CHAPITRE CINQUIÈME
Notices sur MM. Harkin, Cazeau, Belle-Isle, Proulx, Langevin, Ferland.— Les sous-secrétaires. — M. Thomas Roy, pensionnaire.— Visite de Son Excellence Mgr Bedini.— Ephémérides.— Conciles, etc. M. Honoré Lecours. — M. Edouard Bonneau.— M. Napoléon Laliberté. — Mgr Bolduc.— Mort de Mgr Turgeon.
Comme nous l'avons vu plus haut, le jour où Mgr Signay prit possession du palais épiscopal, il avait à sa suite, outre son coadjuteur Mgr Turgeon, les abbés Cazeau, Proulx, Belle-Isle et Langevin, Quelques jours après, M. P.-H. Harkin leur fut adjoint, et nommé procureur de l'évêché, aumônier des hôpitaux militaires et desservant de la Pointe-à-Puizeau, plus tard Saint- Colomban-de-Sillery. M. Harkin était né en Irlande, le 26 novembre 1810. Arrivé en Canada à l’âge de six ans, il fit ses études à Nicolet, fut ordonné prêtre en 1838 et nommé vicaire à Saint-Roch-de-Québec, puis missionnaire à Sherbrooke, poste qu’il occupait encore quand il fut appelé au palais épiscopal. Après la mort de Mgr Power, archevêque de Toronto, en 1848, il fut envoyé pour administrer les affaires temporelles et
spirituelles de la cathédrale de cette ville, et s’en revint reprendre son poste à l’archevêché de Québec, en 1850, après l’intronisation de Mgr Charbonnel. Il s’acquitta de ses fonctions de procureur avec succès et dévouement jusqu'en 1855, où il fut nommé définitivement curé de Sillery, qu’il desservit jusqu’à sa mort arrivée le 29 novembre 1873, Dans son testament, il léguait la somme de cent dollars à la corporation épiscopale. M. l'abbé Cazeau qui était au service des évêques de Québec depuis Mgr Plessis en 1825, remplissait les fonctions de secrétaire en 1847, Ceux qui l’ont connu, savent quelle était son habileté dans l'expédition des affaires, sa bonté de cœur, sa charité sans bornes, et quels services il a rendus à l'Eglise de Québec. Toujours prêt à payer de sa personne, on le vit le premier à l’œuvre pour soigner les cholériques, recueillir les orphelins du typhus, secourir les victimes des incendies, recevoir avec l’exquise politesse qui le distinguait les nombreux étrangers qui venaient au palais épiscopal, enfin se multiplier pour promouvoir toutes les entreprises généreuses et tous les intérêts religieux. Nous n’entreprendrons pas de raconter ici la vie de cet homme admirable, mais nous l'avons si bien connu que nous tenons à jeter quelques fleurs sur sa tombe vénérée et à rappeler de nouveau une mémoire qui, Dieu merci, est vivante encore dans bien des cœurs, Avec quelle affabilité il nous reçut nous-même, quand,
simple et timide ecclésiastique, nous avons franchi pour
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la première fois le seuil du palais épiscopal, que depuis nous n'avons pas quitté! Au reste plus on était petit, plus on était pauvre, et plus il était aimable et prévenant, Travailleur infatigable, remplissant à lui seul des charges qui semblaient exiger plusieurs titulaires, ayant une correspondance extraordinairement étendue, chargé d’un chapelinat laborieux, obligé de recevoir une foule de visites, quelquefois des riches plus souvent des pauvres, mêlé à une multitude d’affaires avec le gouvernement, l'abbé Cazeau était en même temps un ecclésiastique modèle, d’une parfaite régularité, ne manquant jamais à ses exercices de piété, et avec tout cela d’une gaieté de caractère et d’une amabilité de conversation qui faisaient les délices de ceux qui ont eu le bonheur de vivre avec lui. Quant à nous nous déclarons franchement qu’il est difficile de trouver un meilleur prêtre et un homme qui ait autant travaillé et travaillé si bien, Depuis sa mort, en 1881, nous ne croyons pas avoir passé un seul jour sans penser à lui, Il était comme l'âme du palais épiscopal, secrétaire des évêques Plessis, Panet ct Signay, vicaire général des seigneurs Turgeon, Baillargeon et Taschereau, il était la tradition authentique et vivante de six épiscopats, et la connaissance intime qu'il avait des hommes et des choses de cette période d’un demi-siècle en faisait un
véritable trésor d'expérience et de conseil (1).
(1) La vie de Mgr Cazeau se trouve racontée dans ouvenir du Jubilé Sacerdotal de Mgr C.-F, Cazeau en 1880” et
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