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son donnée alors par l'Espagne pour cette exclusion^ n'étoit pas très-honorable : on frappoit ainsi ^ d'une sorte d'affront, Baronius, parce qu'il avoit engagé Clément VIII à rouvrir le sein de l'Eglise k Henri IV .^ Avant cette exclusion si injuste 9 Baronius avoit obtenu trei^te-^sept voix, et il alloit obtenir celles qui manquoient pour former les deux tiers, nombre indispensable, comme on le verra dans la présente histoire, lorsque les cardinaux espagnols prononcèrent l'exclusion.
A la suite de longs débats, on proposa le cardinal de Médicis, amide Henri IV, et il eut la gloire d'être nonmié a swffiragi apertij et suivant le mode de VadoîKition (c'est un accord général pour^élire un sujet sans contradiction et sans scrutin).
Créé le \ ®^ avril, il fut couronné le 1 0, il prit possessioQ de Saint-Jean-de-Latran le 17.
Le jour même de son exaltation , Léon XI avoit diminué les impôts. En même temps il avoit prié les cardinaux de ne lui rien demander qui pût blés-
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ser la stricte 'justice. Il.avoit accueilli avec une extrême l^ienveillance le marquis deVillena^ ainbassadeur d'Espagne* Il sivoit distribué des sommes convena-
ble^ aux cardinaux pauvres et à se^ conclavistes^ il avoit accordé des faveurs à la famille délia Gepga. On ctfnçevoit les pliis heureuses espérances de ce pon^ ttficat^ lorsqu'une fièvre causée par les fatigues du possesso survint et .força le Pape A& suspendre ses travaux. On essaya de l'engager alors ànpmmer cardinal un de ses neveux. Il ordonna d'éloigner celui qui osoit hasarder un tel conseil^ en disant que cet imprudent conseilloit plus l'amour des parens que celui des chosies éternelles; il demanda les sacre- Qiens^ et il expira le 27 avril, comptant a peine 2& jours de pontificat.
Nous ayons esquissé la vie des onze Pontifes qui ont porté le nom de Léon.
Nous retrouverons dans le caractère de Léon XII diverses conformités avec celui de ces Pontifes. On verra- que, comme plusieurs d'entre eux , il fut sa-
vant y il fut courageux et déterminé dans sa volonté; qu'il connut l'amitié ^t la bienfaisance; qu'il chérit la France; qu'il eut des ministres habiles^ ^ et qu'il porta dignement ce nom imposant de Léon. Si des malheurs avoient menacé Rome , il eût, sans doute , été un Léon IV.
On trouvera dan* cet ouvrage un tableau du conclave de 1 825 ; c'est la première fois qu'un semblable document ainsi disposé;' est publie' en France, et je ne crois pas qu'on en ait jamais publié ailleurs.
Dans le deuxième volume, nous insérons la gravure de l'obélisque élevé à Rome en 1 825, à l'occasion de la fête donnée par M. le duc de LâVal, pour le sacre de Charles X. N'étant pas versé dans ces sortes de matières, nous n^y avons joint aucune expli(iation. Mais il nous sei*a permis dé dire que ce travail rédigé avec M. GhampoUion, par tout ce que Rome pbssédoit de plus savant dans l'érttdîtîbn égyptienne, devient un guide nouveau pour établir, s'il est possible^ de»
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rapports entre la langue hiéroglyphique et la langue française*
J'ai annoncé suffisamment le respect que j e professe pour la vérité de l'Histoire . Peut-être parce que j 'ai cité quelques-unes de mes actions et de.mes travaux politiques, me reprochera-t-on de n'avoir pas assez pratiqué le précepte qui nous est donné dans l'Imitation de Jésus-Christ : Da mihi nesciri {\ ); mais en rapportant les dépêches officielles, j^ai cru donner une autlienticité incontestable aux faits que je me proposois de publier. Ils sont aipsi mieux expliqués, et je supplie le lecteur d'observer que dans des matières aussi élevées-, dans des questions aussi épineuses , devant des noms aussi imposans que ceu34 des pontifes de Rome et des monarques, à l'aspect des divins intérêts de la religion, on ne sauroit montrer trop desoins pour se concilier la confiance
^) On trouve, sur ces trois mots, si précis et si humbles, des informations profondes et convaincantes, dans Tutilc et savant ouvrage de M. Onésime Leroy, Corneille et Gcrson, in-8*, Paris, Adrien Le Clere, i^^i p. 258.
