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Parmi les Champenois illustres , trois appartiennent à cette dynastie pontiGcale dont chaque règne, depuis le Prince des Apôtres jusqu'à Timmortel Pie iX , ajoute a l'édiiice catholique une pierre où brille un nom glorieux par son génie ou par sa sainteté : Urbtiin II, le promoteur des croisades; Urbain ÏV, rinslituteur de la Fête-Dieu; Martin IV, le protecteur de Charles d'Anjou ^
Le soin de raviver le culte des ancêtres, lorsqu'ils ont passé sur la terre en faisant le bien, m'a semblé une œuvre d'édiûcation et d'apostolat. C'est pourquoi, malgré mon îpsuiBsance, je n'ai pas craint d'entreprendre l'histoire d'Urbain IV, l'une des illustrations les plus pures de la ville de Troyes, de la France et du monde chrétien.
Je me suis proposé tout ensemble le récit de sa vie, l'exposition de ses écrits, le tableau de son temps.
Les bic^rapfaes de notre Pontife , quoique doués d'un talent incontestable, n'ont pas donné au triple rôle politique, religieux et social d'Urbain IV tous les
1. Urbaio II, né à Châcaioo-Mr-Marae, élu pape eo 1088. ll«tia IV, né 10 hunen de Miiopmcieo, commune d^Audresel, en Drie, élQpapeenl28i.
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développements qu'exigeait son importance; en outre» ils n'ont pas considéré certaines phases de son existence sous leur véritable jour.
Une étude approfondie des documents primitifs m'a permis de retracer les actes complets de ce grand pape, de le peindre, autant que possible, avec les couleurs de son époque, et de le montrer dans tout l'éclat de cette douce et inaltérable majesté qui provoqua Tadmiralion et l'amour de ses contemporains.
J'ai cru devoir, au risque de grossir mon livre, ajouter en notes plusieurs passages des auteurs cités et surtout de la paraphrase du Miserere par Urbain IV. Ce n'est pas, certes, par ostentation ni pour affecter des airs d'érudit, mais par sincérité historique et pour offrir des échantillons du latin des âges de foi, idiome qui, transfiguré pour ainsi dire par le Christianisme, conserve sa beauté propre à côté de Tinimitable élégance des classiques. Quant à la traduction dos extraits authentiques, je ne l'ai insérée dans la trame de l'ouvrage que comme une sorte d'indication qui pût mettre sur le chemin de la beauté et de la vérité des originaux.
Je souhaite que cette monc^raphie, malgré ses imperfections , ranime l'enthousiasme des anciens jours envers un Pontife trop longtemps confondu péle-mèle avec d'autres grands hommes du Moyen- Age dans l'uniformité de l'indifférence, sinon dans le cimetière de l'oubli. Tous mes vœux seraient comblés si la vieille cité, qui fut son berceau, et la France, sa patrie, sollicitaient pour lui les honneurs suprêmes
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et le faisaient placer sur les autels. C'est ce que tentèrent, dans le dix-septième siècle . les chanoines de Saint-Urbain de Troyes. Les instances canoniques, interrompues alors en cour de Rome, durent attendre le moment qui serait marqué pour leur continuation. Plaise a Dieu que cette cause, qui semble endormie dans les archives de la Gongr^ation des Rites, se réveille et que l'Eglise inscrive officiellement dans ses diptyques sacrés le nom de notre bienheureux pape «!
Dans l'attente de cette canonisation , pourquoi ne pas travailler à l'achèvement de la magnifique coll^iale qui remplace l'échoppe natale d'Urbain IV î Pourquoi ne pas réserver, devant le portail principal de ce charmant édifice, une portion de terrain assez spacieuse pour servir à l'érection d'une statue qui perpétuerait le souvenir des actes les plus mémorables de notre Souverain Pontife? Déjà, le Conseil général de l'Aube a formulé, à plusieurs reprises, ce vœu que nous inspire l'amour de la patrie et de la religion.
c Un des membres du Conseil, dit le procès- verbal c des délibérnlions, année 1864, expose que, depuis € longtemps la ville de Troyes attend et appelle de c tous ses vœux rércclion, sur l'une de ses places, € de la statue du grand pontife Urbain IV... LeCon- € seil général ne saurait hésiter h hâter, par rexpiest sion de toutes ses sympathies,^ lerection d'un moc nument qui rendra un éi'lafant et légitime témoi- € gnage à Tune des gloires de notre pays.
1. Nous qualiGoos Urbain IV du titre de bieohcttreox d^aprèd Molanùs, docicor de LoQvaio, le Chrooographe de l'abbaye de Saiat-Berlio,le Martyrologe de l'Eglise de Laoo, et le boo cbanoioe Des-Guerrois d'Arcissur-Aube.
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c Un autre membre rappelle la proposition du c célèbre sculpteur Simard qui , lui aussi, né à c Troyes, avait offert à la Société académique de € l'Aube le modèle de la statue d'Urbain IV. Dans la c pensée de l'artiste, ce devait être un jour glorieux t pour le pays que celui où s'élèverait sur l'une des c places de la ville l'effigie du grand pontife, la main € droile étendue pour proléger et pour bénir la c vieille cité qui fut sa mère. Une souscription allait € être ouverte à laquelle la ville et le département» c le gouvernement de l'Empereur, le Saint-Père, la c chrétienté toute entière se seraient certainement c empressés d'apporter leur concours, quand la mort, c si malheureuse et si inopinée de l'illustre sculpteur, c vint faire ajourner l'exécution de son projet, < L'honorable membre demande avec instance l'ex* c pression du vœu proposé.
« M. le Préfet appuie celte pro[x>sition. Il retrace, c en quelques traits, la vie du grand pape, qui ne dut c son élévation qu'à sa vertu et à son génie. ••
< Le Conseil général déclare, à l'unanimité, s'assoc cier, avec les plus vives sympathies, au vœu qui c vient d'être exprimé... 1 >
On a raison dans les hautes riions administratives de l'Aube : s'il doit y avoir solution de continuité dans le bulletin des célébrités du département, que ce
1. Noui Mfoos de soarce certaine que raateor de cette idée oatioiMle et chrétieooe, émise eo Cooseil géoéral, a e&t autre que M. Eroest Amiaod, secrétaire de rambassade fraoçaise à Home. Nous sommes beureni d*a jouter que riioDorable secrétaire, promoteur sélé de l*érection d'une statue d*Urbain IV, a obtran. dans ce but, les encouragements de sa Sainteté Pie IX, qui a souwrit pour cinq cents francs.