T. 1. JO
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ineffiiçablè dé sacrifier ses forts à rokigënëé d'un peuple qu'il n'aTail pas encore appris à estifiier. D^aitteurs, il n'aurait osé aecèptét^ une capitulation, en supposant même que les Saxbiis eussent été dis* posés à l'accorder \ Ceux-ci ^serraient la plbce de plus eh plus ; ils gardaient toutes leli avenues pour rendre impossible l'évasion du roi; Henri s'en apercevait et se trouvait dans uncriid êiUbai^ras, fcar il voulait s'éhfuir du côté du Rhin^ où les évèqUes iUî avaient conservé leur attachenient ^ â causé dés g|[^hdes feveurs qu'il leur avait accohiécs. Il contihUa d'amuser lés Saxons par des hégoéiatiôns, et |)endant qu'ils en attendaient un heurtsux sucées, il se déroba la nuit 2, avec lé duc Berthold et les deux évoques, et se sauva à travers l'épaisseur Ûe la forêt dont il connaissait parfaitemeiil lés chemins. Sa suite était très-peu nombreuse; il avah déjà fait tiraihlspdrler secttteuient, dans des sacs, tes ihiiîgnes dé la royauté et une partie de ses tré- Sôipi!. 11 oHtoiWkà, en partatit, aux chefs du fort de tébîr son àteèïice secrète *.
Mptèé la dcslf uction dé HeîtebbUi^é^ on élivtoya utt feorpè d'armée devahtÀsèhbourg^ pîâ«e
• BrtttiiM» p. îm.
« D'après rAnnal. sax., c'était le v idus August.
» Lambert fait errer le roi pendaot trois joui*s dans un sentier ^troit et peu connu, souffrant de ia faim, phHn de crainte et d'anxiété, redoutant à chaque pas de rencontnsr la mort.
4 Lambert parle souvent du camp, mais ne dit jamais où
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[m»\ DU W^É'GÈÈGoiAÉ vn. ^
fdrté qiil (Mhîëîiaif Iiiit)rënsibUJ àui assiégeante, â c&tièë dé éà |$osition. On drësi^ un carhp devant oétté ^lè(cë, et roii fermèi toutes les issùëë ptitir k réduil^ept* là fetaîflë ; cër, blë« qtf elle fût àm|)lethëai pOtiHtiè de pt^otislohs, il y avait unel gâfhltoh t^Opl tidittMrèu^ pôilt tjju'ëUe pût téWr loftêtëinij^, La Itmpê eé|)ët[dànt résista jusqu'à (foêl, mais dlôrs elle demanda au rdi dfe proîiiJ)tè secoùrfe; car là jbmtë était an coUble^ là faïniné fatàif déjà fait pëtii* (iii gi^and noriïbl-é de feoWàtsî, et cëui qiil pestaient n'avaient pour përèpëctîve que lit llioH dtt la captivité.
Lé quatrième joUf dé sa fiiîté, Hentî, ftarslèsè de fetîgue, arriva a*ec ses compagnons â Èfechèflwégë; Après s'y être Reposé lin jour, (1 feétëhdît â Hefëfeîd, où àé l^uùîrent déjà iiiWiif de lui ijùélqùèS tt&iipés. II s'y ai^i'éta Jtondàrit quàtrè JOdi-s, atfeadàllt ra^nùiéé qui devait fna^clièf feoritf e la I^ôlogne,* eàr lè jour indiqué plour sa réunîoiï ii^étàlt pas élôigriê. Là sef rendirent avec leÙi'S Irotipt», AdàïKëtt, évèqtiède'WurtxBotltg; riermaritf, de fiambei'g, et plusieurs autres sèîgnetiï*^. Aoddlphë, due dé Souâbe, aitisî ^ue leS éVêquèi^ dli HhiAy de la Soûâbe et de là Ê^iére, éàmpaîeiit
. il était situe. Krause, dans son Indexe géographique annexé à lirnibert, dit i k Ptitat tif fuisse aut firniflàsiiniim cdiii^m » Asseburg ditionis GuelfèVbytatf*, ém àliiiâ ïâ Mansfôl- » dite èomhatii sittiià.i» SteÈppuyani èiît Ûëi paéM^eSâ^hamberti p. 189y il Fa placé dkùs la TIMi^inge, Â in f harîilgia » septentrionali, in vlçinie montium Harlicorahi. 9
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308 VIE ET POMnPICAT [1073]
avec leurs troupes près de May^ice, att^idaut les ordres du roi pour le rejoindre ; car leduc avait déjà appris que Henri voulait employer l'armée ailleurs, quoiqu'il en ignorât le motif. Il en est même qui prétendent qu'il n'était pas étranger aux troubles des Saxons, qu'il avait pris part aux projets de leur affranchissement, et que c'était pour cela qu'il retardait sa marche ^ . Mais le roi lui envoya l'ordre de venir le rejoindre à marches forcées au bourg de Gapella, non loin de Hersfeld. Rodolphe leva son camp et se réunit au roi.
Les princes, partisans du roi, ayant appris sa fuite, regardaient cet acte comme honteux et indigne d'un chevalier; ils disaient hautement qu'ils étaient trompés dans leur attente et obligés de se retirer dans leurs foyers*. C'est ce qu'ils déclarèrent au roi lui-même, quand ils se trouvaient réunis à Hersfeld. Henri leur répondit avec beaucoup de douceur, s'excusa sur plusieurs choses qu'on lui reprochait, disant que sa fuite avait sauvé le pays, que l'injure faite à la dignité royale retombait sur eux et sur tous ceux qui l'avaient choisi pour roi, et dont l'appui lui était nécessaire contre les méchants. Ainsi chacun doit veiller à ce que la dignité royale, qu'ils ont reçue de leurs pères dans
' Lamb., ann. 1073. « Plerique tamen jactabant emn hujus » conscium participemque extitisse. »
• Parce que, comme dit anonym. Fitœ Hènr.^ « Vitam > laudi, salutem fortunœ praetuUt. » Bruno dit h m^me chose, p. loa.
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ClorS] DU PAPE GRÉGOIRE VIL 309
un état brillant et entouré d'honneurs, ne soit point avilie, et qu'on ne donne point à la postérité un exemple aussi funeste. Ces paroles firent impression et gagnèrent tous les cœurs. On était d'avis, puisqu'on était prêt, de marcher immédiatement contre la Saxe, et de tirer vengeance de ce nouvel affront; mais quelques-uns firent observer que la trop grande précipitation n'aboutit à rien ; que les Saxons sont un peuple brave, porté à la guerre par leur caractère sauvage, soulevé par de fréquentes injustices, et prêt à vaincre ou & mourir, puisque le lien de la justice et des lois était brisé. On trouva ces observations fort justes, et l'on différa la guerre afin de mieux s'y préparer. Le roi donna l'ordre à tous les princes de se réunir avec leurs troupes au village de Breitungen, le jour de la Saint-Michel. Ce village appartenait au couvent de Hersfeld ^ Sur cela, le roi se retira avec les princes à la résidence royale de Tribur, et se rendit ensuite sur les bords du Rhin. Il envoyait partout des messagers aux princes et aux villes pour les maintenir dans leur fidélité; il donnait et promettait beaucoup, restituait à plusieurs ce qu'il leur avait arbitrairement enlevé, lorsque la fortune lui était plus favorable^.