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de cette classe d'hommes choisis que de semblables révélations peuvent intéresser. G^est sans doute avoir pratiqué^ en quelque sorte, le da mihi nesdri, si l'on a rendu justice à tous, si l'on a lolié le mérite, si l'on n'a blessé aucim légitime orgueil:, et si, dans plus d'une circonstance, on ne s'e^fait à soi-même qu'une petite part, évitant le danger d'être en-* traîné a quelque chose d'humain^ dont le bon goût le plus exercé par l'expérience et par les mécomptes, né sait pas toujours se garantir.
DU
CHAPn'RE PREMIER.
CONSIDERATIONS GENERALES SFR CE NOUVEL OUVRAGE DE L*AUTEUR. NAISSANL'R d'aNNIBAL DELLA GÈNGA. «DÉTAILS SUR SA FAMILLE. IL PASSE DU COLLEGE d'oSIMO AU COLLÈGE PICENO DE ROME.> PIE VI LE PREND EN AFFECTION , ET LE NOMME PRÉLAT DE MANTELLONE. LE PRÉLAT PRONONCE l'oraison FUNEBRE DE l'eMPEREUR JOSEPH II. TÉMOI- GNAGE DE CE PRINCE EN FAVEUR DE SA SOEUR l'iNFOR- TUNÉE MARIE-ANTOINETTE. ANNIBAL DEVIENT SECRÉTAIRE DE SA SAINTETÉ, SUCCESSIVEMENT ARCHEVÊQUE DE TTR , NONCE A COLOGNE ET A RATISBONNE. LETTRE DE PIE VH A NAPOLÉON, EN FAVEUR DU PRÉLAT DELLA GENGA. IL DEVIENT NONCE A MUN)CH , PUIS IL EST ENVOYÉ A PARIS, POUR TRAITER AVEC l'eMPEREUR, DE CONCERT AVEC LES CARDINAUX CAPRARA ET DE BATANE. LA NÉGOCIATION EST ROMPUE. LE PRÉLAT SE RETIRE DANS SON ABBATE DE MONTICELLI, PRES DE FABRIANO, ET IL T FAIT PRÉPARER SA SÉPULTURE.
Nous avons retracé la vie du Pape Pie VII ; le règne que nous allons décrire n^offrira pas les vicissitudes de toutes sortes du règne pré-^
cèdent. D^autres temps appelleront d^autres événemens. Les esprits sont plus calmes en apparence; les chefs des Etats semblent vouloir perpétuer la paix : aucun d'yeux n^entend se déclarer le tyran de ses frères, ni aller, le glaive en main, visiter leurs capitales, pour ensuite iînir par compromettre la sienne. Cependant il se manifestera dés agitations imprévues, des troubles au milieu desquels iious verrons se développer un grand caractère :
nous verrons apparoitre une de ces hautes physionomies, une de ces intelligences courageuses qui, comprenant le côté foible par lequel on voirloit essayer peut-être d'^attaquer quelques actes du dernier pontificat, va chercher à suivre une autre route ^ écouter moms les intérêts politiques et temporels, et se livrer davantage au soin du rétablissement de la discipline ecclésiastique. Quelques hésitations, quelques démarches précipitées pourront être conseillées ; mais des intentions généreuses, des vertus tendres, une humilité noble, un désir inébranlable de soulager le peuple viendront réparer de légers entraînemens, ,ks expliquer suffisamment, faire ressortir des efforts constans, pour marcher sûrement dans la voie véritable , sans risquer de revenir sur ses pas, enfin, pour la récompense de rhistorien qui ambi-
tionne la joie d^honorer la sainte ville de Rome, préparer roecasion de montrer le respect qu'alla voué aux institutions de cette glorieuse contrée. Il aura encore,- ce vétéran des annalistes de ritalie, le bonheur de rapporter les travaux d^uh Pontife , dans la direction de tant d'^Eglises qui ne doivent concourir qu^à répandre Téçlat de TEgiise universelle et la vénération due au Vicaire de Jésus-Christ.
Nous allons donc tenter actuellement de retracer les événemens les plus- importans dû Pontifica^t illustré par le successeur de Pie VII.
