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suffîsoit. Far sa courageuse présence il obtint qu'Attila^ roi des Huns, peuples de la ïartarie^ qui s'étoit déjà avancé jusqu'à Mantoue, cessât de menacer Rome. Il obtint de Genseric, roi des Vandales, qui occupoit cette ville, que les trois Basiliques de Saint-Jean, de Saint- Paul et de Saint-Pierre, seroient exemptes de tout pillage . Trithème appelle ce Pontife le Tullius de la faculté ecclésiastique, VHomère de la sacrée théologie, Vjiristote des raisons de la foi, le Pierre de l'autorité apostolique, le Paul de la chaire chrétienne. C'est le premier Pape dont nous ayons un corps d'ouvrages : il se compose de quatre-vingtseize sermons sur les principales fêtes de l'année, de cent quarante-une lettres, des livres sur la vocation des Gentils, et d'un code des anciens Canons. Les meilleures éditions des œuvres de saint Léon sont celles qui ont été données en 4 754 par Cacciari, Carme, d'une érudition singulière, et en 1755, par les frères Pierre et Jérôme Ballerini. Bury, chanoine de
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Malines, dans sa nomenclature en vers de tous les Papes, caractérise ainsi saint Léon :
Papa Léo prœstans^ quasi sidus se manifestai} s.
Ce Pontife gouverna l'Eglise vingt-un ans, un mois et quatre jours.
Saint Léon II, né près de Reggio, dans la grande Grèce, fut créé Pape en 682 . Dans ses J^ite dei primi cento pontefici, in^8% Florence, 1814, p. 204, Cesarotti dit de ce Pape : a Ses qualités • )) lui assurent une réputation moins )) controversée et plus limpide que celle )) qu'on peut obtenir par des actions )) d'une plus grande pompe. En lui les » vertus les plus solides étoient embel-r- » lies par ces dons de l'esprit, qui les » rendent plus douces et plus précieuses.
» Plein d'amour paternel pour son peu- )) pie, doué d'un zèle doux, pauvre à )) lui-même pour être libéral et secoura- » ble aux autres, il étoit instruit dans » les sciences sacrées, versé dans la lit- » téralure latine, et ce qui étoit alors
)) rare à Rome, dajis la langue grecque.)) Il traduisit du grec en latin les actes du sixième concile œcuménique. Savant dans Part de la musique, il perfectionna le chant grégorien, et composa plusieurs hymnes pour les offices de l'Eglise • Bury caractérise ainsi ce Pontife :
Musicus hinc facundus adest Léo Papa secundus.
Il gouverna l'Eglise dix mois et dix-rsept jours.
Saint Léon III, romain, fut créé Pape Pan 795. Charlemagne, roi de France, l'ayant prié de le confirmer dans le titre de Patrice que lui avoit conféré Etienne III, quatre - vingt - quinzième Pape, Léon envoya k ce prince les clefe de saint Pierre et Pétendardde Rome, insignes qui obligçoient ce monarque à défendre l'autorité ecclésiastique et l'autorité' civile de l'Eglise. Une conjuration contre Léon ayant éclaté en 799, il se rer tira à Spolète et de la en France. Le jour de Noël 800, il oignit et couronna empereur le roi Charles, et renouvela aiu^i
l'empire d'Occident, qui étoit resté sans chef pendant trois cent vingt-cinq ans.
Il commença le premier a orner Rome de peintures sur verre. Mû par un sentiment d'amour pour la conservation de la pureté de la foi catholique, il fit attacher, dans la basilique vaticane, des tables d'argent du poids de quatre-vingtquatorze livres; sur l'une, le symbole étoit grave' en latin, sur l'autre, gravé en grec, tel qu'il avoit été formé par cent cinquante Pères du concile de Gonstantinople. Léon visita la France une seconde fois, en 809. En 81 3 il donna de nouvelles règles pour la célébration de la fête de V Assomption. On lit avec un vif intérêt se^ lettres^ que l'on trouve dans les collections des conciles et dans les recueils de Sirmond, d'Ughelli et de Baluze. La mention que Bury fait dans %e^ vers, est simplement commémorative. Ce Pape gouverna l'Eglise vingt ans, cinq mois et seize jours.