* Dans le comté de Hennebei^, près de la V\^erra. Daos les chroniques on trouve Bredingen. S'agit-il de Alten, de Herren, oudeFrauen-BreitungenPU parait que c'est Herrenbreitungen.
* Telle est la version de Lambert, qui écrit avec le véritable esprit de l'histoire.
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Vi^y^^q^ ^U rpi pe r^ta pas longtefppsi mcç». nue ^ux Sa^ûQS qui étaient devant HapzbouFg, Iljs çp .^¥^eDt up Yjf regret, car la guerre était cq^r me^cée, et le roi pouvait poursuivre sou plai» ^i^^ yeuîf de tout runiyers. Ils divisèrent donc leurs farce^;^ pt aprèsi avoir ^^issé un oorpe dei troupe;; respeptatlle devant p^rzbpurgi ils se touruèreut yers d'autres forts, dQut il était plus facile dp s'eipparer- Au reste, ponfi^g ils s'attachaient à ren- Ypr^er de (oud eu cofuble ces coustructiops, ils pfirept de^ ipei^urQs pour augpfienter leur aruiée.
D^qfi^ ce but, ils; enyoyèrept quçlqups-ruus de lews pripcipauic cl^pfs, le§ plus sagpfi et Ips p)u$ prudents, auxTl^qrîpgieps, pour les inforippr 4^ Icturs projets et pqur )^ prier de faire c^itse ppiur mm^ ?vec ^H» pqur \^ ^ét&me 4e \^ liberté, Lqs ThqriPSJÇns çpnvflqiifîrâBt ^^ fiouséquqnçe une assiçipUée générale 4 Trettenbourg ^ Lorsque les 4^P^té^ sa:(Ou« y arrivèreut, tqut le ppi|pl^ j^t^ ^^ m 4p joie, l^urs plaiptqs fqrent eutenduesi, )$ur< pl^ps $ipprûi|Yé^, on jurfi ^ur-le^b^n^p de fipcqurip les Ss^ops. Gomme qp étaif ^ou$; Ifi ipôin^ pppressiîqu et qu'qp ^vait les mêmes ipo|i(*f 4^ s'ipwr^fMTi QQ voulait partager les mêpiqs^ jn^ii^, prendre part, s'il plaMt h Weu, ^ ^ iBèiftÇi victoire, et combattre jusqu'au dernier soupir, pour le bien cqfldWH» àei deux peuples, Pe fl[iôn«e qu'à
' Lwi)içi1 l'^»P«Ue Tritib^rç, ROrIp^^ ^e T^nn^tertt.
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v^e ^po^^ffii plu6 rapprochée cl^. mas^ le^, çof^-. dérés helvétiens, menacés de la servitude de lewis^ s^gf^mfft^SQréttnirent de toutes)^ v^les à B^utii, et j wèreAl UJH^QÎméBQMmt de vaii^c^ Çh^, ^ i]|ou:f ir pqiw le«ur aslut ^ leur ^élivrancç j de «tôqie le peypl^ de k Tt^uringe, toujours br^ve,^ tj^onnète^ actifs simple,^ et dî^e de ses ^^noêtres^, jura de t^'assofim wx- S^Vi$j et de les soutenir de touç seis efiarte^'.
ies ^U^Jbèt de Fulde et de Hersiifeld, et d'autre^ seigneurs fpâ possédaient des domai^ei^ ^Hàs^ la Thuring^, reçurent également Vinyitatiofi de; se joindrez i eii^, et 4e \eur eayoyer le\a;s, kov^vç^e^i d'arme«9 &oi)« p^iae de l^ déyastat^om de leurs^ tttW9. Pli(sieui^ ei^Ypjés ^u roî oher^^èsent par tous left pftj^ft ^ s'opposer k ^^9 Ugue, qialst i]» fureat mal a^^ye^liçr pa^to^t \ ^peme quelques^ hpmn]\es. ^es et sîif^s du peiy^^e p^renHlp; 1^ p^téti^^ eontr^ 1^ Cb^^Uï pppvlj^içe^ L'aris^ei^r que de BK^esi^ s<^ tre«vaU ^ pe^ç; époque ^ Çrford, on le força d'entrer dans la conspiration et de jmfe? qu'il ft'agir^it. çpn^e, eux n^ pair ses armés ^i par ses eonseik^, et ^n ne le laissa partir qu'aprèa
' Ç*e3t ce que montre ce proverbe eo vers :
D^ «v^Q p^^ite. fâf iunt \\hx fercula quinguç.
Thuringe Chron., p» 43.
« PM>pte9 juftgefttînm qvko legit^is est defere^^uiq, Xa/^bûO.
* Les Aonales saxonnes font entendre qi^'on usa d^ force
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qu'il eut donné des otages pour garantie de sa promesse \
Cependant on n'était point disposé à poursuivre le roi hors du pays^. Les châteaux étaient le premier obstacle à vaincre; aussi firent-ils tous leurs efforts pour les renverser. La destruction de Harzbourg leur semblait le plus nécessaire. Prendre cette place d'assaut, c'était chose impossible; on résolut donc de la prendre par famine. Pour couper toutes communications à l'extérieur, on construisit sur une montagne voisine un château non moins fortifié, et l'on y plaça une nombreuse garnison. Dès lors on en vint continuellement aux mains ; car chaque fois qu'on amenait des provisions pour l'un ou pour l'autre fort, on se les disputait des deux côtés avec un grand acharnement. Les Saxons se battaient avec un courage admirable; ils avaient un grand avantage, leur fort était plus élevé que celui de leurs adversaires; ils pouvaient envoyer des troupes fraîches à celles
à regard de plusieurs. Bruno, p. 109, dit la même chose. On leur donnait à choisir entre l'exil et la participation à la ligue.
' Tel est le récit de Lambert. Plusieurs auteurs croient que rarcheyéque, de même que celui de Cologne et la plupart des princes des environs du Rhin, faisaient depuis longtemps partie de la ligue saxonne, mais qu'ils le tenaient secret tant que l'issue en était douteuse.
> Néanmoins ce parti eût été très-prudent, car on aurait affaibli les forces de Henri, et déterminé plus d'un seigneur à la défection.