Annibal- François - Clément -Melchior-^ Jérôme-Nicolas délia G^nga , Pape sous le nom de Léon XII , issu d^une famille noble qui avoit dû une partie de son élévation à Léon XI, Octavien de Médiçis^ mort en i6o5, après vingt-cinq jours seulement de pontificat, naquit au château de la Genga , sur le territoire de Spolète, le 22 août 1760. Son "père, Hilaire, comte délia Gènga , et Marie-Louise Periberti de Fatbriano, sa mère, eurent dix enfans, Marias, Antoine, Asdrubal, Philippe, Athalante, Annibal, Catherine, Etienne, Mathilde et Flavius. Arrivé à Fâge de treize ans, Annibal iut placé dans le collège Campàna d^Osimo, dirigé par Etienne Belliiii , que Pie VIÏ nommia évêqtie dé' Fossombrène et ensuite de
Lorette. La, pendant cinq ans, Annibal reçut une, éducation digne de- sa naissance é A Tâge de dix-huit ans, il passa du collège d^Osimo dans le collège Piceno^ de Ronie, et peu de temips après dans F Académie ecclésiastique. Le car-: dinal Marc -Antoine Colonne, Vicaire, Tordonna sous-diacre, le 21 décembre 1 782 ^ Ensuite le même cardinal Fèleya au degré de diacre le ig avril, pi^is.il fut ordonné prêtre par le cardinal Gerdil, avec dispense d^âge, le 14 juin 17834
Pie VI ,, visitant FAcadémie ecclésiastique, remarqua le digne maintien du jeune délia Gei^a. Ce pontife aimoit les nobles et dignes manières, le ton assuré, les réponses prompte39 les opinions franchemeiit énoncées « Il interrogea Annibali et il le désigna sur-le-champ pour être cajfneriere segreto. La faveur ne s^arrêta pas à cette première grâce. Annibàl déjà lettré et possédant bien la langue latine, fut chargé, en 1790, de prononcer dans la chapelle Sixtine, en présence du Pape et du Sacré Collège, Foraison funèbre de Fempereur Joseph II.
Cette tâche étoit difficile : il ne folloit parler qu^avec précaution de ce prince , de la visite de Pie VI à Vienne, du sévère accueil fait à Sa Sainteté par le ministre 4^ Fempereur, des promesses rapportées et restées sans effet. L'^o-
[t790] DU PAPE LÉON XII. 5
raCeur sut traiter ces importantes affaires , celles de la suppression des couvens en Belgique, sans blesser le cabinet d^ Autriche, et sans trahir la yérité. Il ètojt truste de voir alors les princes eux-mêmes précéder dans ta carrière des réfoiines et des sécularisations ces esprits inquiets nés loin du trône et dans la haine du trône, qui dévoient laisser si loin d^éuk ' ceux qui avoient provoqué les premiers ces bouleversemens inopportuns, et certainement sans nécessité immédiate. On pouvoit taiqser en paix des vertus utiles, des travaux d^un bon exemple , et chercher ailleurs de Targent. Certainement Joseph , actif et laborieux , eût pu faire le' bonheur de ses peuples : mais il fut trompé dans les moyens qu'ail prit pour atteindre ce but. Or^ les rois qui ont tant à perdre aux dérangemëns de Tordre public ne doivent j^imais! cesser d^être rois. Il leur appartient de se montrer surtout modérateurs'; sinon, comme nous ve-^ Dons de le dire, dépassés bientôt dans la voie si large des innovations, ils reçoivent des coups violens eux-mêmes, parce quVnfin ils oiit laissé quelques institutions * debout , et que , laisser quelque chose, debout quand on a commencé à révolutionner, c^est n^être pas asisez révolutionnaire. En temps de révolutions , sous prétexte d^améliorer et de reconstituer ensuite , on est
6 JUSTOUtE [1790]
amené à tpiôçurs détruire. « Joseph II asservit FËglisQ^idU l\lL de Sevelinges (i);^ il dimipufi le. re«jiQpt dû av;c lois^ par la multiplicité et la Jbizprrerie lies 3ieQoes^ ; il s^aUéna le cœur de ^e$. sujets qu^il GoiiJUraT^oit dam leurs gffectiou$i^. jet d^nt \l dédaignoit les plaiati^ ; eufin il jeta . dans ^s Ëlafe des semences de troubles, et d^irréligion qui , heureusement, ne s'y. sopt pçis développées es ne s^jr déi^ehppei wntjama^^. w Quoi qu'il en soit, ses derniers lAomens ferpat éternellement honneur à sa mémoi|*e, et Torateur pouvoit louer un mornarque qui , en face ; de la mort , avait voulu être revêtu, de son grand uniforme et de ses Ordres^ comme pom* prendre un congé solennel de ^s généraux et de Tarmée dont il étoit particiilièrement chéri.
