‹ Histoire du palais épiscopale de Québec [microforme]Chapitre 43 sur 79 · TU OP · texte numérisé non relu

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M. Francois-Hilaire Belle-Isle, l'assistant de M. Cazeau, au secrétariat, était depuis son entrée dans l’état ecclésiastique en 1828, le secrétaire intime de

Mgr Signay, qui l’entourait d’une affection vraiment paternelle et l’honorait de toute sa confiance. D’un extérieur agréable, poli comme son chef de bureau, il était aussi très bien vu des membres du clergé et de tous ceux qui s’adressaient à lui, Cependant, quand Mgr Signay donna sa démission en 1849, l’abbé Belle- Isle quitta le palais qu’il n'avait habité que deux ans, et Mgr Turgeon qui, tout en appréciant ses qualités, ne trouvait plus sa présence nécessaire, le nomma vicaire à Lotbinière, puis à Cacouna et à Saint-Henri, plus tard curé de Sainte-Marguerite, de Sainte-Hénédine et enfin de Beaumont, Curé jusqu’à la fin de sa vie de cette dernière paroisse, il mourut à l’Hôtel-Dieu, le 30 avril 1844, à l’âge de 44 ans, Il était né à Deschambault. Il fut inhumé dans l’église de Beaumont, Quand ses restes furent transportés de l’'Hôtel-Dieu, au débarcadère ils furent escortés par Mgr de Tloa, les honorables MM,

dans une autre brochure intitulée ( In memoriam”. On peut lire dans cette dernière une remarquable notice biographique écrite par l'honorable M. Chauveau, l’un des plus intimes amis de l’illustre défunt. On y voit aussi les lettres et les télégrammes de condoléances adressés de partout et qui prouvent combien Mgr Cazeau était connu et estimé par les personnages les plus éminents de l'étranger comme du Canada.

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Taché et Chabot, M. le grand vicaire Cazeau et un grand nombre de prêtres et de laïques.

Les archives de l’archevêché conserveront le nom de l'abbé Belle-Isle, et ceux qui les étudient bénissent sa mémoire, car tous les documents et les cahiers laissés par lui sont marqués au coin de l’ordre, de la méthode, et de la belle et bonne écriture.

Quand M. Louis Proulx entra à l'évêché en 1847, il avait déjà occupé nombre de postes importants daus le diocèse, Ordonné prêtre à Boucherville en 1828, on le voit professeur au collège de Saint-Hyacinthe, directeur pendant quatre ans au collège de Sainte-Anne, curé de Saint-Pierre-les-Becquets et de Saint-Jean-Deschaillons, puis, en 1835, de Saint-Antoine-de-Tilly. Chose assez singulière, il ne se croyait pas à sa place dans le saint ministère qu’il exercait pourtant si bien, D'une conscience timorée, il erut qu’il vaudrait mieux pour lui vivre au milieu de confrères, et en 1841, il demanda comme une grande faveur à Mgr Signay de lui permettre de quitter sa cure pour aller au séminaire partager les travaux de son ami Cazeau, “ Cette demande, écrivait-il, n’est pas le fruit de l'ambition, mais du désintéressement et du désir de sauver mon âme avec moins de danger.” Logé comme il l'était, l'archevêque ne put se rendre aux vœux de ce digne prêtre; mais il était entendu que, les circonstances devenant plus favorables, l'abbé Proulx serait appelé auprès de lui, C’est ce qui eut lieu dans l'automne de 1847, où il

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quitta sa cure de Saint-Antoine pour entrer à l'évêché, espérant y trouver, dans un travail plus en rapport avec ses goûts littéraires et ses qualités oratoires, une satisfaction et une paix qu'il n'avait pu trouver ailleurs, Mais il y a des épines jusque dans les palais épiscopaux,et il est certain que M. Proulx s'était fait une peinture trop belle de la vie en commun et du charme des relations ecclésiastiques. Pour bien goûter toutes les douceurs qu'offre la vie chez les autres, il est bon de ne pas avoir connu celles que l’on savoure en vivant chez soi.

L'abbé Proulx n’était pas au bout de ses épreuves, et la démission de M. C.-F, Baillargeon en 1850 lui en apporta de nouvelles, car la voix publique l’appela de suite à le remplacer à la cure de Québec, Convaincu de sa haute capacité, l’archevêque n'eut aucune peine à se rendre aux désirs des fidèles, et malgré les répugnances et les humbles représentations du nouveau titulaire, il n’hésita pas à lui confier le soin de la première paroisse du diocèse, Orateur éloquent, il est peu de prédicateurs qui aient eu autant de succès que lui dans la chaire de la cathédrale, Ecrivain, assez correct, M. Proulx publia un grand nombre de lettres dans la presse (1) pour défendre les intérêts religieux du pays. Ses rares talents,

uuis à une grande tendresse de cœur et à une véritable

(1) Il signait ‘ Marteau ” et aussi {# Un ami de la religion ”. Son principal écrit est intitulé ‘ Défense de la religion et du sacerdoce en réponse à la presse socialiste ”, brochure reproduite du Journal de Québec de février et mars 1850.