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[1073] DU PAPE GRÉGOIRE Tn«i 313
qui étaient fatiguées, ils avaient d'ailleurs des vivres en abondance. La garnison de Harzbourg était dans une situation affreuse, elle souffrait cruellement de la faim : car, en approvisionnant la place, on ne s'attendait pas à un siège aussi long. Cependant plus d'un Saxon oublia l'injuste conduite du roi en faveur de quelques individus non coupables : plusieurs comptaient dans le fort des amis avec lesquels ils avaient vécu et passé leur vie au sein de la paix et du bonheur; on leur passait des secours qu'ils partageaient avec leurs malheureux compagnons; de sorte que Harzbourg tint plus longtemps qu'on ne s'y était attendu ^ Henri reçut alors une nouvelle bien fâcheuse. Hermann, frère du duc de Saxe, tenait as.siégée depuis longtemps la place de Lunebourg ; elle était mal approvisionnée, et la garnison se trouvait réduite aux dernières extrémités et sur le point de se rendre : mais Hermann n'entendait pas rai* son, il la tenait étroitement serrée^; et puis il envoya dire au roi « que ses soldats sont dans une » dure captivité; que, s'il veut les avoir vivants, il » commence par rendre la liberté à Magnus, son » neveu, et par le renvoyer près de lui ; que s'il » ne le fait pas, il usera envers ses troupes des » droits de la guerre, et les traitera comme des
> Bnino et l'Annaliste saxon sont d'accord sur ce fait. * Lambert s'exprime ainsi : « Secundum prophetam, pane » arcto et aqua brevi sustentabat. »
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^^mtmUqnu contre U^mt deâgenf», eux passé % l6s limles d'u» t^mt^ire étranger) et qui, d's^r 4) prèfi les joid du pays, out mérité la piort, » Hçnri fui interdit, il hésita longtempa; abapdonQar ses soldat!^ à leur u^alheureux sojfU wh lui pmissait diffioile et daQg^ireux; il savait que par qn acte semblable il ^'attirefait raveraipQ de ises sujets, justifierait leurs pJaiotes sur seu iiyustice et sa dqreté, et découragerait ua graud nombre de ses propres partisans. D'ailleurs jl n'était pas étranger au sentiment d'humauité; mais comment rendre la liberté à un homme s^ur la perte duquel il avait compté pour s'assurer Vempire de la Saxe, à un homme qu'un emprisfmuement de trois ans devait nécessairement avoir exaspéré contre luit Bnfin les nombreux me^ges des assiégés aux grands du royaume, leurs prières, leurs menaces et leurs alarmes mirent fin à Tiur décision du roi; il envoya à Harzhourg Tordre de mettre en liberté liagnus et tous ses eampagnona. Les inquiétudes de Henvi ne firent qu^augr mentor. Les seigneurs sur lesquels il comptait le plus el à qui il avait exposé sa position, lui montraient peu d'intérêt, surtout ceux d$ la S^uabe et de la Franoonie, Les habitants de cea prevtncaa se défiaient de lui» car le brui| courait qn^\\^ avait les mêmes vues sur ces deux pays que sur la Saxe Ml ne savait pas non plus profiter du bon
' Annal, Saxon.^ ann. 191% f>t Bruno, p. llft^
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Itm} DU PABB GWiGeilip VIL W5
tçsprit des villes. U voyait qiie la S^i^q et la Thu*ringe étaient en mouYement, qqç» 1î^ fqppç 4es ^Dr l^iqîs s'augmentait tous les jours, et que, parmi se$ placos fortes, legf unes étpieol ruinées et les ^^tr^$ 4^ns la plus cru^Ue 4étres«^.
{le^trant en lui-même, et faisant de sérîaugès réflexions, Henri com^ulta les arf^bevêquân de Msyence et de Cologne K t^es grands lui pi^omir rent leur appui, mais à condition qu'il permettrait ^m Saxons d'envoyer, à me époque déterminée, des ambassadeurs, et qu'il laisserait examiner en çommi}n leurs griefs. Si la pause du roi était juste et qu'il fût trouvé innocent, tes princes ne manqueraient pas de le secourir, comme cela convient aux sujets du roi; mais si ta justice se pouvait du côté des Saxons, alors le roi, eomme ce serait son devoir, réparerait les torts, et pran^ drait des dispositions plus équitables ; ear ils ne voudraient pas marcher contre des chrétiens dont cm aurait reconnu l'innqceQpçs et q^î leur sont d'ailleurs attachés par les liens du sang h Tel élait 1^ langage de Ilodolphe, duc de Squaha^ dfi ^^thojd de Zfthringen et de Welf de Bavière^, H^ri n'en parut pas, ofifipinsé.
des archevêques indiquèrent doQÇ aui seigneurs §?\xons * ui^e réunion à Gorvey , et le jour eii «lie dor
» Lambert,
* Bruno, p. IJO. Annal. S(u;o^.
» Chron. Hersaug.^ ann. 1073.
« Le IX detf calendes 4e septembre.
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vaît avoir lieu, Sigefroi deMayence s'y rendît; il n'en fut pas de même d'Annon de Cologne, qui ne voulait peut-être plus se mêler des affaires du monde depuis qu'il avait quitté les rênes du gouvernement. Cependant, pour se conformer à la volonté du roi, il envoya des légats qui, revêtus de son autorité, approuveraient tout ce qui pourrait contribuer au bien et à la tranquillité de l'Etat. L'archevêque de Mayence mit tout en œuvre pour réconcilier les Saxons avec le prince; mais le zèle même qu'il mit à défendre la cause du roi rendit les Saxons plus difficiles, et augmenta leurs prétentions. Ceux-ci connaissaient la situation de Henri, les dispositions peu favorables des grands, le caractère particulier du roi qui ne s'en tenait jamais à une résolution, et qui se laissait guider par les circonstances plus ou moins favorables; ils craignaient que ses promesses ne fussent l'effet de la crainte, et que leur pays ne se trouvât sous la même oppression, dès que les circonstances seraient changées. Ils exposèrent ensuite, outre les injustices criantes qu'ils avaient éprouvées, d'autres grands griefs contre le roi, et dirent qu'il ne pouvait plus rester sur le trône sans exposer la foi chrétienne à son entière destruction; qu'il avait commis envers ses amis les plus dévoués, envers sa femme, envers sa sœur, l'abbesse de Quedlinbourg, et envers d'autres personnes ses proches parentes, des attentats qui, jugés d'après
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[i073] DU PAPE GRÉGOIRE VII. 317
les lois ecclésiastiques, lui faisaient perdre les droits du mariage, les honneurs de la chevalerie et toute puissance séculière \ Aprèsr quelques pourparlers, on arrêta qu'une seconde assemblée serait tenue dans le mois de novembre à Gerstun-^ gen ^, et qu'on donnerait et recevrait douze otages à l'abbaye de Hohenbourg ^ pour la sûreté des deux partis. Là, toutes les inculpations portées contre le roi devaient être pesées et jugées par le tribunal de la noblesse. Du reste, si le roi le jugeait à propos, il se justifierait en personne, s'il le pouvait, des torts qu'on lui reprochait.
Cependant un certain nombre de courtisans trouvaient qu'il était inconvenant et indigne de la majesté royale, que le roi donnât des otages à un peuple qui lui était soumis; car les hommes de tous les temps et de tous les lieux avaient pour principe, que le trône est une chose sacrée et respectable, quand même celui qui s'y trouve ne l'est pas. Au jour indiqué, les archevêques de
* Lambert est ici si précis, qu'on peut le suivre en toute sûreté. « Eum sine magna christianse religionis jactura
non posse ulterius regnare et facinora patrasse quae
si secundum ecclesiasticas leges judicarentur et conjugium^ militiœ cingulum et omnem prorsus secoli usum» quanto magis regnum abdicare censeretur. »
* Lamb. place Gerstungen « in confinis Thuringiae et Hassise. » C'était une très-ancienne ville de la Ttiuringe où Ton tenait fréquemment de pareilles assemblées.
* Hoenburg, Hohenburg, Homburg, autrefois un couvent entre Angensalze et Thomasbruck,
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3» vifi m poîrrtf MAT [mtt]
Mdyéiice et de Cologne se rendil^ent & Hoheiïbourg pour cohtreniandep lei^ otages, H Unt paraidftslit plus coâvenable qu'on se contentât d'ane dimple parole^ et qu'on ii'exîgeât pas d'aut<»e garantie pour se rendre à rassemblée.