. Ses paroles, recueillies avec avidité, étoient dans toiites les boucbes ; elles, annonçoient une gl*ande forcer d^esprit et une sensibilité profonde. '< Je ne regrette point le trône, disoit^-il ; » un seul souvenir pèse sur mon cœur, c'est n qu'après toutes les peines que je* me suis n données ^ j'ai fait peu d'heureux et beaucoup » d'ingrats.») ,Nousi. Français, nous n'oublierons pas ici qu'il ^s'occupa aussi, dans ce der-
(i) Biographie universelle^ lomc XXIl , page 25.
nier inomfiiit 4 dç 9a sœw la reioe de France, que Ton caloniDioit alors et qui devoit être «î inforiunée. « Je n^ignore pas que les ennemis i> de ma sœur ont osé Taccuser de mWoir fait » passer deè sommet €Oii$idérabl^. Prêt à pa^ a roitre devant Dieu , je déclare que cette în^ » culpation esl une horrible calomnie, a Pouiv quoi.ne publia4*on pas suSisamment, dans le temps^ ce témoignage de Tempereur Joseph ?
car cette calomnie 'et celle dont Tauguste princesse appela si énergiquenient devant toutes les mères présentes le joui* de Isa condamnation^ vinrent fignirer vilement et lâchement , trois ans après, dans le procès de Marie-Antoinette , ou Temperein* Joseph fut appelé l'homme qualifié roi de Bohême et de Hongrie.
Le jeune délia Genga l'eçut de justes félicirtations; et en contemplant le maintien de Torateur, le feu de ses regards, en écoutant sa voix ferme et sonore, on put d^avance reconnoiti*e qu^un jour il* seroit un ami fidèle des rois, et un appréciateur vif et même ardent, des devoirs au miUeu desquels il est imposé aux princes de tenir une conduite réservée et prévoyante.
Annibal se trouvait, en 1792, un- des prélats les plus distingués de la cour de Pie VI, à Ja fois secrétaire particulier du Pape et chanoine
8 BiSTOIHE [1792]
de Saint-Pierre. 11 anmsoit quelquefois le Pontife par des bons mots. Un jour^ le jeilne secrétake parut avec un manteUone très-*long qui descendoit jusqn^à la chaussure. Le Pape dit alors : « Votre numiellene est trop long. *— Ce » n^est rien ^ repartit le secrétaire, Votre Sain- » leté peut le raccourcir tant quVlle voudra. » . CPétoit une allusion à la numtèUetki de prélat dW ordre supérieur, qui est un yètement plus court. Cela arriva ainsi. En 1793, le Pape nomma délia Genga d^ahord prélat, puis archevêque de Tyr; iJi fut sacré dans Féglise de Frascati , par -le cardinal duc d^Yon^*, et envoyé en qualité de nonce à Luceme. L^année suivante il fut transféré/m la même qualité à Cologne, où il succéda ht Mp^ Pàcca , aujourd'hui doyen du Sacré Collège.
En i8o5, accrédité par Pie VII, comme nonce extraordinaire près de la diète de Ratisbonne , il fîit chargé d'aller entendre les plaintes de FEglise d'Allemagne, que des prétentions toujours nouvelles des princes protestans tourmentoient dans ses prérogatives.
