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R. P. Sneider, S. J, M. Roy ne demeura à l’hospice des Sœurs que les deux ou trois semaines de sa dernière maladie, qui le conduisit au tombeau le 31 juillet 1863, Il était âgé de cinquante ans.
M. Roy, comme nous venons de le dire, Ctait la douceur même, Il lui arriva cependant un jour de mécontenter fortement l’évêque de Montréal et de créer toute une sensation dans le monde ecclésiastique. Mgr Bourget était un partisan déclaré et énergique des cérémonies romaines poussées jusque dans les plus petits détails, et il avait à cœur de les introduire avec toute leur perfection non seulement à Montréal mais dans toute la province. Comme il avait remarqué pendant son séjour à Rome que l’on restait assis à la messe solennelle au chant de l’Incarnatus est du Credo, il avait prescrit aux fidèles de son diocèse d'en faire autant et de ne pas se mettre à genoux. Or M. Roy, qui rédigeait l’Ordo, c'est-à-dire le calendrier à l’usage des prêtres des deux diocèses, avait trouvé ur décret tout récent à ce sujet et il crut qu'il ferait bien d’en agrémenter sa petite brochure, pour l'information et la consolation de ses confrères de Québec, qui, pour se conformer à une coutume séculaire, continuaient de s’agenouiller comme de simples mortels à l’Incarnatus du Credo. Ce décret disait purement et simplement qu'il fallait se mettre
à genoux, à moins d’une coutume contraire! Et ce
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décret venait de Rome, de la Sacrée Congrégation des Rites (1)!
L'évêque de Montréal répondit dans le cours d’une longue ordonnance sur la liturgie, que les usages approuvés dans son diocèse étaient ceux de la sainte Eglise romaine. ‘Les particuliers, dit-il, n’ont rien à changer de leur chef à la discipline, sous prétexte que l'on aurait trouvé un décret qui semblerait favoriser une pratique contraire à l’ordre établi dans ce diocèse ”, Cet incident fut cause que depuis lors Montréal eut un ordo spécial, Québec restant avec le sien, Mais il ne faudrait pas croire que le vénérable prélat s'occupât uniquement de rubriques et de génuflexions, ce serait injustement méconnaître son caraetère et ses œuvres,
“ J1 aimait les cérémonies du culte! lisons-nous dans un excellent ouvrage récemment publié, et veillait avec soin à leur pureté, De chacun de ses voyages à Rome, où il étudiait sur place les rubriques, il rapportait des observations qu'il s’empressait ‘de transmettre à son
clergé, Mais la liturgie n’absorbait pas son zèle épisco-
pal. Il savait qu'un évêque n’est pas un simple maître
(1) Utrum in casu (scilicet in missa solemni, dum cantantur verba Æ{ Incarnatus est, etc.) ab omnibus qui sunt in choro sedendum, etiamsi non sint canonici, sed simplices sacerdotes superpelliceo et cotta induti?
Resp. S, R. C. post diligens examen: ab iis qui non sunt canonici negative, nisi adsit contraria consuetudo, 31 Julii
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de cérémonies, qu’il est pasteur et docteur, qu’il lui faut par conséquent enseigner et conduire (1) ”.
Son Excellence Mur Bedini, archevêque de Thèbes et Nonce apostolique au Brésil, arrive à Québec, accompagné de Mgr Hughes, archevêque de New-York, et de Mer Larocque, coadjuteur de l’évêque de Montréal, Ces éminents personnages demeurent trois jours au palais épiscopal, Chargé d’une mission spéciale auprès du Président des Etats-Unis, Mgr Bedini venait au
+ Canada comme simple visiteur, Les circonstances ne
pouvaient être plus favorables ; presque tous les prêtres du diocèse se trouvaient réunis dans la ville épiscopale pour la retraite annuelle, et le lendemain de son arrivée, 25 août, Mgr le Nonce présida à la clôture, dans la cathédrale, où eut lieu l’imposante cérémonie de la rénovation des promesses cléricales.
Le vingt-six, il y eut réception au salon de l’archevêché, et un grand nombre de citoyens allèrent présenter leurs hommages au digne représentant du Saint- Siège, “ À côté de Mgr Bedini, lit-on dans le Courrier du Canada, on remarquait Mgr Hughes, Mgr l’archevêque de Québec, Mgr Larocque, Mgr Cooke des Trois- Rivières, M. Bilodèle, V, G., supérieur du Séminaire de
Montréal, M, le grand-vicaire Cazeau, M. Saint-
(1) Mère Marie-Rose, fondatrice de la congrégation des SS, Noms de Jésus et de Marie au Canada par Fidelis, Montréal, 1895.