Mais le roi méditait un autre plan ([tii h'étâit pas aussi honorable. Au nord de l'AHèMiagne, entre FElbéet l'Oder, près de la belle et InerVéîlleuse Rhétra, vivait titt peuple sailvàlge, ééltiî des Luticîens^ il touchait aux frontiérèsf dé Ik Saxe. Les SaxéUtls et les Lutfcîeni$ étaiérit ennemis, eomnte tfela arrive souvent aux peuplée limitrophes, quoique eelà ne soit ni honorable ni avantageux. 8oixdnte-dîx ans SUparavànt, un roi allemand avait été obligé d'acheter \û paix dé ce peuple qui, depuis ee temps-là, figura sotitent comme auxiliaire '^ans les troupes d^AHemàgnè!. De cette manière, lès Luticiens appHrent â corinattre leurs forcés, et tentèrent plris d'une cfôliquète. Ils ôtaktot parvenus à donner leurs IcSs aux Obotrites, et à détruire dans leur pays la foi cbrétiennCi Bernard, duc de Saxe, chereha alors à soumettre lés peuples slaves au joùg dés lois^ mais la tranquillité était pour eux comme la morli^ Depuis cette époque, ouf eut toujours quelques querelles aux frontières. L^êihpereur Conrad II voulut remédier à tout par un appel au jugement de Dieu; tnaîs fcUmme ce Jugement devint favorable au peuple slave, il fut
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KApbssible dé tetiif leë Liltieienë ëh ¥ep6i. Ih firent ûu cohtraltie de noutôatix progrès ; letib impétuosité pouvait à pfeitie être contenue par le glaite des braves Saxons K Henri liii-méme leur avait déjà fait te guerre * et dévasté leur pays.
Ce fut à ce peuple, à ce vieil ennemi de la Saxe, que le roi s'adressa pour l'exciter de nouveau, afin d'occuper les Saxons ailleurs et d'être à même de poursuivre son plan contre leur pays. Les Luticietis Vivaient en bobiié intelligence aVetî les Danois; Henri j par ses protoesses et par &e& présents, fît une telle inipressioti sur ces peuptedeS avides^ ({ù'ellês oublièrent facilement le mal qu'il leur avait fait.
Déd que les SatofiS fùréitt iiistruits de cette démarche^ ils éhvoyèrent sur-le-champ aux Luticieus dés députés chargés de faire des offres ^lus considérables que celles du foi^ pdur les engage!^ à rester en paix avec eux. Ils ajoutèrent cepeiidant que si les Lhticiëus ti'aeceptaient pas leurs offres, ils se croyaiettt en état de faite face & deux ennemis à la .fois, et qu^àinsi les Luticiens avaient à choisir entre l'argent et la bravoure des Saxons. Les Luticieiïs^ ayant mis l'affaire en délibération, se divisèrent en deux partis :
» Krauset Mstaire de l'Europe moderne^ l. 4^ i'« part., p. 14.
* Berlhold. CoDSt., ann. 1069. Sigeb. Gembl., aim. lOSO.
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320 VIE ET PONTIFiCAT [1073]
les uns se déclarèrent pour le roi, les autres pour les Saxons. Des paroles on en vint aux mains, plusieurs milliers d'hommes périrent dans cette querelle domestique. Comme elle dura longtemps, les Luticiens ne purent rien entreprendre contre leurs voisins \
A cette même époque, un comte allemand, Wîprecht de Croitz ^, chassé de ses Etats par ses voisins, chercha un asile en Bohême. Ce pays était alors gouverné par un duc-suzerain qui avait le droit de faire la paix et la guerre, de donner des lois, et qui ne reconnaissait au-dessus de lui que l'empereur d'Allemagne, dont il était le vassal ^. Wratislas était duc de Bohême depuis 1061, et avait encore passé peu de jours tranquilles. Wiprecht vint à sa cour et en fut très-bien accueilli. Bientôt il gagna son affection; considérant un jour avec surprise la richesse et le faste du duc, il lui dit : « Le titre de roi de Bohême vous conviendrait mieux que celui de duc? Pourquoi n'en faitesvous pas la demande à Henri, roi d'Allemagne? Dans la position où il est, il ne vous le refusera pas, si vous lui offrez de l'argent et des troupes. »
' Lamb., ann. 1078.
* Sa vie se trouve dans Chron. Pegau^ et dans Hoffmann, Script, rerum Lusaticarum.
* D'après TAnnaliste saxon, ann. 1003, le duc de Bohème était aussi vassal des margraves allemands. Voyez PelzeVs, geschicchte von Bœhmen, i«' th., p. 63, et sur celte histoire, p. 67.
Digiti
L'idée sourit au duc, qui envoya le comte en Allemagne, pour offrir au roi quatre mille marcs d'argent et trois cents à la reine, à condition qu'il accorderait le titre de roi. Wiprecht se rendit à Wurzburg^
A l'époque où l'on prenait ces arrangements, Henri était occupé à demander du secours aux Danois. S>Yen III, se rappelant ses anciens engagements, rassembla sa flotte, remonta l'Elbe, arriva aux frontières de la Saxe, et se mit à ravager le pays par le fer et par le feu ; mais ses troupes ne tardèrent pas à murmurer contre cette entreprise. Les soldats refusèrent de marcher, parce que les Saxons, bien loin d'être ennemis, leur avaient servi de bouclier contre l'invasion des barbares. Un jour viendra, disaient-ils, que nous serons obligés d'expier notre témérité. Le roi, craignant d'être abandonné par les siens, prit le parti de se retirer ^.
Le jour fixé pour l'assemblée de Gerstungen ^ étant arrivé, les seigneurs saxons s'y rendirent à la tête d'un corps de quatorze mille combattants % les autres troupes étaient employées à protéger le pays et à faire le siège des forteresses. Des prélats qui avaient à se plaindre du roi s'étaient attachés aux Saxons ^. Les archevêques de Cologne
' Chron, Pegau, dans Hoffmann.
* Tel est le récit de Lambert, ann. 1078.
* Le 13 des calendes de novembre.
^ Lamb.
* Carmen de Sello Saxon,
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392 VIE ET PONTIFICAT [107â)
ei de Mayence, les évêques de Metz et de Baniberg, les ducs de Lorraine, de Souabe et de Carinthie étaient chargés de défendre la cause du roi. Le prince refusa d'y comparaître, et attendit à Wurzburg la décision de l'assemblée.
Enfin la diète s'ouvrit; les seigneurs saxons demandèrent aux partisans du roi de ne pas perdre de vue les règles du droit et de la justice; de peser mûrement toute chose et de juger avec impartialité ; de faire attention, moins à leur entreprise qu'aux maux qui la rendaient nécessaire *é Alors chacun exposa ses griefs, et fit ressortir les injustices du roi envers les particuliers et envers la nation entière, et les crimes dont il avait souillé la majesté royale. Les envoyés n'étaient certainement pas venus pour défendre sa cause : du moins Sigefroi de Mayence ne mon* trait pas les bonnes dispositions qu'il avait exprimées en présence de Henri. Tous furent étonnés des méfaits qu'on attribuait au chef de l'Empire, et de la longue patience des Saxons. On délibéra pendant trois jours sur ce qui conviendrait le mieux au salut et au repos de l'Empire. Le der* nier jour, tous s'accordèrent à dire que ié
* Lambert fait ici tomber les prioêes mkoâs aax pieds des ambassadeur» du roi; mais ceci est une formule dont Lambert se sert bien souvent et qu'il ne faut pas prendre à la lettre. Au reste, cet auteur est le plus sûr, parce qu'il se trouvait près des lieux.
