XVI INTRODUCTION
sition, mais encore ils jurèrent sur l'Évangile de ne plus reconnaître Grégoire comme chef de l'Église.
« Je vous renonce pour pape, » écrivit ensuite Henri à Grégoire, qui n'était plus pour lui que Hildebrand, « et vous » commande, en qualité de patrice de Rome, d'en quitter le » siège. » L'envoyé royal, Roland, clerc de Parme, qui était chargé de remettre à Grégoire cette étrange missive, se présenta au concile que le pape avait convoqué à Rome, au mois de février 1076, et lui annonça en ces termes sa déposition : « Le roi, mon maître, et tous les évêques d'au delà » des monts et d'Italie vous ordonnent de renoncer immé- » diatement au trône de saint Pierre et au gouvernement de » l'Église Romaine que vous avez usurpé. . . . » Puis, s'adressant aux évêques, il leur dit qu'ils eussent à se présenter devant Henri, à la Pentecôte, afin de recevoir de lui un pape, au lieu de Hildebrand, qui n'était qu'un loup dévorant. Les paroles de Roland déchaînèrent un tumulte effroyable, qui ne fit que s'accroître encore à la lecture, faite par le pape luimême, des lettres du roi, et il eût été certainement mis en pièces sans l'intervention de Grégoire, qui le couvrit de son corps.
La querelle des investitures entrait dans une nouvelle phase, et la guerre était déclarée, implacable de part et d'autre.
A la déposition prononcée contre Grégoire VU, les évêques présents au concile répondirent par une protestation unanime de fidélité et de dévouement à sa personne, et ils l'engagèrent à anathématiser Henri et ses complices. Grégoire, se levant, dit d'une voix solennelle : « Saint Pierre.... » c'est pour l'honneur et la défense de l'Église, de la part » du Dieu tout-puissant. Père, Fils et Saint-Esprit, et par » votre autorité, que je défends à Henri, fils de l'empereur