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Germain et un grand nombre de prêtres des quatre diocèses de Québec, des Trois-Rivières, de Montréal et de Saint-Hyacinthe. Après la présentation des citoyens, Mgr Bedini fit un petit discours. et dit qu’il était extrêmement flatté de la réception qu’on lui faisait à Québec ; que rien ne l'avait touché davantage, que de trouver à une si grande distance au delà des mers, un peuple vraiment catholique, des mœurs et des habitudes catholiques; que c'était pour lui une grande consolation et la cause d’une joie véritable, de voir les principaux citoyens de cette ville réunis, et de leur exprimer combien il était reconnaissant des attentions qu’on lui portait, malgré son indignité ; que c'était avec une sorte d'orgueil qu'il se voyait le premier représentant du Saint-Siège qui eût visité le Canada; qu’il en ressentait une grande satisfaction et ne perdrait jamais le souvenir des spectacles qui s'étaient présentés à ses yeux; qu’il se rappellerait toujours cette réunion de pasteurs et du peuple fidèle autour de leur digne chef, et que cette couronne était bien due à un prélat aussi vénérable que celui qui lui donnait l'hospitalité … Parlèrent ensuite dans l’ordre suivant: Mgr l’archevêque, M. Cauchon, le nonce, M. Cauchon et Mar Hughes ”.
Le même soir, Son Excellence quittait Québec pour Montréal, accompagné des prélats qui l'avaient suivi, ainsi que de Mur Baillargeon et de M. Léon Gingras, du
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M. Ellison prit au daguerréotype le portrait du distingué visiteur, et on le fit reproduire sur la toile par M. Théo, Hamel, pour lui donner au palais épiscopal une place d'honneur qu’il occupe encore aujourd’hui,
Mgr Bedini ne fut pas recu avec la même politesse et le même respect dans les villes des Etats-Unis. A Cincinnati, il fut indignement insulté et même on put croire que ses jours étaient en danger, à ce point qu'il se vit obligé de quitter secrètement le pays pour échapper aux menées des ennemis de la religion (1).
Justement indignés à cette triste nouvelle, le clergé et les citoyens de Québec adressèrent une lettre &e sympathie et de protestation à l’éminent archevêque qui les avait honorés de sa visite et qui les avait charmés par ses aimables discours, Le nonce fut très touché de cette démarche, et il y fit une longue et intéressante réponse qui se trouve reproduite dans le Journal de Québec du 7 décembre 1554,
1854, 26 janvier.--Les membres du Clergé de la ville se réunissent au palais épiscopal pour la première conférence ecciésiastique tenue depuis la conquête.
(1) Lettre de Mgr Baillargeon à Mgr Bedini, 21 février 1854, On accusait le nonce d’avoir été, en 1848, un des oppresseurs et des bourreaux 4e l'Italie, Cinq cents allemands fanatisés par Gavazzi se rendirent à la demeu'e de l'archevêque qui donnait l’hospitalité à Mgr Bedini. La police gardait le palais, et elle fit une sortie qui fut suivie d’une mêlée générale ; ‘les coups de feu furent tirés et la foule se dissipa en laissant ‘louze blessés sur la place, Un d'entre eux mourut deux jours après.” L'Abeille du 15 janvier 1854,
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28 mai, — Ouverture du deuxième concile, neuf évêques et vingt-quatre théologiens,
1855, 19 février. —Mgr Turgeon est frappé de paralysie dans l’église de Saint-Jean-Baptiste, et le 11 avril suivant, il confie à Mgr de Tloa l'administration du diocèse, Deux Sœurs de Charité venaient tous les jours donner leurs soins intelligents et dévoués à l’auguste malade qui, incapable de tout travail, ne fit que languir pendant les douze années qu’il vécut encore,
Septembre,—Première retraite ecclésiastique au palais épiscopal pour les vicaires du diocèse, Jusque-là il n’y avait qu'une seule retraite pour tous les prêtres, et depuis 1841, elle se donnait, chaque année, au séminaire, À partir de 1855, il y eut toujours deux retraites, l’une pour les curés qui se faisait au séminaire, l’autre à l’archevêché pour les vicaires, et cela jusqu’en 1886 exclusivement, Le palais épiscopal ne pouvant plus alors contenir le nombre toujours croissant des jeunes prêtres, il fut décidé que ces exercices spirituels se donneraient à l'avenir au séminaire et pour les curés et pour les vicaires.