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roi était indigne de porter la couronne, et qu'il était urgent d'en élire un autre qui sût mieux diriger les rênes du gouvernement. On jeta les yeux autour de soi, et l'on trouva plus d'un prince digne de ce poste éminent, et propre au malheureux temps où l'on se trouvait ; mai« per-^ sonne ne paraissait réunir plus de qualités pour être à la tête des affaires que Rodolphe de Souabe, Il était de Rheinfeld, château petit, mais très* fortifié» situé sur les bords du Rhin, à Tendrait où ce fleuve sépare le Brisgau du canton de Râle. Il avait été bâti, à la fin du x^ siècle, par Thierri, premier comte de Rheinfeld ^ Le père de Rodolphe, Guno, était parent du comte de Habsbourg^, sa mère était de la famille d'Otton le Grand ^. U pouvait donc se vant^ d'une nais-
• StraujiU PositiQues histonçe de Rudolpho Suevico, p, 4, et Gerbert, de Rudolpho Suevico^ etc., § i. Celui-ci dit : Comme r^ucienne Augusta des Romagnes donna, par sa destruction, naissance à Baie, de mêine elle fit naître I^heiQfeld.
' * Voyez VHistoire de Suisse de Muller, p . 8 1 5, qui a dop te la généalogie suivante :Cu no, comte d'Ortenau. mourut' en lOU; il Rivait épousé Gisela, fille du comte Gérard d'Ëgisheim, qui épousa en secondes noces Gérard XI, de la mai^n de Lorraine. Cuno eut de Gisela un autre Cudo, courte de Rheinfeld et père de Rodolphe. Sa mère, Richwara d'Orningue, descendait d'Olton le Grand. On peut ¥oir, sur cette longue et difficile filiation,Gerbert, ^/e Rudolpho Suevicoj c. 8, et Strausii Position.^ p. 7, où il y a une table gé» jQtéalogique^
» Voye? Gerbert, p. 113. On rapporte son nom différemment : Richolica, Richensa, Richeldis et Richwara.
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sance illustre. 11 était maître du duché de Souabe et de la Bourgogne en deçà du Jura; il était appelé roi d'Arles, et résidait communément à Zurich K Du reste, il était fort bien élevé; la beauté du corps, l'agrément de la figure relevaient chez lui les grandes qualités de l'esprit ; pour la bra* voure, l'honneur de la chevalerie et l'héroïsme, personne ne le surpassait ^. 11 voulait le bien et la justice, mais il aimait à dominer et à commander. Il était allié au roi Henri par un double lien, d'abord par la sœur du prince, Mathilde ', qui avait été son épouse jusqu'en 1060, et par sa seconde femme, Adélaïde, fille d'Otton, margrave d'Italie, et sœur de la reine Berthe ^ Son peuple lui était dévoué, sa puissance était fondée sur leur aftfection. Les Souabes ne penchaient pas du côté du roi; ils avaient fait avec les Saxons untraité secret, par lequel ils s'étaient engagés à refuser au roi leurcoopératîon chaque fois qu'il attaquerait l'un ou l'autre peuple, car il paraissait avoir aussi des projets hostiles contre la Souabe ^.
* Pfistef's Geschichte von Schwaben^ n, p. 95. Gerbert.
* Auctor Vitœ Henrici IV^^ p. 8.
' Qaelques-ims l'appellent aussi Agnès.
* Straus., p. 9, Gerb, p. 116.. Plusieurs auteurs lui donnent trois femmes, dont une, Adélaïde, fille de Guillaume, comte de Bourgogne. Gerbert fournit sur ce sujet de nombreuses recherches.
» Comme il a été dit plus haut. Bruno^ p. 105, ajoute : « Quod fœdus Saxon es si fideliter servassent, et ab infamia, perfidiaet a magna parle calamitatis iiberi fuissent. »
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Rodolphe montrait depuis longtemps une fidélité chancelante ; tous les suffrages de l'assemblée de Gerstungen furent pour lui. En lui offrant la couronne, on ne croyait pas trop faire pour l'intéresser vivement, ainsi que son peuple, à la cause de la délivrance de la Saxe. Cependant on tenait cette élection secrète, parce qu'avant de fournir à Henri une nouvelle cause de troubles et de combats, on voulait l'attirer dans quelque partie éloignée de l'Allemagne, et convoquer une diète pour délibérer de nouveau sur ce sujet avec les autres princes de l'Empire. Rodolphe avait d'ailleurs déclaré que, pour assurer le repos et la liberté des peuples, il ne refuserait pas la couronne; mais que, pour éviter l'opprobre attaché au parjure, et pour conserver l'honneur de son nom, il ne l'accepterait qu'autant que les grands du royaume la lui accorderaient à l'unanimité. On arrêta qu'on parlerait au peuple d'une tout autre résolution prise à Gerstungen, et qu'on publierait qu'on y avait décidé de donner à Henri satisfaction de la révolte des Saxons, moyennant qu'il réparât ses injustices et qu'il donnât une parfaite sécurité à ceux qu'il avait forcés à la rébellion.
Le roi devait passer les fêtes de Noël à Cologne, c'est là qu'on voulait le détrôner^ et con-
* C'est ainsi que le rapporte Lambert, si bien informé.
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firmer le choix de Rodolphe. On arrêta le jour de l'assemblée ^ Les Saxons se retirèrent chez eux, les autres seigneurs se rendirent à Wurz^ burg pour rendre compte au roi du résultat dé l'assemblée ; mais ils ne lui communiquèrent que la dernière partie de leur résolution, celle qu'ils voulaient annoncer au peuple. Henri, Satisfait, promit de remplir toutes les conditions pour le rétablissement de la paix; mais sa résolution était'* elle sincère et solide? c'est ce dont il est permis de douter. 11 était réduit, et n'avait pas la force nécessaire pour employer la sévérité et pour agir avec plus de résolution ; mais il cherchait ardemment à l'acquérir.
Ce fut alors qu'arriva Wîprecht, comte de Groitz, pour lui faire les offres de Wratislas. Le roi prit conseil des grands, accorda au duc l'objet de ses vœux, et l'archevêque de Mayence, les évêques de Constance et de Wurzburg flirent chargés de son sacre, à condition que le nouveau roi secourrait l'empereur' d'Allemagne contre tous ses ennemis.
Dans l'automne de 4073 le roi se rendit à Ratisbonne pour y célébrer la fête de la Toussaint. Il voyait avec une profonde douleur que les
* Chron, Pegau* Les seigneurs sous ce nom comprenaient-ils Henri ou Rodolphe? N'ont-ils pas consenti si facilement à ce sacre, parce qu'ils entendaient seulement ce dernier?
