‹ Histoire du Pape Calixte IIChapitre 13 sur 40 · INTRODUCTION. XIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XIX

à la diète des seigneurs allemands, au jour et à l'endroit fixés par le pape, afin de répondre aux accusations formulées contre lui ; de renoncer à la couronne, s'il était reconnu coupable ; de ne porter jusque-là aucune marque delà dignité royale, de ne pas s'occuper des affaires de l'État et de se montrer toujours soumis et obéissant envers le Saint-Siège. Grégoire lui demanda de plus de ne se venger en aucun cas de l'humiliation qui lui était infligée. Henri souscrivit à tout, puis le pape lui donna la paix et la bénédiction apostolique, célébra la messe, offrit une moitié de l'hostie à son royal pénitent, qui trouva un prétexte pour la refuser, et le renvoya aux siens.

L'entrevue de Ganossa fut le second acte du grand drame dont Grégoire VII et Henri IV sont les principaux personnages. Il peut sembler que la papauté en sortit plus forte et plus grande. Ce serait une erreur de le croire. La dureté dont Grégoire fit preuve en cette circonstance ne fit qu'ulcérer davantage le cœur du roi et reculer une solution que la clémence, le généreux oubli des injures et un pardon vraiment chrétien auraient seuls pu amener. Elle n'a pas peu contribué à lui créer cette réputation d'ambition, d'orgueil et de violence que quelques-uns lui ont imputée. Mais elle fut surtout une faute politique, dont les conséquences ne se firent pas attendre, et que Grégoire VII dut regretter plus d'une fois.

Pendant qu'il s'empressait d'informer les princes allemands delà soumission de Henri, les seigneurs et les prélats lombards, toujours hostiles à Grégoire et irrités de l'affront qu'il avait fait subir au roi, accueillirent ce dernier de façon à réveiller en lui son amour-propre mal endormi, et lui offrirent le secours de leurs armes, s'il voulait se venger. Henri saisit avec empressement cette occasion ; il proposa au pape

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