‹ Histoire du palais épiscopale de Québec [microforme]Chapitre 26 sur 79 · ES ER EE ES · texte numérisé non relu

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grandes réparations, et M. de la Naudière dut s’y transporter de suite après son acquisition,

Le petit jardin qu’il possédait entre sa maison et celle de M. Turgeon occupée par madame veuve Lacroix (1), lui fut alors réclamé par le gouvernement militaire qui décida d'ouvrir une rue pour le service de la grande batterie sur les remparts—ce fut la rue du Prince, appelée ensuite Port-Dauphin—et sur le rapport des cinq experts qui avaient été nommés, M. de la Naudière reçut en compensation la somme de deux cent soixante piastres (2).

A cette date, il était veuf de sa première femme, mademoiselle Deschamps, décédée, en 1762 (3),à Québec,

(1) Nous avons parlé au long de cette maison dans la première partie,

(2) ‘Ordered that the Ground taken from Monsieur De Lanaudière be inspected by five members or a majority of them who are to report upon oath to this Board the value thereof ; with Mons. De Lanaudière’s assent, MM. Perrault, Amiot, Marteilhe, William Grant and John Collins are appointed... (Signed) Ja. Murray”. (l4th of June 1766).

“# M. De Lanaudière having produced to this Board his original titles to the piece of Ground taken for a Road to the Battery in which there appears no reserve for His Majesty, ordered that M. de Lanaudière be paid agreeable to the valuation 260 dollars”. ‘ Extract from the minutes of Council of the 18th June, 1766 ”.

(3) Il eut sept enfants du premier mariage ; l'aîné, Charles- Louis, marié à mademoiselle de la Corne, fut un militaire distingué. Son neveu, M. de Gaspé,donne, dans le quatrième chapitre de ses Mémoires, les détails les plus intéressants sur la famille de la Naudière. Voir aussi ‘ Histoire des grandes amil les françaises du Canada ”, page 447.

pendant que lui-même était en France ; et, à son retour il s'était remarié, le 12 janvier 1764, à Marie-Catherine Lemoine de Longueuil, sœur des dames Germain, J'arret de Verchères, et de Maizières,

Il serait hors de propos d’entrer dans de longs détails sur les familles qui habitaient les maisons dont nous esquissons l’histoire, Nous ne faisons que mentionner en passant les noms des propriétaires et des locataires qui s’y sont succédé, Notons cependant que cette résidence des de Lanaudière vit passer dans ses salons tout ce que la colonie renfermait de plus distingué dans la noblesse, le clergé, l’armée et le gouvernement, et ce après comme avant la conquête ; c’était une maison de prédilections pour Montcalm,et, pour me servir des idées de l'abbé Casgrain (1), s’il était attiré chez M°° de Beaubassin, née Jarret de Verchères, par les charmes de sa conversation, s’il allait s'amuser et s’étourdir chez M"° Péan, c’est chez M°° de Lanaudière que le général allait chercher les récréations sérieuses et instructives, les causeries du meilleur ton, En 1757, il écrit au chevalier de Lévis: “ Nous avons deux bonnes maisons : l'hôtel Péan et M" de Lanaudière”, Il y était reçu

(1) Montcalm peint par lui-même. (Conférence lue à la Société Royale. M. l'abbé Casgrain doit être dans l’erreur quand il place la maison de madame le Lanaudière dans la rue du Parloir près des Ursulines. Cette dame demeurait certainement dans la rue du Parloir près du Séminaire. Il a évidemment confondu ces deux rues qui portaient le même nom,

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l ‘comme un ami de la maison et il lui arriva même d'y 4 faire sa correspondance, | En 1758, il écrit à Bourlamaque : “Il est vrai que de toutes parts il n’est question que de la beauté d’une dame du Parloir; je lai toujours trouvée aimable et plus d'esprit qu'on ne croit... Je suis très attaché, sans réserve, à toute la rue, et Marin a dû s’en apercevoir ”, En 1759, il écrit encore à Lévis: “Rien de nouveau, mon cher chevalier ; les plaisirs à l'ordinaire ; deux bals encore ; ma vie accoutumte entre les maisons Péan et + Lanaudière”. Avec Montcalm, on trouve Bourlamaque, ‘1 Roquemaure, l’intendant Bigot, le marquis de Vaudreuil, les Longueuil, les Saint-Ours, les Baby, les Villiers, 1h Bougainville et tous les officiers militaires. [ll Plus tard on voit apparaître dans les mêmes salons des représentants de quelques-unes de ces mêmes familles, et d’autres qui portent des noms qui ne le cèdent en rien aux premiers. C’est ce que l’on put ronstater le 28

À janvier 1786, au mariage de M. Ignace Aubert de | Gaspé avec mademoiselle Catherine de Lanaudière, et le 25 février suivant, au mariage de l’honorable François

| Baby avec mademoiselle Marie-Anne de Lanaudière.