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grands des pfoyinces rhénanes avaient perdu leur affection pour lui, que ses ordres n'étaient plus respectés, et que Rodolphe et Berthold de Zahrin* gen étaient devenus ses ennemis. 11 alla à Nurb-^ berg ei s'y arrêta pendant quelques jours. Là le mystère de Gerstungen lui fut dévoilé. Il avait autour de lui un grand nombre de princes, parmi lesquels se trouvaient Rodolphe et Berthold. Un chevalier honorable, nommé Reginger, qui longtemps avait joui d'une grande faveur à fe cour, fit un jour une plainte très-grave contre le roi ; car voici ce qu'il dit à Rodolphe et à Berthold, en présence de plusieurs grands de l'Empire : « Le » roi a voulu, par ses prières et par ses promesses, » m'engager, moi et plusieurs autres, à vous sur- » prendre par les armes, lorsque vous seriez ras- » semblés à Wurzburg et appelés à part à un * entretien secret, et à mettre un terme à la » guerre civile par le meurtre des chefs. Mes com- » pagnons ont consenti à cette action criminelle. » Moi seul, ayant devant les yeux les droits de la » justice et le jugement de la postérité, je m'y » suis refusé, et j'en ai détourné le roi autant » qu'il était en mon pouvoir. Mon refus Ta telle- » ment irrité, qu'il m'a éloigné de sa cour, et il » m'aurait traité de la manière la plus cruellesi, par » une prompte retraite, je ne m'étais point sauvé » du danger K » Pour preuve de ce qu'il disait, il ' I^ambert doute de la vérité de l'accusa tion. « Incertum
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indiqua l'endroit où la chose s'était passée, nomma ceux qui devaient y prendre part, et s'offrit, en cas que le roi niât le fait, de prouver la vérité par le jugement de Dieu, dans un combat singulier avec le roi, si les lois le permettaient, ou avec tout autre qu'il voudrait désigner.
Les princes furent stupéfaits et saisis d'horreur, car l'accusateur jouissait d'une grande réputation ; ils y croyaient d'autant plus, que, selon le bruit public, le roi avait résolu ta perte d'autres princes et fait assassiner plusieurs de ses intimes confidents '.
aUorum instinctu an privalo in eum odio suscitatiis. » Bruno etFAnnalisle saxon ajoutent foi au rapport deReginger.
* La renommée lui prêtait plusieurs actes de ce genre. Annaliste saxon, ann. 1068. « Quia uefanda stupra nefandiora générant homicidia, erat omnibus horribiliter crudelis, sed maxime familiarissîmis suis. Nam dum quis securus sui de aliorum morte tractanti favebat, mortem pati cogebatur, quam non timebat propterea quia unum contra ejus voluntatem verbumdixerat, vel consilium aliquod non placere sibi gestu ostenderat. Nec prius ostendebat iram, quam eis eau te faceret auferre \itam.... Fama fuit, quod quemdam familiarem sibi adolescentem manu sua quasi jocando interfecerit, quo furlim sepulto, in erastino quasi pœnilens ad arcbiepiscopum Adalbertum venerit et ab eo sine omni satisfactlone Indulgentiam perceperit. » Une foule de pareils traits se rencontrent dans les chroniques saxonnes, et souvent on croirait qu'il s'agit de Néron. Ainsi, par exemple, Henri ordonna à un de ses secrétaires particuliers, nommé Conrad, jeune homme d'une naissance distinguée et d'un esprit élevé, qui habitait Goslar, de venir le trouver à Wurzburg, accompagné d'un homme armé. Chemin faisant, au milieu d'une forêt, Conrad se
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Les princes envoyèrent aussitôt dîreau roi qu'ils se trouvaient délies de leur serment de fidélité et d'obéissance, puisqu'il avait lui-même violé son serment, et voulu attenter à leurs jours. Us y ajoutèrent que s'il ne pouvait se justifier d'une semblable accusation, il ne devait plus compter sur leur appui ni en paix ni en guerre. Le roi, fort inquiet, se rendit aussitôt sur la place publique, et après avoir fait connaître au peuple les accusations portées contre lui, il déclara que c'était au moyen de pareilles calomnies que le duc de Souabe comptait monter sur le trône-. < Mais, » disait-il, je ne veux pas entrer en discussion j » c'est par le combat que je veux démontrer la » calomnie et venger la majesté du trône. Oui, je » veux me mesurer avec le duc lui-même, dévoiler 9 le mensonge et la fraude, et si je perds le » trône, il faudra l'attribuer à son envie et à ses » intrigues. » Le comte Udalric de Cosheim, un despartisans du roi, s'approcha de lui pour apaiser
douta du piëge qui devait lui coûter la vie, et s'enfuit dans une église comme dans un asile inviolable. MaisBurchard de Meissen lui ayant donné sa parole comme gage de sécurité, le mena dehors, le fit égorger, dans un lieu écarté, par les guides. Personne ne sut la cause de sa mort, mais on se disait à Foreille que le roi l'avait surpris avec une de ses concubines. Pour détourner tous les soup* çons, Henri ordonna de rechercher les assassins, qu'il avait lui-même cachés. De plus, il lui fit faire de magnifiques funérailles, y assista en personne, et versa un tor« rent de larmes.
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3S0 VIE ET PONTIFICAT [lOTS]
sa colère, et pour le prier de ne pas avilir la dignité royale. Il s'offrit en même temps d'entrer lui-même en lice avec Reginger ou avec tout autre. Et en effet, il se rendit aussitôt chez le duc de Souabe, et le provoqua à un combat singulier, selon toutes les règles de la chevalerie. Le duc n'accepta pas, disant qu'il voulait délibérer sur cette affaire avec les autres princes de l'Empire ^
Henri, voyant les dispositions de ceux sur lesquels il avait imprudemment compté, pouvait bien juger, par lui-même, que la diète de Gerstungen avait eu un résultat bien différent de celui qu'on lui avait annoncé. Il avisa donc aux moyens de résistance, gagna l'affection des villes par ses largesses, et se prépara à la guerre. Les Saxons, s'en étant aperçus, envoyèrent de fré-
* C'est ainsi que Lambert raconte la chose. Le coalinualeurHerrinann, Contr. Berkholdde Constance, ann. 1073, dit aussi de cette scission des grands, de Rodolphe, de BerttK)id et deVVelf : « Quia aliis subinlroeunUbusconsiliariis suum consilium apud regem non valere perspexerunt. » Gerbert, c. 1, p. 27, cite Thistoire de Lambert, d'après ie manuscrit de Muren, et appelle Bteginger un des conseillers du roi. La fureur des seigneurs était si grande, «ut ipse (rex) vix evaderet insidias eorum Wormatiam civium ope jngressus. » Il s*arma dans celte ville, y ras* sembla des troupes et attendit le jour fixé pour le combat. Mais ce jour-là même «ipse proditor illius qui perdueiiii in eum extiterat^ subita morte obierat, et sic intentionis prœdictœ causa, dum jusjurandum régis, quo se expur* gare voiuit, réfutèrent, dilata, ipse coUectis undecumqne potuit militum et fideiium suorum cnneis cœpit indies parvipendere inimicitias adversariorum suorum. »
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quentes ambassades aux seigneurs du Rhin pour les engager à confirmer Télection, si toutefois ils ne voulaient pas mettre sur le trône, dans une assemblée générale, quelqu'un de leur nation, autrement l'État serait perdu '.