Saint Léon IV, romain, fut créé l'an 847. Nous laisserons ici Voltaire louer
Léon IV- ^ Attaqué par les Sarrasins,
» le Pape Léon IV se montra digne, en
» défendant Rome, d'y commander en
» souverain. Il avoit employé les ri-
)) chesses de l'Eglise a réparer les mu-
» railles, à élever des tours, a tendre des
)) chaînes sur le Tibre. Il arma les mi-
)) lices à ses dépens, engagea les habi-
» tans de Naples et de Gaète à venir dé-
» fendre les côtes et le port d'Ostie, sans
)) manquer à la sage précaution de pren-
» dre d'eux des otages, sachant bien que
» ceux qui sont assez puissans pour nous
)) secourir , le sont assez pour nous
)) nuire (1). Il visita lui^-niême tous les
» postes, et reçut les Sarrasins a leur
» descente, non pas en équipage de guer-
» rier, ainsi qu'en avoit usé Gozlin,
» évêque de Paris, dans une occasion
)) encore plus pressante, mais comme un
)) Pontife qui exhortoit un peuple chré-
)) tien, et comme un roi qui veilloit à la
» sûreté de ses sujets (849). Il étoit ro-
(i) Essai sur les mœurs, 1. 1, chap. xxviii, 1817. La Biographie universelle attribue ce passage au président Hénaut, mais il appartient à Voltaire.
)> main; le courage des premiers â'ges » de la république revivoit eu lui dans )> un temps de lâcheté et de corruption, )) tel qu'un des beaux monumens de Pan- )) cienne Rome qu'on trouve quelquefois » dans des ruines de la nouvelle. Son )> courageet ses soins furent secondés: on )) combattit les Sarrasins courageusement )> à leur desceqte, et la tempête ayant )> dissipé la moitié de leurs vaisseaux, )) une partie de ces conquérans échappés :»«au naufrage furent mis à la chaîne. Le )> Pape rendit sa victoire utile en faisant )) travailler aux fortifications de Rome » et à ses embellissemens, les mêmes )) mains qui dévoient les détruire. »
Il ne manquoit plus a tant de gloire que da voir ce haut fait d'armes, ce service immortel rendu à la religion, transmis à lapostérité par Raphaël; c'est un des plus beaux ouvrages de ce grand homme.
Bury se conteiite de- dire Quarte Léo/
Léon V, né près de ^ome, fut créé l'an 9Ô3. C'étoit un moine bénédictin.
Il se montra peu habile. On conjura
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contre lui, il fut mis en prison, et il mourut un mois et neuf jours après son élection. Bury se contente de dire : Léo post quinte vocaris.
Léon VI5 romain, fut créé l'année 928.
C'étoit un Pontife modeste et intègre.
Bury dit de lui : Seœte Léo propera. \\ gouverna l'Eglise sept mois et cinq jours.
Léon VII fut créé Pan 936, et contre sa volonté, suivant Muratori qui énonce cette opinion d'après Flodoard. Mabillon assure que ce Pontife avoit été moine bénédictin. Léon VII appela à Rome saint Odon, abbé de Cluny^ pour réformer la discipline de cet Ordre, et rebâtir le couvent que les Bénédictins possédoient autrefois à Saint-Paul bors des murs. Flodoard fait un grand éloge de' ce Pape. Bury borne sa mention à dire r Léo septimus hœret. Il gouverna l'Eglise trois ans, six mois et dix jours.
Léon Vin mérite une explication particulière. Pour ne pas errer, et pour ne pas me séparer des opinions les plus res-^ pectées, je rapporterai ce qui est dit de
lui dans les Notizie per Vanno 1841, dédiëes au Pape régnant, Grégoire XVI.
(( Jean X, Gonti, romain, gouverna » l'Eglise pendant huit ans; alors, et » précisément dans l'année 963, on vou- )) lut élever à la chaire de Saint-Pierre » un intrus Léon, lequel^ quoique déposé » depuis, osa envahir nouvellement cette » suprême dignité, le 24 juin 964, et la » retenir illégitimement jusqu'à sa mort, )) arrivée vers le mois d'avril 965. Ce- » pendant Léon est admis à être compté y> parmi les pontifes de ce nom^ et on a » continue de l'appeler Léon VIII. »
L'intrusion de ce Pontife avoit été protégée par l'empereur Othon P"".