| Le contrat de cette dernière union fut passé à la

maison de madame veuve de Lanaudière qui avait

h es k perdu son mari le ler février 1776 (1), et il fut |

(1) M. de Lanaudière mourut à l’'Hôpital-Général et fut inhumé dans l'église après un service chanté par le chanoine -de Rigauville.

signé par le lieutenant-gouverneur Henry Hope, l’illustre Mgr Briand, ancien évêque de Québec, le comte Dupré, Paul-Roch de Saint-Ours, l'honorable Pierre Panet, dame Agathe Lemoyne de Longueuil veuve de Louis Jarret de Verchères (1); puis viennent les Godfroy de Tonnancourt, les de Léry, la baronne Grant, douairière de Longueuil, ete, etc, (2). Ce fut cette année-là que naquit, dans la maison de sa grand’mère, madame de Lanaudière, M. de Gaspé, l’auteur des Anciens Canadiens (3). La mort de cette vénérable dame arrivée le 16 avril 1788 nécessita la vente à l’enchère des deux maisons qui lui appartenaient, afin de donner à chacun des héritiers la part d’héritage qui lui revenait,

L’honorable Francois Baby devint l'acquéreur de la maison située sur les rues du Parloiret de la Montagne et la maison voisine échut à M. de Gaspé (4). Chacune fut vendue pour la somme de quatre cent cinq louis.

[an DT 4 (4 4 Q A Tous les procédés légaux avaient été pris à la demande

() Elle Aemeurait avec sa sœur et mourut en 1792. Son Altesse Royale, le prince Edouard et tous les officiers de son régruent assistèrent à sa sépulture.

(2) Berthelot d'Artigny et A. Panet.

(3) Voici comment il raconte lui-même l'événement dans secs Mémoires : ‘ Le 30 octobre de l’année 1786, dans une maison de la cité de Québec, remplacée maintenar ‘ par le palais archiépiscopal, un petit être bien chétif, mais ès vivace, puisqu'il tient aujourd’hui la plume à l'âge de soixante et dix-neuf ans, ouvrait les yeux à la lumière ?”.

(4) Greffe de Descheneaux.

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de M, Gabriel-Elzéar Taschereau, le tuteur des mineurs de Lanaudière, Il y eut à cette occasion visite ofücielle de ces maisons par MM. Jean Baillairgé, architecte, et Delestre dit Baujour qui en dressèrent procès-verbal avec plan (1). La première avait soixante et trois pieds de front sur trente-quatre de profondeur, et l’autre cinquante et un pieds et neuf pouces de front sur la rue du Parloir et trente-quatre de profondeur du côté du Séminaire, Sir Thomas Mills, receveur général, était alors locataire dans la maison achetée par l'honorable M. Baby et il y demeura jusqu’au ler mai 1789, occupant le premier étage seulement (2), Après son départ M. Baby fit faire à sa propriété des réparations considérables ; il l’habita jusqu’à sa mort qui arriva le 6 octobre 1820 (3). Sa femme y demeura après lui, avec quel-

(1) Nous publions à l’'Appendice I, et le plan et le procèsverbal.

(2) Grette de Descheneaux.

(3) M. Baby était le grand-père du juge G, Baby, et de M. William Baby, de Québec. Il était à l'époque de son mariage membre du Conseil Législatif et adjudant général des milices, et il demeurait rue Sous-le-Fort. Voici ce que nous lisons de Ini dans des ‘Mémoires de famille ” :

‘ L'honorable François Baby était un des hommes les plus influents à la ville et au château. La position de sa famille, sa haute éducation, l'intégrité de son caractère, la solidité de son jugement, sa fidélité à la couronne d'Angleterre lui avaient ouvert les portes du Conseil Législatif et du Conseil Exécutif et acquis la confiance des gouverneurs. Ceux qui ne connaissaient pas la sincérité de son patriotisme, l’accusaient d’être trop anglais et opposé aux intérêts des Canadiens, mais il appartenait à ce parti sage, dont Mgr Plessis, le grand

ques-uns de ses enfants et sa sœut Marguvrite de

Lanaudière,

Si cette maison des Baby-Lanaudière resta toujours

homme de l'époque, était le plus beau modèle... Jusqu'à la fin de sa vie, la maison de M. François Baby avait été le rendez-vous de la meilleure société québecquoise "”,

Ajoutons que M, Baby rendit de grands services à difrérentes communautés religieuses et en particulier aux Dames Ursulines des Trois-Rivières. Comme elles en appelaient en Angleterre d’un jugement rendu contre elles par la cour d'appel de la province et en faveur de François Lemaitre, on préleva une souscription parmi leurs protecteurs et leurs amis pour payer les frais de ce procès, Or le plus haut souscripteur fut l'honorable François Baby qui s'inscrivit pour la somme de £150-0-0 ; plus tard il ajouta £50-0-0, Après lui venaient Mgr Briand, le Père de Glapion, supérieur des Jésuites, M. Gravé, supérieur. du Séminaire, avec Æ£25-0-0 chacun, etc., etc.