Lç Nonce de Sa Sainteté, déjà habitué aux affaires, rendoit compte à son gouvernement des pbstacles qu'il rencontroit j et il dépoignoit habilement la position de l'agent pontifical. A Paris, on attribuoit les embarras de TEglise
d^AUemagne à de mauvais vouloirs du Pape; mais ces embarras provenoient d'^nn autre motif : les ehangemens ordonnés par le recès de Ratisbonne en devenoîent Funîqae causer Des renversem^s extraordinaires (i) préseptoient d^immensès diffieultés. La guerre venoit les ag« graver. ;
En i.8o5^ Ms' délia Genga étoit venu à'Rome^ pour conférer avec le cardinal Consalvi sur ces interminables controverses d^ Allemagne. Na*polépn profita de cette occasion pour engager le Pape, à envoyer un autre Nonde; et il désignoit a txt e£fet M^ Bemier, évèque d'O^léuis. Nous ne lions arrêterons pas ici à faire remarquer combien le Pape fut étonné de cette ingérence. TA^ Bemier âvoit rendu des services lors du Concordat de 1801 ; iLappuyoit assurément alcMrs de ses conseils et de son expérience les intentions du premier Consul et les désirs du Pape \ mais Rome avoit trouvé cet ecclésiasticpe froid et presque hostile , lors de la discussion des articles organiques. Un Nonce pontifical n'est pas ainsi pris au hasard. Il faut un homme réservé, profondémait religieux , dévoué , sans aucun esprit national particulier, élevé dans les habitudes. roitiainës :
(1) Histoire du Pape Pie VII , iSSg, 3* édit. , tom. 11 , p. 272.
10 ]/ flisToiaE [ims]
Taocien curé de Samt-*Laud d^ Angers ne pou-^ voit être en Allemagne/ qu^im enypyé firan* çais , qui jouiroit pentr-être de toute b. confiance du caJbiuet de Paris,, mais qui ne pourroit jaiip^is obtenir' celle jde la âecrétairerie d'^Ëtat de Cônsalvi» I^'eardinal connut le danger, et , pour le conjurer, il pensa qu'il étoit nécessaire que Pie VII . lui+méoie écrivît à Tempereur Napoléon* . Nous rapporterons les paroles de Pie VU : elles ^ sont un .. témoignage honorable de la répiûtatiDn que s^étoit acquise déjà le prélat <lella Geoga. Heureux qui peut offrir aux siècles futurs de telles^ reoommandations écrites par son propre souverain !
«.Très-cher Fils en Jésus-Christ ... Recevez par la n présente occasion la nouvelle de notre retour. ' (Le » Pape revenoit de la cérémonîip ait sacre, qui aroit eu n lieu à Paris âi 1804. ) Nous allons aussi vous écrire » sur une autre affaire. Nous avons trouvé à notre re- » tour une dépêche de notre cardinal Gaprara , arrivée » à Rome peu d'heures avant nous. Le cardinal nous » fait savoir que 1 électeur archi-chancelier a manifesté *» le désir de nous voir envoyer, en qualiité de notre » Nonce à la diète de Ratiisbonné, Tévêqfre d'Orléans, » ce qui contrilMieroit, dit-il, à rarrangement des sca- » breuse^ afiaires ecclésiastiques de rAUemagne. Le » card'mal assure que Votre Majesté , instruite de cette » disposition de l'archi-chancelier, l'approuve et en » a^fréera. l'exécution . £n apprenant tout cela , nous » avons été surpris , comme le sera Votre Majesté ,
[t«05] DU PàBE LÉON XII. 11
» qiiaxi4 die saura ce qu'avec Botre confiance ordi- M naire, nous allons lui expliquer. — L'électeur ardbi- » chancelier a été le premier à nous dédarer, il y a » quelques mois , que , pour une tdle mission , il n'y » avoit pas de personne plus convenable que Mr délia » Genga, noUie sujfii, lequel a été tant de temps nonce 9 da^s ces contrées, ^ la satisfaction générale. Nous n avons fait part à l'électeur de notre consentement M pour ^yoyer à cette diète ce prélat. L'électeur en » a ressenti le plu^ grand plaisir, et s'est rois en cor- » resppndance 'avec lui. On ne peut pas soupçonner Q que rélecteur ait changé d'avis» puisque, ce matin » même. Me' délia. Genga a reçu une lettre autographe n du même archi- chancelier. Mous vous en envoyons » une copie, et Votre Majesté y verra avec quelle in- » sistance il continue de considérer ce prélat comme » le nonce qui doit résider à Ratisbonne , et comme la » personne la plus propre à réussir, de préférence à » toute autre, dans le but qu'on se propose.