L'archevêque de Mayence commença aussi à jouer publiquement un rôle, qu'il tenait depuis longtemps caché. Excité par les demandes réitérées des Saxons, il entreprit de faire ce que dans tous les temps le roi seul avait fait. Il convoqua une assemblée générale à Mayence, dans le but de procéder à l'élection de Rodolphe. Le roi l'ayant appris, quitta immédiatement la Bavière pour se rendre à Worms ; à force de présents et de promesses, il parvint à rassembler quelques troupes pour déjouer le projet des seigneurs ; mais il tomba gravement malade à Lovedenbourg*. Ses ennemis s'en réjouissaient, espérant pouvoir bientôt accomplir tranquillement leurs desseins. Aussitôt que le roi fut convalescent, il se mit en route pour Worms, voulant s'assurer de la fidélité des villes rhénanes et empêcher l'assemblée de Mayence. Son entrée dans cette ville fut solennelle, triomphante, accompagnée des applaudissements de toute la population. Leshabitantsétaientdévoués au roi et l'aimaient tellement, qu'ils chassèrent l'évêque et les troupes avec lesquelles celui-ci vou-
* Lamb., ann. 1078.
> L'ancienne Lupodunum, aujourd'hui Ladenbourg.
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lait s'opposer à son entrée ; de sorte que la fidélité de Worms devint célèbre et servit de modèle à plusieurs autres villes de l'Empire ^ Une milice bourgeoise, nombreuseet bien équipée, alla au-de* vaut du roi pour le rassurer par le nombre et le dévouement; les jeunes gens de Worms se ran- ' gèrent en ordre de bataille à son entrée dans la ville, et lui promirent, sous la foi du serment, de le défendre, de faire la guerre à leurs propres frais, chacun selon ses moyens, et de lui rester fidèles pendant toute leur vie, pour conserver l'honneur de son nom et la majesté de son trône. L'esprit des habitants de Worms releva le courage du roi, il se sentit un nouvel homme, passa d'heureux moments, fil de nouveaux plans, et résolut de montrer à ses ennemis qu'un prince qui s'appuie sur l'affection de ses sujets est toujours grand et puissant. Worms était une ville bien fortifiée, pleine de jeunes gens en élat de porter les armes ; ses remparts étaient à l'abri de toute attaque, le pays fertile qui l'environne l'avait abondamment pourvue ; rien de ce qui est nécessaire à la guerre n'y manquait. Le roi y établit le centre de ses opérations; il en fit une place]^forte de son empire^, un lieu de refuge dans le malheur^. Ce fut probablement à cette époque que Henri
' Lamb. Célèbre apud omnes erat Wormatensium pro eo quod régi fidetn in adversis servassent. * Lambert, ann. 1073.
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envoya en Saxe des messagers secrets pour ranimer le courage des garnisons et les exhorter à tenir ferme, à combattre vaillamment et à ne point se scandaliser de la défection des seigneurs. 11 leur assura que bientôt il viendrait lui-même à leur secours avec l'élite des milices urbaines, et que leur délivrance ne serait pas éloignée \ Henri réussît aussi à empêcher l'assemblée de Mayence. Beaucoup de seigneurs, sachant que le roi se trouvait dans le voisinage avec des forces imposantes, n'osèrent pas se rendre à Mayence, et ceux qui s'y étaient rendus, se voyant en petit nombre, ne purent rien décider et s'en retournèrent chez eux. Le roi les invita par ses députés à une conférence à Oppenheim ; des otages donnés de part et d'autre devaient garantir leur sécurité ^. Ils s'y rendirent, et avec euxOtton deNordheim'. Le roi les supplia de lui rendre leur ancienne fidélité*, de se rappeler la sainteté de leurs serments et le jugement de la postérité. S'il a commis des fautes, disait-il, ils
Carmen de £eUo Saxon» ^ lib. ii, et AventiD.
^ C'est bien cette ambassade que Bruno et rAonaliste saxon placent à la fin de 1073. Il est à r^retter qu'il y ait ici une lacune dans l'annaliste. Il rapporte qu'à la fin de cette année, Annon et Hermann, évêque de Bamberg, furent envoyés en Italie pour y lever de l'argent, et qu'ils en revinrent avec les lettres de remontrance^ adressées au roi par le pape. D'autres, mieux informés, placent cet événement sous Alexandre.
' Lamb. ne le nomme pas en particulier ; mais il n'en est pas de même de Bruno et de TAnnaliste.
^ Lamb. dit de nouveau : « Pedibus eorum provolutus.»
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334 TDE ET PONTIFICAT [107S]
doivent les pardonner à sa trop grande jeunesse. Aujourd'hui, instruit par le malheur et corrigé par l'âge et la raison, il fera oublier ce qu'il a fait ^tant encore enfant; il travaillera avec un zèle ar^ dent à procurer ce que demandent la vertu, l'honneur et la majesté du tr6ne; il rétablira la paix et rendra à Qtton ses anciennes prérogatives ^ Mais les seigneurs lui répondirent qu'en vâîn il redemandait leur allégeance; que lui-même n'a* vait gardé sa foi ni envers Dieu ni envers les hommes; qu'on vivait sous son règne dans une cruelle perplexité, ne sachant pas si l'on n'a pas plus à craindre de lui dans la paix que dans la guerre ; s'il n'est pas plus redoutable à ses amis qu'à ses ennemis; que naguère il avait gagé des meurtriers pour les assassiner à Wurzburg, où ils de* vaient se rendre pour délibérer sur les affaires de l'Etat; que s'il se croyait innocent de cette accusation , il n'avait qu'à laisser combattre Udalric contre Reginger; que si son champioil triomphait, ils lui seraient fidèles et soumis sans répugnance» Le roi accepta volontiers ces conditions, et arrêta que, huit jours après l'Epiphanie, le duel aurait lieu près de Mayence, dans l'île de MarauësurleRhin. Mais peu avautcejour, Reginger tomba dans des convulsions affreuses et mourut subitement *. Cet accident, dans ces temps
* Lamb. et AnnaL Saxon,
*Iiamb, : « Dirissimo dœmone arreptus horreoda morte
[1073] DU PAPE GRÉGOIRE TH. m
de crédulité, fit sur Tesprit du peuple une impres**. sion telle, qu'il serait difficile de se la figurer. Ce n'était plus le glaive des hommes, mais la main do Dieu qui avait prouvé l'innocence du roi en frappant le calomniateur. Dès lors la cause du prince était juste ; le peuple se joignit en foule au roi pour s'opposer à la témérité des princes. Plus ceux-ci paraissaient indifférents à cet événement, plus le peuple montrait d'affection et de dévouement.
D'un autre côté, on voyait de brillants faits d'armes devant les forteresses de la Saxe. La gar^ nison de Harzbourg, remplie d'une noble ardeur, faisait de fréquentes sorties dans les environs pour se procurer ce qui lui était nécessaire, et après avoir tué beaucoup de monde, rentrait dans la place avant que les Saxons eussent le temps de se réunir en nombre suffisant \ Les Saxons, effrayés par leurs pertes précédentes, n'osaient plus s'ap^i prêcher de Harzbourg pour en continuer le siège ^. Quiconque était pris, souffrait d'affreux tourments inspirés par la haine des deux peuples; ceux qui conduisaient des convois étaient mis à la torture ^. Les troupes du roi n'étaient pas aussi nombreuses que celles des Saxons, mais elles leur étaient bien
interiit, » ou, suivant le manuscrit Mureosis : $ spbita morte obierat. » ( I^fote 133. )
« Lamb. et Aventia.