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piété, faisaient de M. Proulx l’un des membres les plus distingués du clergé de Québec. Cependant les circonstances furent encore défavorables à la tranquillité de son âme trop sensible, Obligé de défendre les intérêts matériels de son église et de lutter contre les syndics de la nouvelle paroisse de Saint-Patrice, il éprouva, au milieu des contrariétés nécessairement inhérentes à ces sortes d’affaires, une telle fatigue et un tel chagrin de tous les jours, comme il le dit lui-même, qu’il en arriva à supplier l'archevêque d'accepter sa démission et de le renvoyer curé à la campagne. C’est ce que le prélat se vit obligé, bien à regret, de faire au ler octobre 1851, où M. Proulx fut nommé à Sainte-Marie-de-la-Beauce, paroisse qu’il desservit jusqu’à sa mort arrivée le 6 juillet 1871 (1).

Pendant les vingt ans qu’il y demeura, entouré de l'amour et de la vénération de ses paroissiens, comme de l'amitié et du respect de ses confrères, il se trouva dans un milieu plus en harmonie avec sa nature et son tempérament, et il put exercer en paix autour de lui l'influence que lui donnaient la variété de ses connaissances et l’éloquence de sa parole.

Pour terminer ces courtes notices sur les premiers

(1) Quatre vicaires généraux et cinquante prêtres venus de partout assistaient à ses funérailles. M. Proulx était vicaire général depuis 1867. Il aurait sans doute été nommé bien auparavant, n'eût été sa résolution exprimée par lui-même de refuser cet honneur.

hôtes du palais épiscopal, il nous reste à parler de M. l'abbé Edmond Langevin, qui venait d’être ordonné prêtre quand on fit l'inauguration solennelle de l'évêché en 1847, Il fut successivement sous-secrétaire, assistant-secrétaire en 1849, et secrétaire en 1850, Après le départ de M. Harkin, en 1855, il le remplaca à la procure en même temps qu’il continuait de gérer les affaires du secrétariat, M. Langevin a été, toute sa vie, pieux, charitable, pauvre volontaire et ami des pauvres. Il s’est littéralement donné et dépensé au service des évêques et de toutes les œuvres qu'ils lui confièrent, et lon ne saurait exagérer la somme de travail qu’il s’imposait de lui-même, travaillant toute la journée et sans relâche, et prolongeant ses écritures très tard dans la nuit, souvent sans avoir pris aucune recréation,

I1 semblait avoir fait vœu de ne jamais se reposer. C’est lui qui fut le secrétaire de tous les conciles de Québec jusqu’au VII*® inclusivement ; chapelain pendant plusieurs années des Sœurs de la Charité, il fut aussi le premier chapelain des conférences de Saint- Vincent-de- Paul et de l'Ecole du Patronage. On sait qu'il ne quitta l'évêché de Québec que pour accompagner son frère Mgr Langevin à l'évêché de Rimouski, où il montra le même zèle et pratiqua les mêmes vertus. Très poli, il était un peu grave et distant, et n'avait pas cette aimable aisance ‘‘de manières ” que l’on remarquait chez les abbés Cazeau et Belle-Isle, Comme ce dernier, il avait une très belle écriture, que le premier

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aurait pu lui envier à bon droit, car on sait que l'abbé Cazeau n’eut jamais le prix de calligraphie, M. Langevin a publié un seul ouvrage, une vie de Mgr de Laval, qui renferme bien des documents mais qui n’a rien ajouté à sa gloire. Le prêtre valait mieux que l'écrivain; l'œuvre de celui-ci peut périr, les œuvres de celui-là sont immortelles !

1848.—Mor Signay est frappé de paralysie,

1849.—IL confie l'administration du diocèse à Mgr Turgeon.

1850.—Maer de Sidyme, administrateur du diocèse, appelle à l'archevêché l’un des hommes les plus remarquables du clergé canadien, l'abbé Ferland. Nommé membre du conseil épiscopal et aumônier de la garnison, ce prêtre savant et vertueux s’occupa, comme on le sait, de travaux historiques qui font sa gloire en même temps que l’honneur du clergé, Né à Montréal le 25 décembre 1805, M. Ferland fut ordonné prêtre le 14 septembre 1828. Vicaire à la cathédrale, à la Rivière-du-Loup et à Saint-Roch-de-Québec ; curé de Saint-Isidore, de Sainte-Foye, de Sainte-Anne et de Saint-Ferréol; préfet des études puis supérieur à Nicolet; deux fois missionnaire à la Grosse-Ile en 1847, pour porter les secours religieux aux victimes du typhus: tels furent les différents postes occupés par M. Ferland avant son entrée au palais épiscopal. Il visita, à deux reprises, le Labrador et l'Ile d’Anticosti, passa une année à Paris pour y

recueillir des documents pour son histoire du Canada,

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et fut pendant plusieurs années professeur et doyen de

la faculté des arts à l'Université Laval, Voici la liste de ses ouvrages : Observations sur une histoire du Canada par l'abbé Brasseur ; Notes sur les registres de Notre-Dame-de-Québec ; Voyage au Labrador ; Journal d’un voyage à la côte de Gaspé; Vie de Mgr Plessis ; et Cours d'Histoire du Canada,

