‹ Histoire du Pape Calixte IIChapitre 9 sur 40 · INTRODUCTION. XV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XV

son côté, avait entendu les griefs des Saxons ; il intima à Henri Tordre de mettre immédiatement en liberté les évêques qu'il retenait prisonniers et de leur rendre leurs églises et leurs biens ; il l'informa, en outre, qu'un concile serait assemblé sous sa présidence ; qu'il y serait examiné si les évêques devraient perdre leurs dignités, et s'il y avait lieu de leur accorder satisfaction pour les torts qu'ils avaient subis; enfin, il ajoutait que si le roi persistait à désobéir aux canons de l'Église et à ne pas éloigner de lui les excommuniés, il serait lui-même exclu de la communion des fidèles.

Henri reçut à Goslar la sommation du pape. Au comble de l'irritation, il chassa les légats et convoqua à Worms un concile (23 janvier 1076), qui réunit, à l'exception des Saxons, presque tous les évêques d'Allemagne. Le roi y assista. Rien ne peut donner une idée plus exacte de la situation de l'Église à cette époque que ce qui se passa dans cette circonstance. Un cardinal, Hugues le Blanc, qui avait été frappé des foudres du pape pour s'être ligué avec Guibert, archevêque de Ravenne et partisan de Henri, produisit un libelle dans lequel Grégoire était accusé d'avoir excommunié le roi sans motifs, d'avoir conspiré contre sa vie, d'avoir donné de fausses interprétations à l'Écriture sainte, d'avoir jeté au feu l'eucharistie, d'avoir fait mourir trois hommes sans jugement, de porter sur lui un livre de nécromancie, d'être hérétique, adultère, simoniaque, etc. Enfin, après deux jours de délibérations, il fut déposé, et l'acte de déposition fut signé par tous les évêques présents.

Aussitôt cette décision prise, Henri la notifia aux évêques lombards, dont l'antipathie pour Grégoire était manifeste; il les invita à souscrire cet acte. Dans un conciliabule qu'ils tinrent à Pavie, non seulement ils adhérèrent à sa dépo-

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