l’exemple' de ses vertus : il a laissé aussi des œuvres qui l’honorent Puis il énumère ses améliorations introduites dans les études, ses recherches fructueuses pour enrichir les musées et la bibliothèque de l’université, et ses écrits dont quelques-uns ont été publiés et les autres sont demeurés inédits. Il mentionne avec éloge son “journal” — et les citations qu’il en fait prouvent la justesse de son appréciation — et ses notices biographiques sur Mgr Turgeon et sur Mgr Baillargeon. Cette dernière, publiée dans l’annuaire de l’Université Laval, est à notre avis ce qu’il a écrit de mieux. Elle ferait un beau volume. C’est un travail de bénédictin, l’œuvre d’un homme de cœur, et d’un écrivain distingué. Les vies inachevées de M. Holmes et de M. Demers qu’il était à écrire, fruit de bien de3 recherches et de bien des veilles, périrent avec trois volumes de son journal dans l’incendie qui détruisit une partie du séminaire en 1865.
Mgr Legaré a fait sa marque dans les lettres canadiennes, il a laissé aussi des traces ineffaçables de son séjour au palais épiscopal. Par son travail discret et intelligent, de concert avec d’autres personnages influents
du Canada et de l’Europe, il a contribué pour une large part à y faire descendre du Vatican les honneurs du cardinalat (1) ; et dans l’organisation de ces fêtes inoubliables, dans les embellissements de la demeure du nouveau prince de l’Eglise, dans la préparation des cérémonies imposantes de la calotte et de la barrette cardinalices, il fut le premier à payer de sa personne et à tout ordonner pour la plus grande gloire de l’Eglise, du cardinal et du clergé de Québec.
Nous n’ajouterons qu’un mot pour dire combien nous avons été heureux de vivre dans la compagnie de cet aimable et saint prêtre et combien grande a été notre douleur en le voyant mourir. Sa mort au reste fut bien douce pour lui ; il l’attendait, elle l’a trouvé préparé et soumis. C’est le 23 janvier 1890 qu’il a rendu son âme à Dieu. Le cardinal Taschereau chanta le service qui eut lieu le 25, et Mgr Hamel fit l’oraison funèbre.
1883.— Arrivée à Québec, le 21 octobre, de Mgr Smeulders, délégué apostolique au Canada. “ C’était un moine cistercien, demeurant à Borne. Comme il lie parlait le français qu’avec difficulté et ne savait pas l’anglais, il ne put jouer le rôle brillant de son illustre prédécesseur, Mgr Conroy. Il quitta définitivement le pays le 29 décembre de l’année suivante, après avoir séjourné tantôt à Québec, ou il était 1 hôte des KR. PP.
(1) Notice déjà citée.
Rédemptoristes, tantôt à Montréal, où il logeait chez les ER. PP. Oblats (1) ”. Le palais épiscopal ne le vit qu en passant et dans quelques rares circonstances. Dom Smeulders est mort, il y a quelques années, dans le couvent de Saint-Bernard, à Rome, à deux pas de l’église de Sainte-Marie-de-la-Victoire, l’église du cardinal Taschereau.
1884. — Départ au mois d’avril, de Mgr l’archevêque pour Rome, où il demeure sept mois.
1886, 30 mai. — Septième concile provincial. Dix évêques.
Le 7 juin, M. le grand vicaire Legaré annonce par une lettre au clergé la nomination du cardinal Taschereau. C’est ce jour-là même qu’eut lieu le consistoire, dans lequel le Saint-Père préconisa le nouveau prince de l’Eglise.
8 juin. — Les membres du Conseil législatif et de l’Assemblée législative viennent au palais épiscopal présenter leurs félicitations à Son Eminence.
9 juin. — C’est le tour de la Société Saint- Jean-Baptiste de Québec.
15 juin. — Le clergé du diocèse présente une adresse au cardinal. On comprendra facilement que nous ne pouvons faire ici une description des fêtes cardinalices, ni même donner la liste des adresses, ou des dépu-
(1) Notice biographique. S. E. le cardinal Taschereau.
tâtions qui vinrent saluer le cardinal. Un beau volumeraconte toutes ces fêtes magnifiques (1). Ce fut pendant près de deux mois comme une procession de sociétés, venant même des villes étrangères, qui remplirent tour à tour le grand salon, tout remis à neuf, du palais épiscopal. Une souscription avait été ouverte pour subvenir aux frais considérables de eette longue solennité.. Nous donnons à l’appendice N la liste de ceux qui ont contribué (2); leurs dons généreux formèrent la somme de $21,300.00, qui suffit à payer les dépenses de la plus belle fête que Québec eût jamais célébrée dans ses murs.