“ Si un autre écrivain avant lui a écrit notre histoire, il a su, de son côté, rectifier un grand nombre de dates, débrouiller avec art nos origines confuses, jeter la lumière sur une foule de faits mal accusés, et mettre en relief plusieurs figures présentées sous un faux jour Prêtre et catholique avant tout, il était merveilleusement préparé à rend ‘“ux commencements de notre épopée, ce caractère eux qu’on ne peut pas méconnaître, sans fausser la vérité (1) ”. On peut dire que M. Ferland savait parfaitement l'anglais et le francais, et il écrivait très bien dans les deux langues. On pourra reprocher à son Histoire du Canada d’avoir un peu le ton monotone et sans vie des annales et des mémoires, Ses qualités d'écrivain brillent d’un bien plus vif éclat dans les monographies qu’il a publiées, et en particulier dans la Vie de Mur Plessis, qui est sans contredit un modèle du genre. Ilest à regretter que les préjugés du temps l’aient engagé à taire un certain nombre de

(1) Ces lignes sont tirées d'une remñ:quable notice biographique publiée dans le Courrier du Canada du 13 janvier

faits saillants qui appartiennent de droit à l’histoire et que l’on devrait trouver dans cette notice d’ailleurs si admirable,

M. Ferland mourut le 11 janvier 1865, Ses funérailles furent d’une rare solennité, Un détachement considérable des troupes de la garnison accompagnait le convoi funèbre, avec la musique militaire du régiment, Mur Baillargeon fit l'éloge du défunt,

1850, — Mort de Mor Signay à l’âge de 71 ans et 11 mois, le 3 octobre, à l'évêché, Funérailles le 7. Oraison funèbre par M, l'abbé Taschereau, aujourd’hui cardinal, Mgr Turgeon prend possession du siège épiscopa !

1551, — Mer Baillargeon, qui avait été consacré À Rome, évêque de Tloa, arriva à Québec le 1° juin et prit ses appartements à l'évêché,

Le 1‘ août de la même année, s’ouvrit le premier concile provincial, et six évêques avec leurs théologiens recurent l’hospitalité au palais épiscopal, L'abbé Pierre

Sax, jeune prêtre de grands talents, que Mgr Baillargeon

. avait ramené de Rome, travailla au secrétariat pendant

le concile, Mais il n’y resta que quelques semaines et fut envoyé missionnaire à Laval, Il y eut ainsi jusqu’à ces dernières années, employés au même bureau, des ecclésiastiques du séminaire qui, après leur travail et leurs repas, s'en retournaient pour suivre les cours de théologie,

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Tels: M. Edouard Bonneau en 1849, M. Léandre Hamelin qui entra la inême année pour partir en 1851 avec Mgr Cooke et devenir le premier secrétaire du premier évêque des Trois-Rivières, M. Dominique tacine, le futur évêque de Chicoutimi, qui Cemeura deux ans à l'évêché, et M. Francoïs-Olivier Thibaudeau, qui fut sous-secrétaire de 1851 à 1853, et mourut diacre, à l’'Hôpital-Général, le 28 juin 1853, Il fut l’un des plus brillants comme des plus pieux élèves du Séminaire de Québec, Nous lisons dans la notice nécrologique que lui consacra L’Abeille, qu'il avait été le premier rédacteur de cet excellent journal,

1851, octobre, — Arrivée à l'évêché de M. Thomas Roy, nommé chapelain et confesseur des Sœurs de la Charité, Il fut pensionnaire, pendant douze ans, au palais épiscopal, sans faire partie du personnel de la maison, Après avoir été successivement vicaire À Saint-Charles et à Kamouraska, puis curé de Sainte- Ursule, pour être de nouveau vicaire à Saint-Roch-des- Aulnaies, ce digne prêtre, effrayé de la responsabilité du ministère paroissial, avait obtenu de l’évêque d’en être déchargé. Il se faisait remarquer par une grande douceur de caractère, D'ne conscience trop timorée, et d’une santé chancelante, il ne fut pas longtemps confesseur des religieuses et fut remplacé temporairement dans cette charge, en 1853, par M. A. Parant,

supérieur du séminaire, puis définitivement par le

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