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qui montre qu'il restait encore beaucoup à faire et beaucoup à donner pour que l’entreprise püût être menée à bonne fin :
Monsieur le curé,
Lorsque, le 18 décembre de l’année dernière, nous vous invitions ainsi que vos paroissiens à contribuer à la construction d’une maison épiscopale, nous vous donnions à entendre que, quand il serait question de former une province ecclésiastique dans le Canada, l’église de Québec en serait la métropole. Aujourd’hui la lettre pastorale de Monseigneur notre archevêque va vous annoncer officiellement que ce projet a recu son entier accomplissement, Vous en infèrerez sans doute avec nous qu’il n’en devient que plus urgent de procurer au premier dignitaire ecclésiastique des possessions britanniques de l'Amérique du Nord une demeure qui soit en rapport avec son rang élevé, En effet, vous comprendrez sans peine combien il importe que l’archevêque puisse recevoir dans sa propre maison, outre les membres de son clergé, non seulement les évêques ses suffragants, mais encore les évêques des provinces inférieures, qui, d’après la bulle d’érection de la métropole, devront assister aux conciles de la province ecclésiastique.
Nous croyons devoir vous.informer que les ouvrages de maconnerie de l'édifice ont été conduits jusqu’à peu
près aux deux tiers, mais qu’il s’en faut de beaucoup
que nous en soyons encore rendus à la moitié des dépenses que nous avons à faire, Le coût de ce qui a été fait jusqu’à ce jour va atteindre et peut-être même dépasser la somme de £2500, Or, notre recette ne se montant pas à plus de £2385, il s'ensuit que les contributions non rentrées, et celles des fidèles qui n’ont pas encore pris part à l’œuvre, nous sont d’une absolue nécessité pour achever le palais archiépiscopal, Il importe surtout de pouvoir poser le toit et les croisées de
l'édifice dans le cours de l'été prochain, pour n’en pas
exposer les murs, pendant deux hivers consécutifs, à l'inclémence de notre climat,
Nous ne vous importunerions pas de nouveau sur ce sujet, non plus que vos paroissiens, si les ressources actuelles de l’archevêché pouvaient nous venir en aide ; mais vous savez que Monseigneur l'archevêque s’est chargé du paiement de la somme de £5900 que coûte le terrain sur lequel se construit l'édifice ; et nous pouvons vous assurer que Sa Grandeur est loin d’avoir effectué le remboursement des emprunts qu’elle a été forcée de faire pour payer une somme aussi énorme,
En vous adressant la présente, notre dessein n’est pas de faire un nouvel appel à la générosité des membres du clergé et des fidèles qui ont déjà répondu amplement à notre première invitation, Si nous vous faisons connaître les circonstances où nous nous trouvons aujourd’hui, c’est dans l’unique but de faire rentrer les
souscriptions qui ne sont pas encore acquittées, et de
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réclamer en faveur de notre œuvre les sympathies de ceux qui n'y ont pas encore contribué ou qui ne l’auraient fait que faiblement, eu égard à leurs moyens. A cet effet, nous croyons qu'il serait à propos de rappeler de nouveau à vos paroissiens le contenu de notre adresse du mois de décembre dernier, persuadé qu'avec quelques mots d'encouragement de votre part, elle ne saurait manquer de stimuler leur zèle pour une entreprise qui doit contribuer à la gloire de la religion et à l'honneur du pays. La lettre pastorale de Mgr l’archevêque vous fournira pour le même but des motifs puissants dont vous pourrez faire usage avec efficacité,
Le temps n’est pas encore venu de faire connaître la part de chaque paroisse dans la recette dont nous venons de mentionner le montant, puisque nous n'avons recu d’un certain nombre d’entre elles que de simples à compte.—Il n’est pas cependant hors de propos de vous informer qu’il nous est venu d'une des plus petites paroisses du diocèse (elle ne compte que 500 communiants) une somme de £62-11 ; qu’une autre, plus populeuse, à la vérité, ne donnera pas moirs de £100 ; qu’une troisième fournira £80 ; et que trois ou quatre autres donneront de £50 à £60, Si les informations que nous avons reçues jusqu’à présent ne nous permettent pas, pour le moment, de citer de la même manière un plus grand nombre de paroisses, nous osons