Voici ce que nous lisons à ce sujet dans “ Le premier Cardinal Canadien ” : “ L’archevêché de Québec, abandonné à ses seules ressources, eût été incapable de subvenir aux frais de réception des Délégués du Saint- Siège, aux dépenses occasionnées par la nécessité de faire les choses d’une manière digne d’une ville catholique, comme Québec, et aux autres dépenses ordinaires, d’étiquette et de haute convenance commandées par l’impérieuse loi de la coutume autorisée. C’est ce qua parfaitement compris la société canadienne. Aussi avonsnous vu, non seulement les membres du clergé et les citoyens se mettre généreusement à contribution, maia encore la corporation de la ville de Québec et le Parlement lui-même prendre leur part de frais...
(1) Le Premier Cardinal Canadien.
(2) Cette liste n’a pas encore été publiée.
Les revenus de 1 archevêché n’eu sont pas devenus plus considérables ; mais grâce à ce concours généreux, la ville de Québec a pu faire les choses grandement et ne pas déchoir de sa réputation. Le but a donc été atteint
Ajoutons que le palais épiscopal a reçu à cette occasion des embellissements et des dons qui restent et qui 1 ont enrichi de meubles et d’objets précieux, souvenirs durables de cette fête et de celui qui en fut le héros (1).
29 juin. — Le comte Gazzoli, porteur de la calotte anive, le matin, a Québec et on lui donne un appartement à 1 hôtel Saint-Louis. A une heure de l’après-midi, cérémonie de la remise de la calotte au salon de l’évêché.
A quatre heures du même jour, dîner iutime au palais épiscopal, en l’honneur du comte Gazzoli. C’était la première fois depuis la construction de cette maison, que des laïques y fussent invités à un banquet, et la chose ne s’est pas renouvelée depuis. Noms des con- ■vives. S. E. le cardinal Taschereau, le comte Gazzoli, le juge Jean Thomas Taschereau, frère du cardinal, M. Edouard Taschereau, avocat, neveu de son Eminence,
1 honoiable Pantaleon Pelletier, le juge Bonaventure Caron, l’honorable P. Garneau, le colonel Théodore Duchesnay, M. Ls-Honoré Huot, M. Cyrille Legaré, Y.
(1) Nous donnons à l’appendice O une liste des objets dignes de remarque dans le palais épiscopal.
1 Mgr BORDUO, 2 Mgr REGARÉ, 3 Mgr RANGEVIN, 4 M. BERRE-ISRE, 5 M. LALIBERTÈ, e M. PROULX, 7 M. RECOURS, 8 M .FERRAND.
G., M. Michel-Edouard Méthot, supérieur du Séminaire, M. L.-H. Pâquet, professeur du séminaire, M. Henri Têtu, aumônier, M. C.-A. Marois, prêtre, secrétaire de l’archevêché, M. C.-O. Gagnon, prêtre, maître des cérémonies, M. P.-B. Garneau, prêtre, assistant-secrétaire.
8 juillet. — Arrivée de Mgr Henry O’Brien, ablégat, porteur de la barrette rouge. Présentation au cardinal. Mgr Lynch, archevêque de Toronto, délégué du Saint- Siège pour l'imposition de la barrette est l’hôte de Son Eminence, en même temps que Mgr O’Brien.
20 juillet. — Imposition do la barrette dans la basilique. Vingt et un évêques étrangers.
26 et 29 juillet. — Voyage de Sou Eminence à Montréal et à Ottawa ; elle impose le 'pallium aux nouveaux archevêques Fabre et Duhamel.
1887. — S. E. le cardinal part pour Eome le 27 janvier, pour la réception du chapeau cardinalice.
5 avril. — Retour du cardinal à Québec. Assemblée du clergé dans le grand salon de l’archevêché. Son Eminence remet les diplômes de leurs dignités respectives à Mgr Hamel et Mgr Legaré, protonotaires apostoliques, Mgr Bolduc, Mgr Méthot et Mgr Pâquet, prélats de la maison de Sa Sainteté, et Mgr Têtu et Mgr Marois, camériers secrets.
30 septembre. — Vers deux heures P. M., le feu prend au toit du palais épiscopal, par l’impardonnable incurie
d’un ouvrier qui travaille à le réparer. Grâce au serviceefficace de la brigade du feu, l’évêché échappe à la destruction. Le tiers du toit seul a brûlé ; mais la maison a été inondée et elle est inhabitable pour longtemps. Tout le personnel accepte la charitable hospitalité du séminaire.
