‹ Histoire du Palais-RoyalChapitre 24 sur 26 · LE ROI, ALMIIŒ, AZAMOR, MIRAME; ACASTE, ALCÏNE, L'AMBASSADEUR · texte numérisé non relu

LE ROI, ALMIIŒ, AZAMOR, MIRAME; ACASTE, ALCÏNE, L'AMBASSADEUR

LE ROI

Mirame n'est point morte ? Almire , est-ii possible?

3l4 PIÈCES ICSTIFICÂTIVBS.

. ALXXBE.

Sire y elle ne Test pomt

LE EOI.

Comment?

ALMIEE.

Ne pouvant pas L*empecher par raison de courir au trépas , Tai feint que j'approuvais un dessein si tragique , Qu'elle pouvait mourir par une herbe colchique , Qui de la seule odeur tuait en un moment ; Mais au lieu de tuer, elle endort seulement ; Et Médée en usa pour siller la paupière Du dragon qui jamais ne perdait la lumière.

J'en gardais en secret , je courus la quérir; J'en porte y elle la sent , et dort pensant mourir. Je l'ai sentie ausii , mais non si long-temps qu'elle; Aussi j'ai moins dormi.

AZAMOB.

L'agréable nouvelle !

LE ROI

J^estinic ton esprit, j'approbve ton conseil. Allons la secourir.*

PISGES JUSTIFICATIVES. 3l5

AZiHOK.

CoUrcfÈis à soii réveil ; Puis tâchons d'apaiser le transport qui l'cthime.

Que le ciel pour le moins ihe décharge d*un crime ^ Mais y cher frère , ton sang en ces lieux é{ianché Sans cesse par mon sang me sera reproché.

LE EOI.

Son somne est éternel , tu nous trompes, Almire.

▲LCIHE.

Grand prince , elle dit vrai , la princesse respire ! Elle s'éveille enfin.

nnuME.

Sodobres et tristes lieux, Au mohns IdisseK-mol voir le souhait dé tnés yeux.

AZiSHOft.

O bons dieux I elle vit ! /

itltlAME.

Où sommes-noQs, Aimire.

D'où vient ce jour si grand dedans le noir empire? Chère Almire , vient-il de l'éclat radieux Que l'ame d'Arimant répand dans ces bas lieux ? Je ne puis soutenir sa brillante lumière.

3l6 PrÈGES JUSTIFICATIVES.

Prince , mon espérance et première et dernière , Venez me recevoir, je cours après vos pas.

Faites qu*on vous entende où l'on ne vous voit pas.

ALMIEB«

Il n'est point en ces lieux.

MIEAMB.

O cruelle aventure !

Il erre au bord du fleuve étant sans sépulture. Que vois-je ?

AUIIBE.

Votre père.

MimoiE.

Almire , il est donc mort?

£t le roi de Phrygie ? ont*-ib suivi mon sort? Pardon , mon roi , mon père.

LE EOI.

Eh bien I je vous pardonne.

Ma fille ) il ne faut pas que je vous abandonne.

Oui , je vous viens chercher en ce lieu bien heureux,

Mais admirez l'ardeur de ce prince amoureux.

Il vous cherche en tous lieux : il veut toujours vous suivre.

Nous vivrons tous ensemble.

PIÈCES JUSTIFICATIVES. 3l7

IHRâME.

Ah ! parlez-vous de vivre ?

Ce mot est-il permis où domine la mort ?

LE EOI.

Oui, Mirame, il faut vivre , et, par un bel effort.

Vaincre de votre cœur la douleur obstinée.

Agréez d*Azamor le royal hyménée.

Nous ne sommes point morts > ni lui, ni vous, ni moi;

Arimant de la Parque a seul senti la loi.

Mais s'il vivait encore , il vous prirait lui-même

D'accepter les désirs d*un frère qui vous aime.

Azamor est son frère, et vous prendrez plaisir

D*en apprendre l'histoire avec plus de loisir.

Ici sont les jardins de la belle Héraclée ,

Ici de vos amis est la troupe assemblée.

MIEAME.

Ah î traîtresse, je vis.

ALMIRE

Quittez votre fureur.

IflEAME.

Ah ! son sang en autrui me donne de l'horreur. Son frère pour époux? O nialheureuse'amante ,

3l8 PIÈGES JDSTIFIGA.TIVES.

Qui même sans ton ame est encore vivante; Faut-il qa*en ta douleur pour comble de tourment. On te présente encor son frère pour amant? * .£t qu*on pense qu'un nœud peut être légitime Où son sang pour jamais ce reprochât ton crime? Son frère pour époux I propos injurieux Dont mon amour s'irrite et se rend furieux. Son frère pour époux I ptus il lui serait proche, Je croirais de plus près en senlijr le reproche. C'est inceste en amoi^r et digne d'un bourreau^ Que de s'unir au sang d'un amant au tombeay.

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