CHAPITRE PREMIER
Arrivée de Mgr de Laval à Québec. — Diverses résidences, — Le premier palais épiscopal. — Le séminaire, — Incendies. — Mgr de Laval dans le palais de Mgr de Saint-Vallier, — Sa mort au séminaire, — Le séminaire en 1705.
Quand Mer de Laval arriva à Québec, le 16 juin 1659, il n’y avait pour le recevoir ni presbytère, ni maison épiscopale,
La ville ne contenait encore que cinq cents habitants, logés pour la plupart à la Basse-Ville, où se trouvaient le magasin du roi, quelques comptoirs, une batterie et des quais plus ou moins primitifs, En gravissant la côte de la Montagne alors très étroite et surtout très
escarpée, le prélat ne manqua pas de remarquer, à sa
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droite, un enclos au milieu duquel était plantée une grande croix entourée de quelques humbles monuments funéraires, C’était le plus ancien cimetière de Québec. Immédiatement à côté, son œil s'arrêta avec complaisance sur une jolie maison en pierre à deux étages, dont nous aurons à parler plus tard, et qui était alors la propriété du sieur d'Auteuil, l’un des premiers conseillers, et maître d'hôtel ordinaire du roi, Cet édifice était entouré de cours et de jardins embellis par des ormes séculaires qui couronnaient ce magnifique plateau, embrassant dans son enceinte tout le terrain de l’ancien évêché, de l’évêché actuel et du séminaire, * Un peu plus loin, on voyait l’église paroissiale bâtie en pierre, puis les maisons des Jésuites, des Ursulines et de l'Hôtel-Dieu, avec leurs églises respectives également en pierre, Ajoutez le fort ou château du gouverneur situé sur l'emplacement de la terrasse Dufferin, le moulin du sieur Denis perché sur la cime du cap Diamant, le logis de M. D’Aiïlleboust sur la rue Saint- Louis, le palais de la Justice où est aujourd’hui la cathédrale anglicane, le jardin du Fort, au même endroit qu'aujourd'hui, quelques batteries, deux à trois rues à peine tracées, une vingtaine de maisons au milieu de mussifs d'arbres de toutes sortes, puis l’épaisse forêt au nord et à l’ouest, et vous saurez à peu près ce qu'était Québec, quand le premier évêque y fit son entrée pour
la première fois,
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Mgr de Laval reçut d’abord l'hospitalité des RR, PP.
Jésuites, puis des Sœurs de l’Hôtel-Dieu chez lesquelles
Ÿ il resta près de trois mois,
F “Il alla loger ensuite dans le pensionnat sauvage des À Ursulines, qu'on appelait Séminaire (1) " Ty était déjà N en novembre 1659, car Marie de l’Incarnation {crivait à à cette date : “ Nous lui avons prêté notre séminaire qui N est à l’un des coins de notre clôture et tout proche de la à paroisse, Il y aura la commodité et l’agrénrent d’un À beau jardin, Et afin que lui et nous soyons logés selon è les canons, il a fait faire une clôture de séparation, : Nous en serons incommodées... Mais le sujet le mérite, à et nous porterons cette incommodité avec plaisir, jusqu’à ÿ ce que là maison épiscopale soit bâtie ”
N Cette partie du monastère des Ursulines occupée par + Mgr de Laval, était la maison de Mr de la Peltrie, Ÿ appelée aussi l’Externat, située au coin des rues Desjar-
S dins et Donacona, Les traditions désignent encore l’enx droit où le prélat célébrait tous les Jours la sainte messe. N, Son séjour aux Ursulines dura jusqu'au 6 novembre NC 1661, c'est-à-dire l’espace de deux ans. Il nous apprend È lui-même qu’il avait loué cette petite maison de M"° de
< la Peltrie pour deux cents livres par année : “ Nous
la trouvons assez riche, disait-il, parce qu'elle suffit à
S notre pauvreté, Nous avons avee nous trois prêtres,
N (1) Latour, Mémoire sur la vie de Mgr de Laval.