Saint Léon IX fut créé l'an 1 049. Le célèbre cardinal Borgia croit que ce Pape prit le nom de Léon IX, parce qu'étant parent de l'empereur Henri III, il voulut ne pas heurter le souvenir de la protection que l'empereur Othon P^ avoit accordée à l'intrus, appelé Léon VIII, Quoi qu'il en soit, saint Léon IX, qui étoit moine bénédictin, fut crëé Pape
malgré lui^ et ne consentit a recevoir la tiare qu'a condition que toute élection par l'empereur ne seroit plqs estimée qu'une simple recommandation^ et il obtint à ce sujet le consentement de Henri III : ce religieux étoit venu à Rome avec Hildebrand^ depuis Grégoire Vn, et il y étoit entre' pieds nus.
Son pontificat fut un voyage continuel dans diverses villes de l'Europe pour le bien de l'Eglise. Il rétablit l'observauce des saints canons partout où elle étoit négligée. Victor IIÏ, qui fut aussi Fape^ disoit de saint Léon IX : a G 'étoit im » sujet entièrement apostolique, né de » race royale, riche de science, et plei- » nement érudit en toutç doctrine ec- » clésias tique. »
On ne peut pas s'attendre à trouver ici de longs détails sur Léon X. U fut créé en 4 51 3, à l'âge de trente-huit ans. On assure que le cardinal premier diacre chargé d'annoncer son élection, ajouta aux paroles qu'il devoit prononcer :
Pontificem hahemus Joannem de Me-
diciSi qui sibi impùsuit nomen Léo X.
ces autress paroles : Ac vigeant valeantquejuniores. Léon X conclut le célèbre concordait de 1515 avec François P^ (^, V Histoire de Pie VII ^ où ce concordai est mentionné). On sait que les célèbres Pierre Bembo et Jacques Sadolet étoieni les secrétaires de ce Pontife. Sous soi règne, et malgré ses exhortations et S2 surveillance, commença le schisme de Luthet . Un écrivain anglican a tracé, er termes honorables, l'histoire de Léon X, cette période éblouissante de découvertes en tout genre. LéonX avoit queK ques ennemis parmi les treize cardinauii qui composoient alors le Sacré Collège, Il crut a propos de faire une promotion de trente-un cardinaux, qui demeurèrent de fidèles amis. On n'avoit pas encore vu une pareille promotion, et Pon n'en a pa5 vu une semblable depuis. Léon X a été accusé relativement à la publication des indulgences^ dont on le dit l'inventeur.
C'étoit un usage du temps et antérieur au règne de Léon X. Nicolas V, créé en
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1447, en avoit promulgué pour la fabrique de l'église de Saint-Pierre à Saintes, en France, Sixte IV, créé en 1471 , avoit promulgué une bulle d'indulgences.
Jules II, prédécesseur de Léon X, en avoit publié une pour subvenir aux frais de la tîonstruction de Saint-Pierre au Vatican. Ces faits sont peu connus à Paris* Léon X fut constamment l'ami d'Erasme, qu'il consulta dans des circonstances difficiles : a C'est un pro- » blême de savoir, dit M, Boscheron Des- )) portes^ dans la biographie universelle, )) si Léon X mit trop de modération Ou )) de sévérité dans sa conduite avec » Luther (celui-ci avoit écrit : J'écou- )) terai votre voix comme celle de Jésus- )) Christ). Les protestans et les catholi- )) ques ont accusé tour à tour Léon en )) sens contraire. William Roscoë en » conclut, que ces contradictions elles- » mêmes justifient ce Pape. » En 1517, tin décret solennel décerna une statue à Léon X : elle fut exécutée par Michel- Ange. On la voit au Capitole avec une
inscription qui rappelle aux siècles fu turs le nom de l'illustre Pontife, l'écla de son administration et la grandeur d< ses bienfaits. On conserve à Florence l portrait de Léon X, par Raphaël. C^ûs une des plus belles compositions de ce Arige de la 'peinture (1).
Léon X étoit d'une stature haute e bien proportionnée. Il avoit une passioi remarquable pour la musique. Nous ter minerons eet éloge par ces propi'es pa rôles de Luther, qu'on lit dans son livre si coupable d^aill^urs, de la liberté chré tienne y il s'exprime ainsi en parlant à c Pontife : a L'opinion que l'on a de votr )> vie et de votre renommée irréprocha » ble, dans toute l'étendue de la terre )) est si célébrée et si auguste ; elle es )> rapportée par tant d'hommes grands )) qu'aucune personne, quelque distin » guée qu'elle soit, ne peut la contredire
(i) Nous allons en posséder une gravure magnifique que M. Jés célèbre artiste de la Toscane, est venu terminer à Paris ; elle p reitra à l'exposition de cette année. Déjà notre Académie des beaui arts a récompensé d'ayance M. Jési, en le nommant, à Tunanimit Fun de ses correspondans.