' Lamb. et Carmen de £elio Saxon., Mb, n. Avent.
* £t castellanis furtim stipendia si quis attulit, aut cse* cant, suspendunt, sive trucidant. Carmen ile Bello Saxot^^
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supérieures sur le champ de bataille ^ 11 n*y avait de trêve ni jour ni nuit, une troupe considérable de l'un et de l'autre fort était continuellement en garde, épiant le moment de surprendre l'autre ^.
Dans ces jours de troubles, Goslar eut beaucoup à souffrir de la proximité de Harzbourg. Plusieurs de ses habitants perdirent la vie, lorsqu'on ravageait les biens qui étaient hors de la ville ^. La haine qui existait entre les habitants des deux places s'envenima encore davantage par l'événement qui va suivre.
On avait fait un armistice pour quelque temps. Deux jeunes gens de Harzbourg vinrent à Goslar pour changer leurs armes. Gomme ils avaient si sou* vent souffert la faim et la soif, ils voulurent s'en dédommager à Goslar; ils se livrèrent donc à l'excès de rintempérance. Echauffés par le vin, ils tinrent quelques propos offensants, disant que les Saxons étaient un peuple odieux, qui faisait lâchement la guerre au roi^ Les Saxons qui étaient présents en furent irrités à un point extrême. Des paroles on en vint à des voies de fait; de là une rixe violente;
* Bello clara juventus. — Suivant AventlD, le fort saxon était gardé par douze cents hommes.
* Carmen de Belh Saxon,
Hostibus ut noceant vigiles, speculantar ntrique Nec ponunt fessi nocturnae membra quîeti. ' Lamb.
* Saxonibus ignaviam exprobrare (cœperunl), quod non militari, sed ovina mente ad versus regem arma sumpsis^ éent. Lamh,^ ann. 1073.
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jeunes et vieux, tous, principalement les artisans, s'en mêlèrent. Les jeunes gens de Harzbourg furent arrêtés et crucifiés tout nus \ Les ohevaliers du fort, ayant appris cet acte de cruauté, résolurent d'en tirer une éclatante vengeance. Mais comme la ville était très-forte, une attaque ouverte leur parut difficile, ilsaimèrent mieux employer la ruse.
Or il y avait à Goslar un gouverneur nommé Bodo, que le roi avait favorisé d'une manière toute spéciale pendant la paix, et dont la fidélité n'avait point été ébranlée par la guerre civile , mais qui cachait ses sentiments pour ne point exposer ses biens au pillage du peuple ^. Cet homme en-
* Lambert raconte raffan*e un peu difTëremment que le poëme saxon : le poëme parle seulement de deux jeunes geiis; d*après Lambert, ils auraient été plus nombreux ; cependant il dit avec restriction : « Quidam venerunl...» Le poëme ajoute : « Nova Goslariae volucrunt arma parare. » Lambert : « Privalae rei aliquid ibi acturi ; » suivant le poëiiie :
Goslaria currunt pariter juvenesquc senesque, Sutorcs, fabri, pistores, carnificesque Militibus comités ibant, in beUa ruentes.
Lamberl, sans entrer dans aucun détail, dit que c'étaient les Saxons qui se querellaient avec les Ha rz bourgeois. Le poëme les fait crucifier tout nus; d'après Lambert, ils furent tués, et leurs corps jetés hors des murs.
* Il arriva donc alors ce qui arrive dans tous les temps de guerre et de troubles, et rien de plus vrai que ce que dit la Chron. île Lehmann^ en parlant de ces temps, p. 375 : <c Depuis le commencement jusqu'à la fin, dit-il, le monde » entier joue une grande comédie oii figurent le vice et la » vertu, le bien et le mal, et, quoi qu'on imagine, le temps » ramène toujoui*s ce qui a déjà été joué à des épo-
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tretenait des relations secrètes avec les Harzbourgeois; il convint avec eux de corrompre les bergers de Goslar, et de les faire conduire leurs troupeaux dans des pâturages éloignés de la ville. Ce qui fut fait; une troupe de chevaliers sortit en toute hâte de la forteresse et enleva les troupeaux, tandis que d'autres se mirent en embuscade dans une forêt voisine K Les habitants de Goslar, informés de la perte de leurs troupeaux, prirent les armes et se dirigèrent en désordre vers le fort, poursuivant l'ennemi et voulant reprendre ce qui leur appartenait. Les chevaliers firent semblant de fuir, et les bourgeois les poursuivirent. Alors les autres sortirent de leur embuscade; ceux qui avaient fait semblant de fuire se retournèrent au même moment et se jetèrent tous ensemble sur cette multitude en désordre et en firent un horrible carnage^. Les bourgeois se sauvèrent, soit dans la ville, soit dans la forêt voisine. Le fort qu'on avait construit dans le voisinage, malgré une garnison
» ques antérieures. La seule différence consiste dans de » nouveaux personnages, et quelquefois dans de nou- » veaux costumes, et alors la pièce ne semble plus la » même. »
* Jusque-là Goslar était resté neutre, « in Saxonum tamen faclionum proniores, » disent les Antiq. de Goslar^ 1. i, dansLeukfeld, <ycr. rer. Germ, On rapporte aussi qu'auparavant les Uarzbourgeois avaient fait de fréquentes sorties contre les habitants de Goslar, et que les deux chevaliers furent tués par esprit de vengeance.
* Le poëme saxon est d^accord avec ce récit.
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plus nombreuse, ne put contenir lesHarzbourgeoîs; en sorte que bientôt tout le pays d'alentour ne fut plus qu'un vaste désert. Au reste, les chevaliers de Harzbourg eurent seuls la gloire de triompher de leurs ennemis et de se distinguer par de brillants faits d'armes, caria plupart des autres forts furent renversés. KyiThausen, ce fort fabuleux situé dans la belle vallée du Pré-d'Or,en Thurînge ',queHenrî avait pris en 1069 à l'aide d'une puissante armée, et où il avait placé une garnison de Souabes, tomba au pouvoir de l'ennemi.
Mais il ne fut point détruit; les Saxons et les Thuringiens y ajoutèrent, au contraire, de nouvelles fortifications. Vers Noël, la garnison d' Asenbourg fit demander au roi un secours, ou du moins un conseil pour sa délivrance, parce qu'en proie à toutes les horreurs de la famine, elle n'avait plus que le choix de la mort ou de la captivité. Les autres forts étaient réduits aux mêmes extrémités; les soldats étaient partout affamés, battus, chassés, et souffrant les plus horribles traitements ^.
• Fondé dans Torigine pour défendre la '•/il le royale de Tilieda, où Henri I" tenait souvent sa cour, el où ses successeurs se plaisaient beaucoup, à cause du niognifique palais. V. Gottschalk's^ Gesch, der Riiterb.^ 2 r. bd.
• Lehman», Spejer Chron,^ p. 380.
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