‹ Histoire du Pape Calixte IIChapitre 2 sur 40 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

pons, les évêchés et les abbayes, à la mort ou à la déposition des possesseurs, faisaient retour au souverain ou au prince, qui en disposait à son gré. En Allemagne surtout et en Angleterre, ce fut la règle. Là l'empereur, ici le roi nommaient aux bénéfices vacants. Leur choix, il est à peine besoin de le dire, n'était pas guidé par les intérêts de l'Église, mais par des convenances purement personnelles. Le plus souvent, les nouveaux dignitaires étaient des courtisans qu'il fallait récompenser de leurs services; de grands seigneurs, dont le concours pouvait être précieux; des hommes au tempérament belliqueux, qui, dans ce temps de guerres continuelles, avaient, en raison des obligations que créait le vasselage, leur place marquée sur les champs de bataille, à côté de leur suzerain.

Les finances impériales, le trésor royal étaient-ils épuisés; fallait-il faire face aux dépenses d'une expédition ; s'agissaitil de satisfaire aux exigences d'une vie de luxe et de prodigalités, les évêchés, les abbayes, les charges ecclésiastiques étaient destinés à parer à tous les besoins. Proie offerte à toutes les cupidités, ils étaient mis aux enchères et adjugés au plus offrant. Peu importait que celui-ci eût ou non les antécédents, les aptitudes, les qualités indispensables aux fonctions auxquelles il se trouvait appelé, il recevait l'investiture et était sacré.

C'est ce trafic des dignités et des bénéfices, flétri sous le nom de simonie, qui produisit, du x" au xii*^ siècle, cette foule d'évêques et d'abbés, la plupart sans talents, débauchés, qui déshonorèrent l'Éghse. Leur corruption trouvait trop facilement des imitateurs dans le bas clergé et dans l'intérieur des monastères ; le relâchement, le désordre et l'immoralité étaient partout.

Pendant le xi'' siècle, le mal débordant sous toutes les

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