1856, — Monsieur l'abbé Honoré Lecours, ecclésiastique, est nommé assistant-secrétaire., Fait prêtre en 1859, il fut définitivement attaché à l'évêché en qualité d'aumônier, et il rendit de grands services par ses remarquables talents, sa grande bonté de cœur et son aimable caractère, Plusieurs confrères qui l'ont bien
connu nous ont rendu de lui ce beau témoignage,
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Quand il mourut en 1866, à l’âge de 30 ans seulement, après avoir passé dix ans à l'évêché, ce fut un deuil général, non pas seulement au palais épiscopal où il était singulièrement estimé et aimé par son évêque et par ses confrères, mais encore dans tout le diocèse dont il Ctait l'espérance et l'honneur.
1859,—De 1859 à 1861, Monsieur l'abbé L.-H, Pâquet, ecclésiastique, remplit les fonctions de soussecrétaire et en 1860 accompagna l’évêque à la visite épiscopale, Ordonné prêtre en 1862, on sait qu’il alla passer trois ans à Rome, pour revenir docteur en théologie, enseigner au grand séminaire de Québec. Sorti de cette maison, l’année dernière, ilest devenu pensionnaire à l’archevêché, et chapelain des Sœurs Franciscaines de la Grande-Allée,
Quand il quitta le palais épiscopal, au mois de mai, 1861, M. Pâquet eut pour successeur l'abbé Luc Rouleau, ecclésiastique, aujourd’hui chanoine et curé de la cathédrale de Rimouski, Pour se rendre aux pressantes sollicitations de son chef de bureau, l'abbé Edmond Langevin, il abandonna cette position, en septembre de la même année, pour aller assistant-principal à l'Ecole normale dirigée alors par M. Jean Langevin, le futur évêque de Rimouski.
Ensuite vient comme sous-secrétaire, l'abbé Francois Gagné de 1861 à 1862. Il alla vicaire dans différentes paroisses, curé de Saint-Dominique-du-Saguenay, mis-
sionnaire du Mont-Louis, et curé de Cascapédiac, M.
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Gagné est mort le 24 avril 1881. Il était petit-cousin de Mgr Baillargeon, 11 fut remplacé au secrétariat par M. Joseph-Etienne Martin, qui fut ordonné prêtre le 20 décembre 1862 et demeu:a deux ans à l’archevêché, 1862-1864.
Comme il est actuellement curé de Saint-Frédérie et qu'il est, g'âce à Dieu, plein de vie et de santé, il nous pardonnera facilement si nous ne faisons pas ici son oraison funèbre, Nous demandons la même faveur : tous ceux que nous avons déjà nommés ou que nous nommerons dans la suite, et qui sont dans les mêmes conditions que cet excellent et aimable confrère, ,
De ce nombre se trouve l'abbé Auguste Gosselin, l’auteur si avantageusement connu de la Vie de Mgr de Laval et de plusieurs autres ouvrages historiques importants, Ce monsieur entra à l’archevêché le 4 octobre 1863, très jeune, n'étant pas encore tonsuré, et il recut ses lettres d’assistant-secrétaire en 1866, et de secrétaire en 1867. L'année suivante, il fut nommé vicaire à la cathédrale, Après avoir desservi les paroisses de Sainte-Jeanne et de Saint-Ferréol, M. Gosselin, pour se rendre aux désirs de Mer l'archevêque administrateur, a abandonné l’exercice du saint ministère et consacre son temps à l'Histoire de l'Eglise du Canada,
Pour ne pas sortir du secrétariat, disons de suite que M. l'abbé Anselme Boucher, ecclésiastique, aujourd’hui curé de la Pointe-aux-Trembles, y travailla quelques mois seulement, de décembre 1864 à mai 1865, où il
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fut remplacé par M. l'abbé Cyriac Bérubé, qui à son tour céda la place, le 15 juillet 1866, à son confrère M. Louis Joseph Gagnon, M. Bérubé est maintenant curé de Saint-Victor-de-Tring, Quant à M, Gagnon, ordonné prêtre le 7 de mars 1868, il continua de faire partie du personnel de l'évêché jusqu'au mois d'octobre suivant, Il est actuellement euré de la Sainte-Famille, Iled'Orléans. A la belle fête de ses noces d'argent de prêtrise, célébrées il y a trois ans, il a été prouvé à la satisfaction générale qu'il était lPurnai de Dieu et du peuple et qu’il avait toujours mérité et conquis l'amitié des évêques et de ses confrères,
Mentionnons comme les principaux événements qui doivent trouver ici leur place : en 1860, la réunion au palais épiscopal des évêques de la province au nombre de huit, à l’occasion de la visite de Son Altesse le Prince de Galles; en 1862 le voyage de Mgr Baillargeon à Rome, pour la canonisation des vingt-six martyrs du Japon, et en 1863, la tenue du troisième concile provincial, auquel prirent part dix évêques et vingt-trois théologiens,
1865,— La mort de l’abbé Ferland arrivée le 11 janvier rendit vacant le poste important et dificile de l'aumônerie militaire. Mur Baillargeon jeta les yeux pour le remplir sur l'abbé Edouard Bcaneau, qui, comme nous l'avons vu, avait déjà passé quelque temps à l'évêché pendant son grand séminaire, et qui était actuel-
lement curé à Saint-Laurent, Ile-d’Orléans. On ne ?