Les assurances paient tout le dégât et amplius. Le cardinal est absent et c’est à Montmagny qu’il a appris l’accident. Les messieurs de l’évêché quittent le séminaire les uns après les autres en octobre, pour habiter de nouveau le palais réparé.
Le 9 octobre, le cardinal part pour Toronto, où on lui fait une réception magnifique.
28 octobre. — Consécration épiscopale de Mgr Bégin, évêque de Chicoutimi.
1889, 8 mai. — Mort de Mgr Bolduc. Mgr Têtu le remplace à la procure.
1890, 23 janvier. — Mort de Mgr Legaré. Mgr Marois est nommé vicaire général ; il devient quelque temps après protonotaire apostolique. Mgr Gagnon, entré ecclésiastique à l’évêché en 1881, assistant secrétaire et maître des cérémonies, est nommé en 1890 secrétaire des archives. Il est prélat de la Maison du Pape. M. l’abbé Philippe-Benoit Garneau, assistant-secrétaire depuis 1886, remplit, depuis 1890, la charge de secrétaire en chef. Enfin cette même année amène au palais épiscopal M. l’abbé Arseuault, assis-
tant-secrétaire, qui a dernièrement ajouté à cette fonction celle de maître des cérémonies.
18 mai. — Sacre de Mgr Blais, coadjuteur de Mgr de Bimouski. Sa Grandeur a été, durant deux mois avant, sa consécration, l’hôte du palais épiscopal de Québec.
29 octobre. — Le comte de Paris et le duc d’Orléans-, son fils, font visite au cardinal. Ils sont accompagnés du comte d’Haussonville, du duc D’Uzès, du marquis de Lasteyrie, de M. C. de Lachambre et du docteur J. Bécamier. Ces distingués visiteurs, après avoir causé quelque temps avec Son Eminence, se rendent à l’Université Laval. Le cardinal offre au comte de Paris en souvenir de sa visite la Vie de Mgr de Laval.
1891, 22 décembre. — Mgr Bégin nommé coadjuteur de Québec et archevêque de Cyrène.
1892. Sa Grandeur vient s’installer définitivement
au palais épiscopal de Québec le 26 février.
22 mars. — Mgr Bégin nommé cum futura successions. Le cardinal lui confie le soin de son diocèse.
22 mai. — Consécration dans la cathédrale, de Mgr Labrecque, évêque de Chicoutimi.
23 août. — Noces d’or du cardinal Taschereau. Tous les détails de cette belle fête sont consignés dans un volume publié à cette occasion.
14 décembre. — Mgr Begin part pour Borne, ou il va assister au jubilé épiscopal de Leon XIII.
1893. — Retour de Mgr Bégin à Québec, le 27 mars.
1894, 29 mars. — Mgr le coadjuteur part de nouveau pour Rome et revient le 29 mai.
Le 3 septembre, Sa Grandeur est officiellement nommé par S. E. le cardinal, administrateur du diocèse.
Nous terminons ici ces éphémérides, qui paraîtront peut-être ennuyeuses à plusieurs, mais qui auront plus tard quelque utilité et éviteront des recherches aux historiens futurs. Nous aurions pu mentionner bien d’autres faits, mais ils ne touchent que de loin à notre sujet ou n’ont pas assez d’importance. C’est ainsi que nous avons omis les visites de tous les gouverneurs généraux ou provinciaux, les assemblées des évêques qui ont lieu au moins deux fois par année, etc., etc.
Mais nous aurions dû déjà parler de l’hôte et du •seigneur par excellence du Palais épiscopal. Les autres •ont passé, presque tous sont morts ; lui reste et vit toujours; on le devine sans peine, c’est Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-même, qui dès 1847 a pris un appartement daus la maison de l’évêque, et qui depuis ne l’a ;plus quitté. De son humble trône, où il demeure caché sous les espèces eucharistiques, il veille, il prie, il •gouverne. A ses pieds, les évêques et les prêtres se prosternent et demandent la lumière et la force. Cette •chapelle, où il daigne s’immoler au saint sacrifice de la messe et demeurer ensuite nuit et jour au tabernacle, a
entendu bien des prières ferventes, elle a vu descendre dans son enceinte bien des grâces et des bénédictions. Que l’hôte divin, qui nous endure à côté de lui depuis vingt-cinq ans, daigne accepter ce petit travail ! c’est l’histoire de sa maison. Quand ceux qui l’habitent aujourd’hui seront partis à leur tour, lui, qu’il y reste bien longtemps encore, et qu’il y soit béni et servi à jamais !
Fin