‹ Histoire du Pape Calixte IIChapitre 12 sur 40 · XVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVIII INTRODUCTION

presque seul, en excommunié, exclu de l'Église, privé de toute autorité et de toute dignité. En retour, les princes lui promettaient de lui faire accorder par le pape la couronne impériale. Henri s'inclina devant une volonté si formellement exprimée; l'orgueilleux roi dut aller cacher à Spire une humiliation que ni ses ennemis, ni Grégoire n'eussent osé rêver aussi complète.

Elle ne fut rien cependant auprès de celle qui lui était réservée un peu plus tard, lorsque, le jour anniversaire de son excommunication — terme fatal fixé par les princes — approchant, il venait implorer du pape son pardon. Grégoire, qui, sur l'invitation des promoteurs de la diète, se rendait à Augsbourg, effrayé de certaines manifestations sympathiques qui s'étaient produites en Lombardie, en faveur du roi, s'était arrêté au château de Ganossa, où il avait demandé asile à Mathilde, la puissante comtesse de Toscane. Henri s'y présenta; le pape ne voulut pas le recevoir ; bien que le repentir du prince parût sincère et qu'il affirmât le désir d'accepter ses décisions, il demeurait inexorable ; enfin, il exigea, avant de lui donner audience, qu'il déposât entre ses mains la couronne et les autres insignes de la royauté. Le roi consentit à subir cet affront, puis il vint au château, revêtu d'une tunique de laine grossière, les pieds nus, malgré la rigueur du froid, n'ayant pris, pour ainsi dire, aucune nourriture. Il attendit ainsi un jour, deux jours, trois jours ; il ne fut admis auprès du pape que le quatrième jour (26 janvier), grâce à l'intervention de la comtesse Mathilde, que, brisé par la fatigue, le chagrin et la honte, il avait priée d'intercéder auprès de Grégoire; encore avait-il dû auparavant s'engager à jurer fidélité à l'Église.

Cest aussi nu-pieds qu'il comparut devant son terrible juge, qui lui donna l'absolution, à la condition de se rendre

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