nous flatter que vos nouveaux efforts, fortifiés par les
lo quelques exemples qu’il vous sera loisible de mentionie ner, si vous le trouvez bon, multiplieront tellement le 6. nombre des bienfaiteurs de l’archevêché, que nous pour- \p- rons reprendre nos travaux, le printemps prochain, avec tre l'espoir de les continuer sans interruption. vec Au reste, cette entreprise est l’œuvre de Dieu : le ne 4 clergé du diocèse ne cessera pas de la regarder comme Lré- | digne de toute sa sollicitude, Si donc votre contribution t à personnelle ne nous est point encore parvenue, nous ne he- croyons pas devoir vous en renouveler la demande ; tifs mais nous nous réjouissons de ce que la récolte de cette cité. année, meilleure, sans contredit, que celles des années à la précédentes, va devenir la mesure de votre libéralité, nons comme elle le sera de celle de vos paroissiens. recu Nous sommes bien aise de vous dire que, cette année, es + comiue l’année dernière, Monseigneur l'archevêque vous permet que la quête de l’Enfant-Jésus soit faite pour le btites même objet dans toutes les paroisses où les marguilliers {| imu- et autres paroissiens y donneront leur assentiment, sup- ° plus posé que l'état des affaires de la fabrique n’y mette | 100 ; aucun obstacle, (Cette permission regarde surtout les l | uatre paroisses où l’on n'aurait pas pu profiter de celle de : tions l’année précédente, ( per- Nous croyons devoir vous renouveler la recomman- il nême dation que nous vous avons déjà faite de vouloir bien osons tenir, autant que possible toutefois, une liste exacte des ar les souscripteurs et des sommes souscrites, laquelle nous
sera transmise avec les sommes qui auront été déposées entre nos maiu3,
Recevez l'assurance des sentiments de parfaite estime avec laquelle nous sommes,
Monsieur le curé,
Votre très humble et très obéissant serviteur, + P.-F, Evêque de Sidyme,
Les travaux furent continués, l’année suivante, mais les désastreux incendies (1) qui dévorèrent l'église de Saint-Roch-de-Québec, avec près de trois mille maisons, furent une éprerve terrible pour Mgr Turgeon, en venant ajouter aux nombreux soucis que lui causait nécessairement la construction de la maison épiscopale, Sans compter qu’il se vit obligé de faire appel à la charité des fidèles du diocèse qui dans un grand nombre de paroisses, où la collecte de l'évêché n’avait pas envore été faite, se trouvaient sollicités pour deux œuvres en même temps, ce qui nuisit infailliblement aux deux.
La lettre suivante de Mgr Signay le fait bien voir; elle répondait évidemment à une demande d’argent de la part de son coadjuteur,
“ S'il est question du palais épiscopal auquel je suis bien éloigné d’être indifférent, Votre Grandeur me trouvera toujours disposé à faire ce que l’on peut raisonnablement espérer de mes ressources pécuniaires,
(1) 23 mai et 28 juin 1845.
après le gros déboursement que j'ai fait à l’aide d'em-
> 1} prunts pour acquérir le terrain où est commencé rt | A déjà avancé l'édifice en question, } “ Personne n’ignore que, quand j'ai bien voulu me | charger d'une telle dépense et de tels emprunts pour | lesquels mes propriétés sont engagées, c'était à la suite | des déboursements considérables que j'avais faits pour | le séminaire de Nicolet, pour la maison d'école de Près- il is de-Ville, pour l’école des Frères et pour celle des Sœurs [ de à Saint-Roch. | ns, “ Je sais que Votre Grandeur s’est réservé exclusi- ‘ en vement la construction du dit palais épiscopal, Mais f ait les circonstances où notre cité s’est trouvée à la suite des le. incendies de nos faubourgs, ont paralysé de beaucoup | nr les ressources sur lesquelles on pouvait raisonnable- 111 bre ment compter pour achever cette année (1846), les Hill ore ouvrages commencés. C’est aussi ce qui m’engagea, | | en l'été dernier, à faire un nouvel emprunt de mille louis | pour venir en aide à Votre Grandeur, dans les travaux bir ; les plus urgents qu’il y avait à faire pendant cette der- | | | de nière saison. 1 “ Dans un pareil état de choses, soyez persuadé, Luis | Monseigneur, qu’il m'est pénible de voir que Votre me Grandeur ne peut pas certainement compter de recevoir eut de ma part une aide suffisante pour la mettre en état ni es, d'acheter tout de suite le palais épiscopal commencé, Ut Mais enfin, comme il est assez ordinaire pour les grands | édifices, on pourra faire graduellement pour celui-ci, } f