Le Séminaire de Québec lui-même témoigna de sa haute estime et de sa reconnaissance envers M. Baby, en demandant comine une faveur, de recevoir dans les caveaux de sa chapelle, les restes mortels de cet homme de bien, Imimédiatement après sa mort, le supérieur, M. le grand vicaire Demers, écrivit la lettre suivante à Madame Baby :

‘“ Honorable Dame,

En considération de la haute position sociale occupée dans le pays par l’hon. François Baby, votre très regretté mari, et les éminents services qu'il a rendus au Séminaire de Québec, en diverses circonstances fort difficiles, je viens vous prier, Madame, de bien vouloir accéder à notre pressante demande de laisser inhumer celui qni fut toujours notre ami dévoué, dans la modeste chapelle de la maison, où nous pourrons lui manifester plus particulièrement toute notre gratitude,

‘ Persuadé que, dans la circonstance, vous ne repousserez point nos vœux si sincères,

Je demeure, etc,

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la propriété de la même famille, il n’en fut pas ainsi de sa voisine qui changea fréquemment de propriétaires, comme nous allons le raconter en peu de mots. C’est d'abord M, de Gaspé, qui le 22 mars 1806, vend au prix de onze cent cinquante louis, à George Lengmore, médecin et apothicaire des forces de Sa Majesté (1), qui occupait déjà la maison depuis un an, Le 2 février 1811, Dame Letitia Cox, épouse de ce dernier, et à ce autorisée par lui, vend pour dix-huit cents louis à John Buchanan, médecin et chirurgien, demeurant rue Sainte-Anne (2), Interdit pour cause d’insanité, on lui donna un curateur, M. Joseph-François Perreault, qui, le 9 mai 1815, disposa de sa maison en faveur de John White, négociant de Québec, moyennant trois mille cinq cents louis (3). Cinq ans après, le 27 avril 1820, Thomas White, marchand en société avec Joseph Jones, devient à son tour le propriétaire (4),

(1) Greffe du notaire Félix Têtu, grand oncle de l’auteur. M. Têtu pratiqua de 1793 à 1852. Il fut pendant longtemps lieutenant-colonel du bataillon de la ville de Québec, et en 1797 il fut élu pour représenter le comté de Hertford. Il demeura dans la rue du Palais autrefois appelée la rue des Pauvres, à l'endroit où est aujourd’hui l'hôtel Victoria, qu'il avait fait bâtir. Il passa un très grand nombre d’actes pour les familles de Lanaudière et de Gaspé, et ce fut lui qui rédigea l'acte de démission de Mgr Hubert. Son gretfe est l’un des plus remarquables au point de vue de la calligraphie, et on trouve dans les archives de l’archevêché des écrits de lui qui sont de véritables chefs-d’œuvre en ce genre.

(2) Greffe de Têtu.

(3) Ibid.

(4) Ibid,

La même maison est vendue, le 12 mars 1832, par ordre de la cour, à la suite d’une poursuite contre les mineurs White, et elle devient la possession du révérend docteur James Harkness, ministre de l'église protestante de Saint-André, qui paie la somme de treize cent cinquante louis,

Enfin, le 14 mars 1843, M. Thomas Allen Stayner, député maitre-général des Postes (1), achète de madame Phœbé Ross, veuve du docteur Harkness, et remariée à M. Thomas Smith, médecin et chirurgien, au prix de douzæcents louis, Comme nous le verrons plus bas, la maison était alors incendite et il ne restait qu'une masure en ruine sur le terrain vendu (2).

Depuis 1821, nous ne croyons pas qu’un seul des propriétaires que nous avons nommés ait résidé dans cette vénérable maison, Mais nous croyons pouvoir donner les noms de tous les locataires, C’est d’abord de 1821 à 1824, Gabriel Wood, commissaire général ; puis vient Alfred Hawkins, marchand de vin, qui uüitte la maison de la veuve Jean-Baptiste Morin, à quelques pas de là, et vient occuper cette résidence jusqu’en 1828 inelusivement, De plus en 1827 et 1828, un autre loca-

taire M, Andrew Stuart, avocat, partageait le logement

(1) Il demeurait à Morton Lodge.

(2) Greffe de Ed. Glackmeyer, Le Séminaire comme propriétaire du fief du Sault-au-Matelot reçut pour lods et ventes dans tous les marchés concernant les deux maisons de la rue du Parloir, la somme de £675-4-7,

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