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trois ou quatre paroisses au dépens de la sienne, M. Vabbé Charles Baillargeon, aujourd’hui curé de Saint- Pascal, fut le contemporain de M. Gauvreau à l'évêché et il travailla le même nombre d'années, En juin 1866, n'étant encore qu’acolyte, il accompagna, à la visite épiscopale, Mgr Baillargeon, dont il était le neveu; et au retour l’évêque l’attacha définitivement à sa maison, Assistant-secrétaire d’abord, il fut ensuite secrétaire de 1866 à 1870, et partit en septembre pour le saint ministère,
1867, 1* mai, — Consécration épiscopale de Mgr Jean Langevin, dans la cathédrale, On rappelle que le même jour, neuf ans auparavant, Mer Horan avait été sacré à Saint-Patrice, et que tous deux partaient de l'Ecole normale Laval, dont ils avaient la direction,
L’érection du diocèse de Rimouski occasionna le départ de M. l'abbé Edmond Langevin, secrétaire de l’archevêché depuis 1850, et procureur depuis 1855. M, l'abbé Auguste Gosselin le remplaca au secrétariat et M, l’abbi J.-B.-Z. Bolduc à la procure, Ce dernier a été l’un des hommes les plus connus et les plus estimés de la ville de Québec, Quand il entra au palais épiscopal, il avait le prestige du: missionnaire, car à peine ordonné prêtre en 1841, il était parti pour les missions lointaines de la Colombie où il séjourna jusqu'en 1850,
Il a raconté son long voyage de six mois, autour de
l'Amérique du Sud, et ses travaux, ses fatigues dans des
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récits aussi intéressants qu’édifiants, et qui sont publiés
dans les “ Rapports des Missions du diocèse de Québec ”,
Doué d'un excellent jugement, et d’un rare esprit pratique, en même temps que d’une piété et d’un zèle bien prouvés par ce départ héroïque le lendemain de son ordination, M. Bolduc fit un missionnaire hors ligne ; et dans les neuf années de son laborieux ministère au milieu des Indiens, ses travaux furent visiblement bénis de Dieu, De retour à Québec, il fut bientôt nommé vicaire à Saint-Roch, et 1l était en même temps chapelain de l'Hôpital de la Marine, puis de l’Asile des Aliénés, Il remplit cette dernière charge jusqu’à sa mort,
En 1867, à tort ou à raison, on crut que les finances de la mense épiscopale étaient dans un état voisin de la ruine,
Quand un pareil malheur arrive à une maison, c’est une louable coutume de jeter le blâme sur le procureur, et il nous siérait mal de ie trouver mauvais. Mais il faut aussi tenir compte des circonstances et se demander si le supérieur de la maison ou l’évêque ne doit pas quelquefois porter la plus grande responsabilité du désastre, Or en 1867, comme le procureur de l’archevêché était M. Langevin, c'est naturellement sur son dos que devaient porter les coups ; il n’est que juste de dire que ce monsieur avait certainement trop de
besogne, à faire à la fois et qu'il lui aurait fallu une
capacité peu ordinaire pour bien s'acquitter de chacune,
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De plus, le charitable Mur Baïllargeon, qui n'avait rien à faire avec les recettes, faisait beaucoup pour les dépenses ; et comme il ne se rendit pas suffisamment compte des affaires, il doit avoir été pour une très large part dans la situation précaire des finances épiscopales. Il en fut de même du reste pour le collège de Sainte-Anne, où le prélat laissait l'administration entre les mains d’un homme qui menait rapidement et sûrement cette maison à la ruine, Quoi qu’il en soit, le fait n'en était pas moins regrettable,
Pour ce qui est de l'évêché, après avoir étudié laffaire, nous en sommes venu à la conclusion que la situation n'était pas aussi dangereuse qu’on le pensa d’abord, Et dans les comptes laissés par M. Langevin, nous avons eu le plaisir de constater que les recettes
étaient en général assez fortes pour supporter les
dépenses, C’est ce que ne manqua pas de voir lui-même
M. l'abbé Bolduc, qui fut appelé dans ces circonstances difficiles pour estimer la gravité du mal et y apporter les remèdes convenables,
Il se mit en peu de temps au courant des afiaires, et à la retraite ecclésiastique l’état de compte qu’il présenta, montra la nécessité d’une nouvelle souscription du clergé pour que la barque épiscopale pût être remise à flot, Mgr Païllargeon en fit lui-même, en termes bien touchants, la demande à ses prêtres, qui comme toujours
se montrèrent d’une générosité vraiment admirable,
Voici la résolution qu'ils passèrent à cet effet : ‘ Le 27 août 1867, nous soussignés curés, vicaires, missionnaires et autres prêtres de l’archidiocèse de Québec, réunis en retraite au séminaire diocésain, vu l'exposé fait par Mor Chs-Frs. Baillargeon, archevêque de Québec, de l'état déplorable des finances de l’archevêché, et prenant en considération la demande à nous faite par Sa Grandeur, d’un secours effectif du elergé pour l'aider à acquitter ses dettes, nous nous engageons par amour ou par reconnaissance, à payer annuellement, dans le mois d'août, à lui ou à ses successeurs, pendant six ans consécutifs, la vingtième partie de nos revenus ecclésiastiques, y compris le casuel, jusqu'au montant total de six mille louis, conjointement avec les communautés de la ville ; à moins que ce montant ne soit complété avant l'expiration des six années ”,
Pendant les trois années qui suivirent, les souscripteurs payèrent la somme totale de $11,895.57. Elle fut trouvée suffisante ; et à la retraite de 1870, Mgr Baïillargeon décida, en remerciant le clergé, qu'il n’y aurait plus de versements à faire et que le sacrifice avait été assez grand et la dette suffisamment diminuée,
Cette dette était en 1867 de $50,512,20 et en 1870, grâce à la bonne administration de M. Bolduc, elle n'était plus que de $20,025.00,
Des reniboursements considérables faits par des syn-
dics de la Rivière-du-Loup, contribuèrent aussi pour une
large part à cet heureux résultat; car la construction de l’église de cette paroisse figurait avec avantage dans le compte des dettes épiscopales. Et ce fut, nous en sommes convaincu, la principale, sinon l’uniqne cause du déficit dans les comptes de l'évêché, Il est facile de
voir que dans une affaire de ce genre, s’il y a faute, ce
n’est pas au procureur qu'il faut s’en prendre, mais à l'extravagant curé et à l’évêque qui lui permet les extravagances,.
Le nouveau procureur était évidemment un homme d’affaires dans toute la force du terme, et nous pouvons en témoigner avec connaissance de cause, nous qui
avons eu l'honneur et la charge de lui succéder et qui
avons trouvé ses comptes si bien tenus et toutes les affaires de l'évêché dans un ordre si parfait,
Nous avons parlé plus haut du collège de Sainte- Anne, dont l'existence même se trouva en péril M. Bolduc fut l’un de ses amis les plus sincères et les plus efficaces, il fut l'âme du comité de secours ; et par les souscriptions abondantes qu’il sut obtenir et par son invincible persévérance à soutenir qu’il fallait à tout prix sauver cette institution, il assura le succès de la généreuse entreprise, et mérita à jamais la reconnaissance du clergé et surtout des élèves de Sainte- Anne,
M. Bolduc éteit généreux et charitable ; il protégeait un grand nombre “orphelins et secourait bien des familles pauvres. D'une tournure d'esprit et de manières
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