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autant que les moyens le permettront, comme Votre Grandeur elle-même me le disait, lorsqu'elle proposa cette grande entreprise ”,
Mgr Signay avait d'autant plus de mérite en cette affaire que s’il n'avait écouté que ses goûts et ses aspirations, elle n'aurait jamais été commencée de son vivant, Mais une fois la permission donnée, il y contribua avec une générosité vraiment admirable, C’est ainsi qu'à différentes reprises et à mesure que le coadjuteur en avait besoin, il lui donna des sommes importantes qui s’élevèrent, pendant la construction du palais, au montant de $7,298.00,
Les retards apportés à cette œuvre à laquelle il se donnait tout entier, causèrent un si vif chagrin à Mgr Turgeon, qu'il en tomba malade et que ses amis craignirent sérieusement pour sa vie, Aussi s’empressèrent-ils de trouver le seul remède qui pût le guérir. Quelques-uns d’entre eux, se faisant les interprètes de leurs confrères, présentèrent une requête à Mgr Signay, pour qu’il empruntât la somme nécessaire à la continuation immédiate des travaux, et ils assurèrent le prélat qu’il pouvait compter sur la coopération cordiale du clergé pour le remboursement de cet emprunt, Cette requête était signée par MM. Chs Bédard, P. MacMahon, Chs-F, Baillargeon, C.-F. Cazeau, Z. Charest, F.-G. Loranger et Ant. Parent, “Nous sommes convaincus, disaient-ils, que la maladie dont Mgr Turgeon
est affligé, résulte, en grande partie, du chagrin que lui
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cause l'impossibilité où il et de pouvoir achever la bâtisse du palais archiépiscopal, où il espérait voir, à une époque rapprochée, le premier pasteur du diocèse, dans des circonstances plus favorables pour faire face aux nombreuses difficultés qui semblent devoir se multiplier de jour en jour, Nous craignons beaucoup que, s’il n’est pas donné à ce prélat quelque espérance de réaliser promptement son projet, les inqutudes qui le fatiguent et le minent, n'aient une influence funeste sur son tempérament déjà si faible, et ne le conduisent peu à peu au tombeau ; ce qui serait un grand malheur pour la religion dans les temps difficiles où nous vivons ”, On put voir à la retraite ecclésiastique de cette même année, que les sentiments de ces messieurs étaient bien sincères et que leurs promesses n'étaient pas illusoires, Les prêtres présents souscrivirent de suite la somme de $5,480.00 et les absents y ajoutaient bientôt ce qui manquait pour former la somme de $9,739.60. Nous publions à l’appendice J, K, L, M, tous les documents qui concernent cette souscription ; et en particulier les listes exactes que nous avons enfin pu trouver de tous les souscripteurs ecclésiastiques, et de toutes les paroisses avec l’offrande de chacun, Ces listes n’ont jamais été publiées, et elles sont intéressantes puisqu’elles font connaître assez bien la richesse ou la générosité des un: et des autres à cette époque. Nous donnons aussi les noms des principaux contracteurs et
ouvriers qui ont été employés à la construction du
palais épiscopal avec les sommes d’argent qui leur ont été payées pour leur travail ou pour les matériaux vendus.
Grâces aux nouveaux et grands sacrifices qui venaient d’être faits, l'ouvrage fut repris avec activité, et bien qu'il ne fût pas entièrement fini, l'archevêque Signay et son coadjuteur purent prendre possession définitive de leur palais le 22 novembre 1847. “ La bénédiction solennelle en fut faite le même jour par l’évêque de Sidyme”. Si les maisons penvent fêter leurs noces d’or, dans ce siècle où les noces de toute espèce semblent de plus en plus à la mode, ce sera donc le tour de l'évêché de Québec, le 22 novembre 1897. Mais aucun de ceux
qui l’habitèrent les premiers ne sera là pour en raconter les origines et rappeler le souvenir de ces mille détails aui constituent l’histoire intime d’une maison ou d’une famille et qui en font le principal intérêt, Le personnel
de la maison épiscopale se composait à cette époque des
deux évêques ci-dessus nommés, et de MM. Chs-Félix
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