)) ce n'est pas moi qui serai assez fou pour » blâmer ce que tout le monde honore.))
Le siècle de François P^^ de Charles- Quint et de Soliman P% fut appelé le siècle de Léon X.
Ce Pape gouverna l'Eglise huit ans, huit mois et douze jours. Bury l'appelle dedmus Leonum.
Léon XI fut créé en 1605, a l'âge de soixante-dix ans; il s'appelloit Alexandre Octâvien de Médicis, et il étoit petitneveu de Léon X. Il fut archevêque de Florence, puis aihbassadeur de Toscane près la cour romaine pendant quinze ans. Envoyé comme légat à latere par Clément VIII auprès de Henri IV, il devint un des plus affectionnés amis de ce prince, auquel il doniioit les conseils les plus sages. On va voir ce que la disposition du caractère de ce roi immortel dans l'histoire moderne, et les bonnes impulsions qu'il recevoit du cardinal de Florence, faisaient dire à ce monarque, dont personne ne perdra la mémoire.
On trouve dans les économies royales
de Sully (t. m; p, 4i 8, 1 725), un passage qui prouve quelle étoit la considération dont jouissoit le légat: tout le monde sait que les secrétaires de Sully sont censés lui écrire .Voici ce passage : «Le roi (Henri IV) )) fut en ce temps tellement malade a » Monceaux, qu'il fut plusieurs jours que )) l'on désespérôit de Sa santé. Il vous » commanda de ne partir point de là, » et de fois a autre, vous envoyant à » Paris, il ne vous tenoit jamais autre » discours, sinon : Mon ami, je n'appré- » hende nullement la mort, comme vous )) le savez mieux que personne, m'ayànt )) vu en tant de périls dont je me fusse » bien pu exempter; mais je ne nierai )> point que je n'aie regret de partir de )) cette vie, sans élever ce royaume en la » splendeur que je m'étois proposée, et » avoir témoigné à mes peuples en les » soulageant et déchargeant de tant de y> subsides, et tes gouvernant amiable- » ment, que je les aimois comme s'ils X) étoient mes entans.
)> Quelque temps après qu'il fut guéri
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» (le roi Henri IV), le cardinal de Flo- )) reiice, légat duJPape, et qui depuis fut » lui-inême Pape, nommé Léon XI*, re- » venant des frontières de Picardie pour )) ^'en retourner à Rome, et venant pas- )) sejr a Paris pour prendre congé du roi, }} Sa Majesté qui étoit à Monceaux où )) vous l'étiez venu trouver en poste, » vous renvoya en diligence pour le faire » loger et traiter honorablement. Le car- » dinal voulut aller voir Saint-rGermain, » et vous, l'y voulant traiter, dites au » garde meubles |iomier , qu 'il allât tapi s- )) ser les salles et chambres des phis riches » tapisseries. Entre autres, Momier en » choisit une que la feuç reine Jeanne de » Navarre avoit fait faire toute de devises, )) dont ily en avoit plusieurs contre le Pape » et les ecclésiastiques, laquelle sans y » penser il avoit été tendre comme l'une )) des plus riches à la chambre du légat ; » lequel à toute force vous vouloit )) mener quant et lui dans ison carrosse, )) mais vous le priâtes de vous excuser, » et voulûtes aller devant au galop voir
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» si tout étoit bien accommodé; ce qui » vint fort à propos pour vous, car au- » trement le légat eut trouvé cette ta- » pisserie a sa chambre, et eut cru et )) publié que vous l'eussiez fait exprès » pour vpus moquer de lui et du Pape.
)) La trouvant tendue, Vous vous mîtes » en extrême colère contré Momier, et » là fîtes ôter en diligence et en tendre » une autre; depuis, vous avez fait chan- )) gèr toutes ces devises. »' •
On peut juger du respect de Henri IV pour le légat, par l'ettrême colère de SuUy,' qui craignoit de déplaire à son maître, ami dévoué du cardinal de Florence.
Les trois camlidats au conclave de 4 605, étoient les cardinaux Zacchia (parent du gouverneur de Rome actuel, homme d'un mérite et d'une instruction remarquables, destiné aussi à être cardinal), Blandrate et Alexandre de Médicis, le cardinal Baronius, sur la tête duquel auroit été placé le trircgne, ayant eu l'exclusion de l'Espagne. Soixanteileux cardinaux étoient présens. La rai-