pouvait faire un meilleur choix. D’une vertu éprouvée, remarquable par sa bonne éducation, son exquise politesse et ses belles manières, sachant parfaitement l'anglais, M. Bonneau ne manqua pas de s’attirer l’estime et la confance de tous les militaires, officiers et soldats, de la ga:nison de Québec.
Comme son prédécesseur, il demeurait au palais épiscopal, qu’il ne quitta qu’en 1874 pour aller résider chez les Sœurs de Charité, dont il était le chapelain depuis 1870, année du départ üéfinitif des troupes anglaises. Nous avons tres bien connu M. Bonneau, ayant demeuré quatre ans avec lui, et nous pouvons dire en toute vérité que c'était un ] rêtre selon le cœur de Dieu, un homme d'exemple, un confrère toujours bon et toujours aïmable, Son ministère était très fructueux, tant auprès des soldats qu'auprès des religieuses; les protesta”ts euxmêmes subirent l'influence de sa vertu et de ses prières,
car un grand nombre d’entre eux abjurérent entre ses
mains et recurent de lui linstruction religieuse et les
sacrements de la véritable Eglise, Sa mort arrivée le 19 février 1888, fut douce et sainte comme sa vie (1).
M. Damase Matte, prêtre depuis six ans, entra à l'évêché quelques inois apres M. Bonneau, et fut nommé
assistant-secrétaire, Il revenait du ccllège de Kingston,
(1) M. l'abbé T.-G. Rouleau, principal de l'Ecole Normale, a publié une notice biographique sur M. Bonneau.
où il avait été professeur; il ne demeura qu'un an auprès de l’évêque de Québec; et, en 1866, il prit la cure de Somerset, qu’il dessert encore aujourd’hui, 1866. — Comme nous l'avons vu plus haut, M.
Lecours, qui mourut en 1866, Crait assistant-secrétaire et aumônier, Comme le titre d'aumônier a souvent diverses significations, disons qu'ici celui qui a cette charge s’occupe des aumônes et de toutes les œuvres de charité diocésaine. C’est lui qui doit recevoir et secourir les pauvres, donner l’hospitalité aux Ctrangers, tenir les comptes des componendes pour les dispenses de mariage, du denier de Saint-Pierre, de la Propagation de la foi et de toutes les autres collectes ; il doit voir au soutien des pauvres missions et des missionnaires du diocèse ; et de plus il est de droit et de fait chapelan des conférences de la société de Saint-Vincent de Paul, Ce sont ces importantes fonctions que À, l'abbé Antoine Gauvreau fut appelé à remplir en 1866. On pourrait ajouter qu’il était aussi maitre des cérémonies et qu’il fonda l'institution si utile des écoles du soir, dont il fut pendant quatre ans le zélé et infatigable directeur, Mais comme nous avons promis de ne pas louer les vivants et qu’il serait difficile d’'énumérer toutes les œuvres que M. Gauvreau a accomplies pendant son séjour de quatre ans à l’archevêché, disons qu'il partit en 1870 pour aller curé de Saint-Nicolas, plus tard à la Bonne-Sainte- Anne, à Saint-Romuald, à Lévis, puis
enfin à Saint-Roch-de-Québee, où il est en frais de faire