» Gomme9t le même arehi-ch^ncelier peut-il ^p- » poser qu'il y a lieu à une autre nomination , d'au- » tant plus que nous avonsi annoncé , il y a plusieurs » mois , cette nomination à Me^ délia (renga, et que » nous en avons donné connoissance à l'empereur * François II et à divers princes d^Allemagne , qui en » ont montré de la satisfaction ? Comment à présent » pourrions-nous, flfans sacrifier la réputation d'une M personne qui ne mérite pas une pareille insulte , » comment pourrions-nous , sans faire nous-méme une » figure peu convenable devant tous ces princes , c^an* » ger d'idée et nous retourner vers un autre prélat?
» Nous ajouterons à cela que M^'' deUa Genga, dans ^ le long séjour qu'il a fait en Allemagne , a acquis
li HISTOIRE [1805]
» une grande expérience des affiiires , deç loealités et » des personnes.
» Depuis son retoiùr à Rome , il ne s'est occupé que » du soin d'approfondir tout^ ces questions daiis tous » leurs plus menus détails et dans tevùcs nipports , en vt cherchant des lumières et des informations auprès » de personnes habiles qui se sont elle»Htnêmeà rèn- » dues à Rome. Nous aussi , nous en avons parlé avec M lui plusieurs fob, et nous lui avons communiqué nos » séniiméns. Finalement , nous l'avons auprès de nous. » Nous tiùus sommes ' ùitémé avec lui dânà ces affaires, »'et nous pouvons, en l'expédiant , lui donner plus fa^ » cilement'nos complètes instructions^ »
Le Pape Pie VU préféroit avec raiçon ,^ pour cette mission , 3on propre su/et ^ le prélat délia Genga. D^ailleurs Consalvi avoit rapporté de Paris, en iSoi, une idée peu favorable de révéque d'^Orléans , et* à Foccasion de cette contrariété , la Cour romaine savoit d^un vieux royaliste français , résidant à Rome , le bailli de la Tramblaye , que la Vendée étoit encore indignée de la cruauté dont un chef, nommé Stofflet, s^étoit rendu coupable, en faisantfusiller M. de Marigny , autre chef vendéen , à Finstigation de Tabbé Bernier.
Rien n^est jamais perdu à Rome , ce salon de VEurop^, rien n^est jamais perdu dans la vie des hommes qui se trouvent sur son chemin. La Cour romaine a constamment été la
[1808] DU PAPE lÉm XII. 13
mieux informée de toutes les . cours, et certes, le Pape et son ministre agireut sagement en repousssq^t une intervention périlleuse, que M. Févêque d^Orléans avoit sollicitée auprès de M. de Talleyrand, etpar laqucille, ce dernier çroyoit devoir affoibiir, en Allemagne, les droits de Sa Sainteté, pour augmenter cette influence désordonnée , vagabonde et furieuse dont la politique impériale française deVoit tant abuser.
Cest à> cette époque qu^il faut l^apporter le séjour de Varçhevêque de Tyr à Munich , où il mérita, pendant sa nonciature ^ Tentière bienveillance de la cour de Bavière , quoiqu'elle fôt momentanément travaillée d'un esprit dHnnor vation qui n'étoit pas toujours approuvé par le souverain.
Le prélat délia Genga , après une mission où il ne put que déplorer d^avance les malheurs qui alloient accabler le Saint-Siège , se trouvoit en 1808 à Paris^ où on le reçut très-froidement. Là, uni aux cardinaux Caprara et de Bayane, il fut chargé de régler quelques affaires du Saint-Siège avec Fempereur : mais les conférences furent bientôt rompues. De retour en ItaUe , il fut témoin des persécutions qu'éprouva Pie VII , et après avoir montré en vain les sentimens du dévouement le plus filial , il se retira dans la paroisse abbatiale de Monti-
celli au diocèse de Falxriaiio , dont Pie VI Ta- Toit pourvu à perpétuité. Il falloit fuir le monde, après renlèvemedt du saint Pontife qui résistoit avec tant de courage aux violences du Soldat. Dai^s cette abbaye , le prélat prenoit plaisir à enseigner le chaiït grégorien aux paysans qui avoient de belles voix, Il leur montroit à jouer de Torgue. Plus tard , il éleva un tombeau à sa mère, enterrée modestement dans Téglise du château* délia Genga, puis il fit creuser sa pi'opre sépulture à lui-même. Il y descendit , pour donner la juste mesure de son corps , car il.se croyoit destiné à mourir dans cette obscure retraite.